• Cogitations entre un fils et une mère

    Ce qui suit est un échange entre mon fils aîné et moi-même, sur le net, après lui avoir fait lire un extrait de La voie d'Alfrodull, échange ayant donné lieu à des cogitations très intéressantes, je trouve. Je précise, mais cela est compréhensible à la lecture ci-dessous, que l'enfant de mon fils - donc mon petit fils - est soigné depuis deux ans pour une leucémie (leucémie dépistée alors qu'il avait à peine deux ans), il est maintenant en observation, le traitement étant terminé, il mène aujourd'hui une vie normale (ceci n'est pas anodin dans l'écriture de mon livre en cours, je veux dire le choc au niveau de notre famille, je pense que chacun le comprendra aisément) :

    - Si on avait seulement écouté les bruits du corps, mon fils serait mort. Et on m'aurait sûrement condamné pour meurtre sur mon enfant aux vues des innombrables ecchymoses, hématomes. Oui la science et la médecine cachent des choses et à chacun de rechercher ce qu'il pense être la vérité. Mais on n'a pas le droit d'interdire à l'homme de chercher. Chacun à sa façon, que notre façon ne soit plus en adéquation avec celle pratiquée majoritairement dans le monde est notre droit le plus légitime. Et l'évolution a été fait par ceux cherchant à sortir des sentiers battus. Pour moi l'homme fait partie de la nature et ses inventions en font chaque jour partie, l'évolution se poursuit avec l'homme, faire des expériences jouer les apprentis sorciers, pour moi il a été créé pour cela. Il mourra peut être en essayant de toujours découvrir plus, mais il aura vécu. Chacun recherche ce qu'il veut. Cette recherche peut être physique /morale/ psychologique. Tant que nous cherchons à comprendre à notre façon notre monde, nous évoluons.

    - Pour les recherches, je suis d'accord avec toi, passant moi-même mon temps en recherches, mais cela ne va pas en dehors d'une certaine éthique, éthique ayant volée en éclat depuis bien trop longtemps déjà. Pour la leucémie de C., je suis d'accord avec ton point de vue, si N. n'avait rien fait, en effet vous auriez été accusés tous les deux. Sauf que, pour moi, cette maladie a été entièrement créée par l'homme, créée par tout ce qu'il fait ingérer à tout un chacun sous le prétexte que nous sommes des êtres évolués justement, or pour moi, c'est l'inverse, sur bien des points, nous avons surtout diminué, rabaissé l'homme plus qu'autre chose. Dans le domaine du matériel, par exemple, tout est fait avec un ordinateur pour que nous n'ayons plus besoin de mémoriser nos codes d'accès, ou nos adresses mail, oui, c'est l'ordi qui travaille pour nous, cool, et lorsque l'ordi tombe en panne, c'est la panique parce que nous ne savons plus quels étaient nos codes ou adresses - je le sais, ça m'est arrivé dans mes débuts avec firefox, depuis je refuse les mémorisations de l'ordi et je me force à les noter moi-même à chaque fois, la mémoire - besoin d'entraînement, et non de béquilles - de la "petite vieille" que je suis en dépend. Bon, c'est un exemple léger en comparaison de la leucémie, mais c'est ce que je cherche à montrer. L'humain à des capacités naturelles qu'il laisse en plan, en jachère depuis des lustres, pour un prétendu progrès matériel. Il s'impose de nouvelles maladies sous le prétexte d'un progrès pour nourrir le monde entier (ogm), etc... La liste est sans fin, or pour moi, si C. a eu ce qu'il a eu, ce n'est que le triste résultat de ce que nous consommons tous depuis plus de cinquante ans, à savoir moi-même ( sa grand-mère), ton père (son grand-père), les parents de N. idem, et puis toi depuis ta naissance, tout comme N., nous avons tous en germe cela et le faisons porter à ceux à qui nous donnons vie, malheureusement. Ca, plus les chocs sentimentaux, psychologiques de chacun et ce que nous faisons porter sur nos proches, sur nos enfants, soit autant de facteurs déclencheurs de ce type de maladie. En fait, nous avons multiplié par un nombre incroyable, les risques de maladie avec notre soi-disant progrès. Alors oui, nous vivons plus longtemps qu'il y a un siècle, certes, mais avec des béquilles pour tout. Nous sommes devenus des handicapés de la vie, tout en prétextant la maîtriser, si c'est pas beau ça. De plus "seulement écouter les bruit du corps", dans mon texte, n'est pas à prendre au pied de la lettre (voir les métaphores sur les mouvements des plaques tectoniques et les climats). C'est un appel à une vision élargie, et non à continuer à pédaler la tête dans le guidon sans voir le mur en face.

    - On n'en sait rien si la leucémie existait ou pas avant, on a aucun moyen de le vérifier. Bien sur que l'homme en a multiplié les facteurs avec tous ces produits, mais la leucémie est juste ni plus ni moins une erreur du corps, et comme on dit, l'erreur est humaine. Quand à l'image des catastrophes naturelles quand on les remet à l'échelle de ce qu'est la terre; un volcan sur la surface de la terre c'est une éruption cutanée sur la peau d'un homme. Un séisme ce sont des courbatures après un effort, une tornade, un typhon, c'est un mot de ventre, de tête. Bref ni plus ni moins que des tracas du quotidien complétement bénin et faisant partie des alertes normales comme la douleur. La seule chose que je sais c'est que l'espèce humaine est plus faible physiquement actuellement qu'elle ne l'était avant car avant seuls ceux dont la constitution était assez forte survivaient, actuellement tout le monde survit et ce tri ne se fait plus. D'ailleurs pour moi, toutes ces nouvelles maladies viennent aussi de là.  Il y a 400 ans se serait-on posé la question de savoir si un nourrisson serait mort de leucémie ? non, il aurait été trop faible, trop chétif, puis serait mort, pas adapté. Quand à ses capacités naturelles, à chacun de chercher à les cultiver, les découvrir. Les leurres de l'humain, la nature se chargera toute seule de leur rappeler, la fonction première des ogm n'est déjà plus active, les insectes se sont déjà adaptés. La nature de l'humain est de s'adapter à l'environnement, mais c'est aussi la nature de tout ce qui vit, et même si nous faisons ce choix consciemment car c'est ce que nous a donné la nature pour avancer, pas des griffes ou des crocs pour chasser, pas une taille gigantesque pour être seul en lice, juste notre capacité à imaginer. Soyons bien clair l'homme ne maîtrise pas la nature, il s'adapte à celle-ci et à chaque fois qu'il croit la maîtriser elle lui rappelle qu'il n'est qu'un fétu de paille. Autre détail amusant la vie existe toujours à Tchernobil (et pas seulement végétale), Elle existe même à plus de 600 km sous la roche. La vie fait partie intégrante de la terre et voir même de l'univers, on commence seulement à en prendre conscience ou l'imaginer.

    - Tu vois, par exemple ça me fait penser à grand-mère, elle qui a tout le temps des problèmes avec son foie, eh bien cela correspond à son anxiété chronique. Grand-mère est une personne anxieuse, il n'y a rien à faire, elle est comme ça, et donc cela se ressent dans son corps, dans son organisme. C'est en quelque sorte sa marque de fabrique à elle. C'est dans ce sens là que j'ai utilisé les métaphores sur les climats et autres séismes. C'est à la fois ce qui la tient en vie - une personne anxieuse est plus en alerte, dans le sens faire attention, elle prendra peu de risques, qu'une personne confiante -, et ce qui la tuera sans doute à un moment, minée de l'intérieur.

    - Ouaip mais ce qui me gêne dans ce texte c'est qu'il est aussi réducteur que les défenseurs de la science à tout prix, il n'y a pas de vérité. Ce sont deux façons de faire différentes et pour moi les deux doivent cohabiter. Pour moi il n'y en a pas une dans l'erreur et l'autre dans le vrai. Bien sûr qu'une personne anxieuse est plus faible du foie, les ulcères sont principalement déclenchés par le stress, l'anxiété.
    Bref à chacun de choisir sa voie, il n'y a pas de vérité. La seule vérité c'est prenez la voie qui vous convient, celle qui vous exalte, qui vous fait donner le meilleurs de vous même. Celle qui vous rend vivant.
     
    - Ce texte est un passage d'un livre, donc loin d'être dans un ensemble. De plus, il est là pour montrer qu'autre chose est possible, ce qui n'est pas vraiment mis en avant à notre époque. Je n'ai encore jamais lu nul part cette remise en question au sujet de l'acuité visuelle de 10/10e par exemple, et ce qui en découle. J'aime aller contre le mouvement général, ce n'est pas nouveau, c'est ma marque de fabrique.
     
    - Je ne sais pas, j'ai dans mes contacts énormément en rejet de ce mouvement général et tout autant qui le portent aux louanges. J'ai l'impression que pour changer de vue les gens croient qu'il faut balayer tout le reste. C'est peut être qu'une impression mais c'est le sentiment que cela me donne à chaque fois.
     
    - En ce qui me concerne, je sais que non, car sinon je n'utiliserais pas d'ordinateur ni le net, par exemple, il faut être logique avec soi-même. Dans le même ordre d'idée, je sais que si je vivais à une époque mettant en avant uniquement l'aspect "naturel" des choses, si cette approche était celle du mouvement général, je serais alors plus proche du "camp" opposé, histoire de contre balancer le tout. Un peu comme maintenant avec le bazar pour les fumeurs et le tabac, qu'il faut absolument être contre la tabac, empêcher tout le monde de fumer, etc... moi qui ne fume pas et n'ai jamais eu envie de fumer - j'ai juste essayé une fois pour voir ce que ça donnait, je parle d'une cigarette -, eh bien cela me donne presque envie de me mettre au tabac. Je suis allergique à ces interdictions, chacun vit sa vie comme bon lui semble et devrait pouvoir se prendre en charge, tant pis s'il y laisse sa peau, c'est son problème, son choix de vie. La société n'a pas à venir se mêler de ça, ce qui montre d'ailleurs combien la société est devenu bien trop envahissante, elle joue là le rôle d'une mère castratrice, et les enfants que nous sommes avons à prendre notre envol en s'écartant d'elle.

    Ah voilà ! je viens de la retrouver, une citation de Mark Twain que j'aime beaucoup : "A chaque fois que vous vous retrouvez du côté de la majorité, il est temps de faire une pause et de réfléchir."

    - On la connait celle-là ^^ En bref les mères dragon n'ont ni dieux ni maîtres, mais aiment bien être l'avocat du diable. (ah mais en fait, c'est peut-être pas la mère dragon, mais un caractère de famille ça tien...)

    - Hi hi hi... un héritage familial, peut-être.
    « "Les antifascistes d'aujourd'hui, feront les fascistes de demain"Commerce équitable à tout prix »

  • Commentaires

    1
    chrislou Profil de chrislou
    Mercredi 14 Août 2013 à 09:54

    Bonjour Odile,

    Décidemment j’aime beaucoup tes introspections : Elles me rassurent, je ne suis pas la seule à me triturer les méninges!

    Effectivement, je pense que l’homme fait partie de cette grande machine vivante qu’est la nature. Je pense même qu’il en est le gardien. Il devrait travailler en collaboration avec Elle mais ne l’a toujours pas compris. L’égo surdimensionné de certains les pousse à se prendre pour des apprenti-sorciers.

    Je ne suis pas non plus une arriérée technique et sociétale, au contraire, j’aime l’évolution technique moderne, je suis née avec elle (1960). Je ne cherche pas non plus à rejoindre tous ceux qui se sont battus pour le Larzac, bien que je comprenne leur point de vue : ils n’ont pas tout faux.

    Les maladies : Oui je pense que beaucoup d’entre elles se manifestent à cause de notre comportement. « Le trie sélectif de Dame Nature » est réel, la preuve, une grossesse qui n’a pas passé son 3ème mois n’est pas considérée viable (Dame Nature peut mettre son véto). Je dois dire que je ne comprends pas pourquoi les « scientifiques » s’appliquent à faire naitre autant d’enfants à 7 mois sachant les handicaps qui vont suivre (et ils sont nombreux bien que tout ne soit pas dit), mais je peux comprendre la maman.

    On se plaint de l’infertilité des pays développés, a-t-on seulement analysé leur façon d’évoluer ?

    De plus, je ne suis pas certaine d’avoir envie de vivre jusqu’à 80 ans avec 15 pilules par jour, des fluidifiants du sang, des bronchodilatateurs, des antidiabétiques…. Assise dans mon fauteuil derrière ma fenêtre… Le cerveau en éveil face à un constat avec un corps affaibli, mais bon c’est mon avis !

    Perso, en ce qui concerne les maux du corps, j’aime beaucoup la philosophie du Tao : « dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi » de Michel Odoul. En résumé « Les cris du corps sont des messages de l’âme ». J’ai d’ailleurs pu en constater la réalité.

    Je ne sais pas si revenir en arrière (d’un point de vue qualité de vie) soit possible et d’ailleurs je ne le souhaite pas du tout (relaver le linge à la main, faut être fou ! ) mais le conditionnement générationnel est très actif (de par la société elle-même).

    Je me suis battue pour anticiper cet état de fait avec mes enfants (J’ai appris à lire à ma fille avec la méthode Beucher pour éviter la globale qui façonne le cerveau à gober sans réfléchir, remettre dans le contexte, anticiper sur le système) : j’ai pas trop mal réussi, ils ont compris mais ils sont très seuls, le système et son « troupeau » sont très puissants !

    Pour vivre nous avons mangé ce que nous pouvions (donc traité, ogm… C’est le lot des pauvres puisque c’est moins cher) mais j’ai toujours attiré l’attention sur l’intérêt d’une vie saine et aujourd’hui : je jardine « pour transmettre par message subliminal ».

    Malgré ça, mon fils (30ans) vit bohème, mange « cracra » et malgré un regard conscient et acéré sur ses congénères, il prend quand même, à mon avis,  ce même train à mon grand désespoir, mais il ne veut pas faire de famille !

    Idem pour ma fille (20ans), pas de famille mais elle a hérité de l’esprit revendicateur de sa mère …. Serait-ce une lueur d’espoir ?

    Chez nous aussi, l’héritage familiale est plutôt « réac » je suis tout de même l’arrière petite fille d’un mineur de charbon de Alsace-Lorraine, tout premier syndicaliste ayant poussé à la grève ! Il a fait neuf mines différentes et s’en trouvait viré après avoir déclenché un mouvement de grève !

    Très idéaliste, j’ai même essayé « déléguée du Personnel » dans ma boîte à Paris : quelle déception !

    C’est peut-être ça que nous avons perdu pour notre confort de vie. Dans la Nature tout le monde se bat pour exister (plantes, animaux) mais pas nous ! J’ai essayé mais le système est puissant : les autres vous considèrent vite comme une « insurgée exentrique ».

    Oh la la, ça fait beaucoup tout ça ! Je vais arrêter là.

    Au fait, j’espère que tout va bien maintenant pour ton petit fils ?

    Bonne lecture ma chère Odile. 

    2
    Odile Jacquemet Profil de Odile Jacquemet
    Jeudi 15 Août 2013 à 14:27

    Ah oui ? Non, personnellement je ne pense pas du tout que l'homme soit le gardien de "cette grande machine vivante qu'est la nature", non. La disparition de l'humain n'engendrerait en rien la disparition de la nature, celle-ci n'ayant nul besoin d'un gardien, le "gardien" étant déjà intégré à la nature en elle-même, c'est à dire en la force de Vie, en cette énergie là (le cycle vie-mort-vie en étant le rouage). Ensuite, que l'humain devrait travailler en collaboration avec la nature, eh bien je crois que c'est toucher au coeur du problème, c'est à dire à cette croyance, à cette prétention de l'humain de se mettre en situation d'égalité (enfin c'est ce que je ressens avec cette approche de "collaboration") avec ce qui le dépasse complètement. C'est là que je rejoins complètement les paroles de mon fils, oui, nous avons à nous adapter à la nature, de même qu'elle sait parfaitement - de part son cycle de vie-mort-vie - recréer de la vie là où tout semblait détruit, et en ce sens, l'homme peut faire toutes les folies au niveau pollution (par exemple), la nature prendra le temps qu'il lui faudra - et elle se fiche bien du temps car elle a l'éternité devant elle - pour remettre en place de façon visible (à nos yeux) la vie - alors qu'elle n'a jamais disparu -, des formes de vie. Penser que nous pouvons sauver notre planète de nos actes les plus fous, c'est pour moi un non sens. C'est toujours et encore nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. La planète se fiche éperduement de nos actions, par contre nous, nous pouvons disparaître de sa surface, ça oui.

    Pour ce que tu dis sur les maladies et l'acharnement des scientifiques, oui, je rejoins. Le souci à l'heure actuelle, c'est que nous sommes plongés dans un bain de sentimentalisme au détriment des vrais sentiments, nous nageons dans une forme de mièvrerie généralisée. L'Ulysse de la mise en avant du sentiment humain digne du respect de la Vie (donc du cycle vie-mort-vie) n'est plus celui qu'il était, il a fini par céder aux appels des sirènes, le sentimentalisme et ce désir lancinant jamais assouvi - la disparition de l'éthique.

    A mon niveau, j'ai une démarche de retour en arrière pour nombre de détails plus ou moins grands dans ma vie de tous les jours (je désherbe à la main mon allée par exemple - quand je la désherbe -, je mouds le blé que j'achète pour faire ma farine et mon pain, si je veux manger du chocolat j'achète du cacao - que je cuisine - et pas une plaque de chocolat, je marche le plus possible au lieu de prendre la voiture - je vis en pleine campagne -, etc...) sans pour autant renier une part d'un certain confort matériel, c'est une façon pour moi de retrouver un équilibre qui n'y était plus. J'ai ce besoin, cette nécessité, de ne pas tout avoir de mâché dans ce que je fais, ou décide de faire. J'aime avoir à cheminer, rien ne me démoralise autant que lorsqu'une tierce personne cherche à s'immiscer dans mes prétendues "complications internes" pour soi-disant me simplifier la vie. De quoi je me mêle ! Tiens, ça me fait penser à ce décalage monstrueux, à ce mouvement de populations lors de l'industrialisation, à ces paysans, ces éleveurs, quittant leurs terres, leurs bêtes, pour la ville. "Mais c'est pour votre bien !!! pour trouver du travail, pour nourrir vos familles" et patati et patata... Pour vous perdre définitivement, oui, pour la plus grande part. Comme si nous étions tous fait dans le même moule, comme si nous devions tous nous réjouir de ne pas être obligés de couper notre bois pour nous chauffer une fois l'hiver venu, mais de juste appuyer sur un bouton pour sentir une source de chaleur nous pénétrer. Pour avoir vécu les deux, je sais ce qui me convient le mieux, et ce n'est pas d'appuyer sur un bouton. En fait, plus je prends de l'âge (nous sommes de la même génération, je suis née en 64) et plus j'ai ce besoin et cette satisfaction intense de me débrouiller par mes propres moyens. Je verrais par la suite, lorsque physiquement je ne pourrais plus faire ce que je fais actuellement, je verrais, mais là, pour rien au monde je n'échangerai ma place contre celle que j'étais il y a trente ans - ou une autre personne, peu importe -, celle qui vivait sur Paris et sa banlieue, avec le chauffage central et tout le confort matériel qu'"il faut avoir" de nos jours. Non il ne "faut" pas, chacun vit sa vie comme il l'entend.

    Au niveau de mes enfants, je sais avoir pas mal déteint sur eux tout en étant régulièrement en bisbille avec eux. Chacun revendique son bout de gras en fonction de sa personnalité, avec cependant une ligne directrice forte, celle que je leur ai imprimé sur le dos, et dans la couenne, si j'ose dire. (rires)

    Ne pas vouloir pour les autres, souhaiter pour les autres, à la place des autres, je crois que c'est ma façon de voir principale. D'ailleurs c'est en cela que je n'ai jamais supporté tout ce qui est syndicat et autre mouvement de groupe, là-dedans j'y inclus la franc-maçonnerie car j'ai eu par le passé à faire ce choix de dire NON, non je ne veux pas entrer dans la franc-maçonnerie, ni aucune autre structure (suite à une proposition de faire ma demande, venant de personnes en place que je connaissais bien). C'est en partie à cause de cela que mon fils disait "ni dieux ni maîtres" en parlant de moi. Certaines personnes ont besoin d'un guide extérieur, d'autres de leur propre guide interne, en cela nos chemins et nos nécessités diffèrent forcément.

    3
    Odile Jacquemet Profil de Odile Jacquemet
    Jeudi 15 Août 2013 à 15:22

    (voir entre autre - je viens d'y repenser en écrivant mon commentaire ci-dessus - ce film Une vie après l'Homme, un documentaire passionnant sur la nature, homme ou pas homme - en rapport avec "l'homme gardien de cette grande machine vivante qu'est la nature")

    4
    chrislou Profil de chrislou
    Vendredi 16 Août 2013 à 10:24

    Je pense que je me suis mal exprimée.  (c’est difficile de penser par écrit, il me manque mes mains et la réactivité de la parole…)

    Quand je parle de gardien, ce n’est pas par rapport à la Nature mais plutôt par rapport à l’humain lui-même. Car effectivement, tu as raison la Nature sait s’autogérer. Faisant partie intégrante de la Nature, on ne peut pas être son égal ou son supérieur ; c’est seulement que sa destruction entraine la nôtre.

    J’avais 25 ans quand je me suis laissée convaincre pour les « délégués  du Personnel »  car je croyais pouvoir dire ma façon de penser dans notre conception moderne de vie (je suis très idéaliste !) mais j’ai vite déchanté. Du coup j’ai mis en place, dans mon monde personnel, mes valeurs (que je pensais justes et qui parfois paraissaient décalées) et je les ai transmises et expliquées à mes enfants. Aujourd’hui, ils en font ce qu’ils  veulen t, à chacun son combat mais les bases sont là tout de même : la graine est plantée, il faut attendre qu’elle germe et malgré les apparences, je sais que le terrain n’est pas stérile.

    Je ne suis pas pour dire aux autres ce qu’ils doivent faire (je n’admets pas qu’on me le dise (hihihi) mais j’ai toujours  pensé que discuter permettait à chacun de s’interroger. C’est par l’échange d’idées qu’on peut  progresser ou éviter de faire des erreurs. Bien entendu, chacun voit midi à sa porte selon ses propres envies et besoins.  Mais bon, si Eux prennent le droit de nous imposer, je pense que moi, je dois faire savoir que je ne suis pas d’accord, et plus nous serons nombreux à le dire, et plus « la tache d’huile » grandira… (en cas de « tempête » tout le monde sort son balai et une fois tout nettoyé, chacun retourne à ses occupations). Enfin ce que je veux dire : se soutenir sans pour autant s'imposer. Oh là là, je crois que je m'embrouille 

    Je vais essayer d’aller voir ce film « une vie après l’homme », ça devrait effectivement me plaire, faut juste que j’arrive à le charger (faible connexion). Je dois charger toute la nuit pour voir une vidéo de 1 h 30 ! mais avec mon Android je garde mon indépendance...

    A plus.

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    Odile Jacquemet Profil de Odile Jacquemet
    Vendredi 16 Août 2013 à 11:46

    Hi hi hi... je m'en doutais un peu (beaucoup ^^) en fait, car cela ne correspondait pas avec ton approche du jardinage, ni avec l'aspect du Tao, mais comme je suis une poison qui adore enfoncer les portes ouvertes, mettre les pieds là où il ne faut pas, faire l'avocat du diable comme disait mon fils, alors j'ai chargé... (je ne suis pas non plus du signe du taureau pour rien ).

    Bien sûr que discuter, échanger, permet à chacun de réfléchir, oui. Enfin uniquement lorsque chacun prend le temps nécessaire de la réflexion, et donc ne tombe pas dans le principe du duel à mort, dans le principe de celui qui dégainera plus vite que l'autre - les réponses du tac au tac sans prendre le temps de pénétrer (ou de se laisser pénétrer) ce que l'autre vient de dire, donc juste en réaction épidermique -, parce que là, en dehors d'un monologue, d'un discours de sourds, il ne se passe pas grand chose, sauf pour ceux qui observent de l'extérieur, là pour eux, c'est toujours très instructif. (ceci étant, il m'arrive aussi parfois de laisser s'exprimer la réaction épidermique rien que pour voir ou cela va mener, par pure curiosité)

    Pour le film, ah oui effectivement, c'est compliqué lorsque notre connexion ne suit pas...

    6
    Ploum Tagada Profil de Ploum Tagada
    Mercredi 21 Août 2013 à 10:50

    Bonjour Odile, je viens de lire avec beaucoup d'intérêt ce billet et les échanges qui en découlent. Je n'ai pas la compétence ou le talent de réondre aussi longuement et de manière si bien développée, mais : Que je suis d'accord avec tout ce que tu dis !

    Il est vrai que perso, je me moque de faire de vieux os. D'ailleurs, j'avais toujours rêvé de mourir jeune. Peut-être cela a-t-il un lien avec mon point de vue ? En effet, ce n'est pas à la société de prendre en charge les conséquences d'un comportement et chacun devrait pouvoir mener sa vie sans être jugé par quiconque, dans la mesure d'un respect observé. Justement, à propos de respect, les lois sont faites pour être respectées, mais personne ne le fait, alors de nouvelles lois s'imposent, guère mieux prises en compte. J'ai fumé, j'ai arrêté, je fumerai de nouveau... Le fumeur doit pouvoir comprendre la gêne que l'odeur de son tabac occasionne auprès du non fumeur. Certains non fumeurs sont particulièrement sensibles, voire vraiment allergiques. Mais le non fumeur qui décrète que le fumeur doit arrêter de fumer parce que "c'est pas bien ! " (bouhhh !!! ) ou parce que "ce n'est pas bon pour sa santé ... bin merde alors ! Et puis quoi encore ! Chacun doit pouvoir faire (devrait) ce qu'il veut, oui.

    Tu mouds ton blé, tu achètes du cacao ... super. La seule chose qui me vienne à l'esprit, c'est : j'aurais jamais cette patience ! Quant à ta façon de faire, de vivre, rien à dire. Je ne vis pas avec toi alors je m'en moque. Quand je vais chez quelqu'un, je m'adapte et si je venais chez toi, je serais enchantée de goûter ton pain et ton chocolat. En revanche, si tu me rends visite, j'attendrai de toi que tu te comportes de la même façon. Si je mets ta tasse dans le lave vaisselle, ne me demande pas de la laver à la main.

    Mais je suis fine cuisinière (les gens mangent rarement du surgelé chez moi). Tout n'es pas bio, je ne fais pas tout moi même, mais tu peux venir ! :-)

    Les syndicats ? Pardon Chrislou, pour ton arrière grand-père, je le dis comme je le pense : ce sont des fouteurs de merde. Notre pays irait un peu mieux si quelqu'un avait le courage de crever l'abcès qu'ils sont.

    Finalement, j'ai fait plus long que je ne le pensais, bien que je ne me sois pas attardée sur tout, mais tout ce qui a été écrit ici est très intéressant.

    Super blog, vraiment. Merci et bonne journée.

    7
    Odile Jacquemet Profil de Odile Jacquemet
    Mercredi 21 Août 2013 à 14:48

    Bonjour Bicar, je ris, car dans un ancien article je tournais autour de cette approche du "chez l'autre" ou comment nous comporter et quoi attendre lorsque nous allons chez quelqu'un : " Un hôte doit-il fournir des explications à son invité, sur sa façon de vivre et de s'exprimer, tout ça parce qu'il lui a ouvert sa porte, qu'il l'a invité chez lui ? L'hôte est-il redevable de quoi que ce soit envers son invité, en dehors d'un accueil conforme à ses us et coutumes personnels ? et ce, qu'il soit le roi des truffes au chocolat, de la blanquette de veau, des roses trémières, ou de la découpe de chair humaine les soirs de pleine lune ?  C'est ainsi, c'est un risque à prendre, autant par l'hôte que par l'invité. " (c'était dans Société d'asociaux)

    Oui, je rejoins, si j'allais chez toi j'aurai à me plier à ta façon de faire, de vivre (ce que j'ai le plus de mal à faire, je suis une calamité ambulante chez les autres - j'ai mis des années avant d'en prendre conscience, lente à la comprenette la mistinguette... ^^ -, ce qui fait que je sors rarement de chez moi, enfin pour ce qui est d'aller chez les autres s'entend, alors que je j'adore recevoir tout comme j'adore les surprises, les visites à l'improviste - rien ne me fatigue autant qu'un tout planifié, le plus souvent sous le couvert d'une bonne éducation -, comprenne qui pourra, une histoire d'équilibre interne je suppose)

    Sinon, pour ce qui est des syndicats, alors qu'on nous répète à longueur de journée qu'en France ils ne sont pas assez forts comparés aux pays nordiques, pas assez représentatifs de la population, ça me rappelle cet autre billet Corps enseignants, cor aux pieds, même combat ! alors qu'une grande lassitude me prenait devant ces grèves et autres réclamations à répétitions. 

    Merci Bicar pour ton long commentaire, ça me permet d'avoir de quoi me mettre sous la dent, c'est très bien.

    8
    Ploum Tagada Profil de Ploum Tagada
    Mercredi 21 Août 2013 à 21:06

    Re !

    Tout est dit dans le texte en gras. Non, l'hôte ne doit rien d'autre que d'être lui-même. Juste authentique. Moi, je ne suis pas à l'aise chez les autres. Toujours peur de déranger, de ne pas être à ma place. En retour, je déteste recevoir des visites improvisées si je n'ai pas de gros affect avec ces personnes. Autant que possible (mais bien sûr, ça ne l'est pas toujours), je n'accueille que qui j'ai envie de voir et dans ce cas, c'est TRES grand plaisir. Cependant, comme toi, il y a paradoxe : je déteste (de plus en plus) le planifié. Cela retire justement un peu d'authenticité. L'improviste, oui, mais seulement si j'aime.

    Pas chiante, quoi...

    C'est peut-être mon côté trop indépendant. J'ai besoin de beaucoup d'espace intérieur pour respirer.

    Je vais de ce pas lire ton billet dans société d'associaux.

    9
    Ploum Tagada Profil de Ploum Tagada
    Mercredi 21 Août 2013 à 21:14

    J'oubliais ... excuse moi de faire de la pub détournée chez toi, mais ... à propos de rapports avec les autres => http://bicardesiecle.eklablog.com/batman-a60775609

    Tu vois : y'a pire que toi (je sais, je sais, c'est pas un concours, mais bon).

    10
    chrislou Profil de chrislou
    Mercredi 21 Août 2013 à 21:21

    Coucou Bicar,

    tu sais pour les syndicats, ce sont ceux de maintenant qui foutent la merde....

    Car mon grand père s'est tout de même battu pour les congés payés, la sécu... et ça je ne vois pas grand'monde dire que c'est de la merde 

    Pour les réceptions surprises, perso j'en suis revenue, parce que justement, ceux qui débarquent ont trop tendance à oublier que j'ai une vie. Mon indépendance me rend peut être un peu sauvage 

    D'ailleurs, c'est ce qui me plait avec le net, on échange mais on n'est pas envahie 

    Bonne soirée à toutes les deux.

    11
    Ploum Tagada Profil de Ploum Tagada
    Mercredi 21 Août 2013 à 21:30

    @Chrislou10:

    Tu as entièrement raison de remettre les choses dans leur contexte ! J'ai oublié ce détail : en effet, ceux-là n'étaient pas ceux-ci ! CQFD.

    12
    Odile Jacquemet Profil de Odile Jacquemet
    Jeudi 22 Août 2013 à 11:18

    Les filles, oui, j'ai oublié de préciser que mon goût pour l'improviste se teintait au préalable d'une forte concentration de personnes m'étant proches (famille, ou sinon, personnes que j'ai invité sans pour autant préciser de date pour l'invitation en question) et connaissant déjà le côté très indépendant de la bête chez qui ils s'aventurent... En fait, j'ai en exemples deux souvenirs qui m'ont particulièrement touchés, deux surprises pour moi de taille, deux souvenirs de ma famille que je n'attendais pas du tout, de l'imprévu total dans le quotidien. L'un, le dernier, trois jours avant mon anniversaire - mes 49 ans -, alors que mes enfants étaient dispersés aux quatre coins de la France, je les ai vu débarquer un samedi matin dans un taxi sous les coups de 11 heures (avec des sacs plein de nourriture pour tout le monde pendant deux jours, ils avaient tout prévu pour que je n'ai rien à faire), tous là devant moi, riant aux éclats en voyant ma mine, je tremblais, je pleurais, j'étais dans un état lamentable, sous le choc, bref, accrochée dans les bras de mon fils aîné pour ne pas m'effondrer, les autres en grappe autour de nous, c'est un souvenir magnifique. Un week-end totalement imprévu pour moi, un week-end inoubliable. Toute la tribu était là au complet.

    L'autre, le premier, il y a plusieurs années, ma fille avait organisée la fête des mères à sa façon. Elle et ses frères avaient déposés des pétales de fleurs en un long fil conducteur de la porte de ma chambre à la salle à manger - je précise que je suis une matinale (debout entre six et sept heures du mat tous les jours de l'année) et eux non ! -, la table et le petit déjeuner prêt, je n'avais plus qu'à mettre les pieds sous la table, idem pour tous les autres repas de la journée et, cerise sur le gâteau, elle avait créée une vidéo avec d'anciennes photos de tout le monde avec notre vie, la mienne au milieu d'eux tous (je suis la mère de quatre enfants) et son approche humoristique de tout cela (en textes). Rebelotte, sous le choc, je chialais à n'en pas finir, une horreur. C'était magnifique. (rires)

    Sinon, au niveau d'amis, il y a la formule "semi improviste" aussi (rires), c'est à dire décidé quasi au dernier moment, juste quelques jours avant grand maxi. Histoire de ne pas se casser le nez et de trouver la maison fermée. ^^

    @ Bicar, je vais voir de ce pas ton article. ^^

    13
    chrislou Profil de chrislou
    Jeudi 22 Août 2013 à 12:54

    Alors là Odile, je pense que pour les enfants tous les coups sont permis. Je crois d'ailleurs que l'on ne souhaite que ça et le plus longtemps possible...

    On a beau accepté leur indépendance, à nos yeux ils ne grandiront jamais 

    Pour ma part, la famille plus éloignée me prévient maintenant. Ancienne sourde opérée, la dernière fois qu'ils sont venus, ils sont restés 10mn à m'appeler (j'avais pas de sonnette, inutile..) pour repartir 15 kms plus loin car les portables ne passaient pas . Anecdocte amusante mais bien pratique 

    14
    Lundi 26 Août 2013 à 10:52

    Bonjour Odile... et les larmes coulent le long de mes joues en lisant ce commentaire. Je vis cet éloignement et le connais. Mes trois enfants sont aux trois coins de la ... terre, depuis un an. Bien que cela soit pour de belles raisons et pour un bel avenir, c'est dur ... mais je pense que mon coeur ne tiendrait pas le coup face à une telle fête des mères !

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