• Ma race, mon sang, ma vie, voilà ce après quoi nous courrons tous depuis des lustres, nous même. Après avoir érigé la noble race des seigneurs - ou celle plus ou moins glorieuse selon les siècles -, des malandrins, chacun cherche son frère, sa sœur, son autre lui-même, celui aux couleurs qui sont nôtres (peau pour certains, blason pour d'autres, religion, camp politique, nation, etc...). Après avoir connu le tumultueux mélange des molécules au sein du grand tout, voilà l'humain nouveau né confronté à une existence consciente et ne sachant pas trop quoi en faire. Il ne se posait pas ce genre de question avant de tomber dans la matière ! l'évidence était là. Mais maintenant ? La chute, l'incarnation faite d'os, de chair et de sang, cette conscience là dans la matière, ça bouscule, ça chamboule, ça vous met sans dessus dessous.

    Mais à quoi je sers ? Et pourquoi je suis là ? Et à quoi ça rime tout ça ?

    Vouloir faire de l'autre son sosie, un autre soi-même faute de ne plus retrouver son grand tout unificateur* (et non uniformisant comme cela est prôné actuellement), faute de l'avoir perdu dans cette fameuse chute - si décrite, décriée, enjolivée selon les approches, La chute d'Adam et Eve.

    Ce n'est pas tant notre autre moitié qui nous manque, puisque nous sommes tous constitué d'une partie féminine et masculine (yin et yang) - et ce même si c'est un travail que nous avons à effectuer au cours de notre vie, cette reconnaissance là  -, mais c'est notre place dans ce grand tout qui nous échappe, englués que nous sommes dans la matière. L'idéal, les idéaux, les croyances et tout ce qui en découle, l'utopie, etc... sont autant d'approches, de tentatives d'approches pour rejoindre ce qui nous échappe, ce grand tout unificateur par le biais de notre essence, soit notre place dans l'univers, notre rôle dans cette comédie dramatique.

    Alors on se cherche des frères, des sœurs, des autres nous-mêmes. Nous les nommons parfois frères de sang, ou de cœur, voir âme sœur, tout en cherchant malgré tout à les transformer pour qu'ils nous ressemble encore un peu plus. Sauf que, si nous sommes tombés dans la matière c'est pour travailler sur et avec cette matière, et donc avec nos différences, et non pour reproduire à tout prix ce que nous avons quitté. Donc en aucun cas à nous chercher un double, mais à incarner pleinement ce que nous sommes, ce qu'est notre essence.

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    "Alors que l'éthique traditionnelle demandait à l'homme et à la femme d'être toujours plus eux-mêmes, d'exprimer par des traits de plus en plus nets ce qui fait de l'un un homme, de l'autre une femme – nous voyons la civilisation moderne se tourner vers le nivellement, vers l'informe, vers un stade qui, en réalité, n'est pas au-delà, mais en-deçà de l'individuation et de la différence entre sexes."

    Julius Evola "Révolte contre le monde moderne"

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    « Notre essence est différenciation. Si nous ne sommes pas fidèles à cette essence, nous nous différencions insuffisamment. C'est pour cela qu'il nous faut opérer des différenciations parmi les qualités.
    Vous demandez : en quoi est-il nuisible de ne pas se différencier ?
    Si nous ne différencions pas, nous sortons des limites de notre essence, des limites de la Créature, et nous retombons dans l'état d'indifférenciation qui est l'autre qualité du Plérôme. [...]
    Ainsi mourons-nous dans l'exacte mesure où nous ne différencions pas. C’est pour cela que la Créature tend naturellement vers l'état de différenciation, vers le combat contre la dangereuse identité des toutes premières origines.
    C'est là ce que l'on appelle le PRINCIPIUM INDIVIDUATIONIS. Ce principe est l'essence de la Créature. [...]
    Ce n'est pas votre pensée, mais votre essence qui est différenciation. C'est pour cela que vous ne devez pas tendre vers la diversité, telle que vous la concevez par la pensée, mais VERS VOTRE ESSENCE. C'est pourquoi il n'y a au fond qu'une seule aspiration : l'aspiration de chaque être à sa propre essence. »

    Carl Gustav Jung, Les sept sermons aux morts

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    Apprendre à développer nos différences (de sexe, de couleur, de caractère, de personnalité, etc...), voilà ce que nous avons tous à faire, or que faisons nous ? L'inverse, nous faisons très exactement l'inverse, une bouillie innommable de ces perles nommées humains, l'humanité.

    Incarner pleinement ce que nous sommes au plus profond, exprimer notre essence, tout en faisant éclater au grand jour nos croyances, nos idées, et non juste respirer, manger, boire puis pisser et déféquer, en pensant vivre, en se croyant vivant.

     

    * partie consciente dans l’unité organique et hiérarchique d’un tout - si je reprends les termes de Julius Evola - soit ce qui faisait la Tradition et qui a été perdu.


  • Suite à Comment notre tenue vestimentaire parle de nous, si je creuse encore un peu plus le sujet en dérivant par exemple sur la tenue vestimentaire au gré des siècles passés, je constate que les formes simples et sobres (dans le choix des matières, des couleurs, des agencements) correspondent toujours à l'élément masculin, et le flou, la fantaisie, le volume important, sont à l'élément féminin. Ceci permet de donner une tendance, de s'apercevoir du fameux "air du temps" qui a traversé les siècles, ce chef d'orchestre dirigeant ses musiciens à un moment donné. L'Esprit du temps.

    Ainsi, plus il y aura de fantaisies, plus le féminin sera apparent. Plus la sobriété l'emportera, plus le masculin sera mis en avant. Je parle toujours de l'élément masculin et féminin, et non de l'homme et de la femme.

    Comment les modes parlent d'une époque

    Speculum Virginum, Allemagne, fin du XIIe siècle.

    L'époque qui m'interpelle le plus est celle dite du Moyen Age Roman, à savoir du Ve au XIIe siècle. Pourquoi ? parce que c'est celle qui me correspond le plus, et qui - détail amusant et non négligeable - fait écho aux dires de René Guénon et Julius Evola au sujet de la Tradition, puisque Tradition encore présente.

    Comment les modes parlent d'une époque

    Aldersbach Abbey, Allemagne, vers 1200

    Comment les modes parlent d'une époque

    Comment les modes parlent d'une époque

    Bible de Manérius, France, 1185

    Comment les modes parlent d'une époque

    La chainse (longue chemise de corps), le bliaud (longue robe) avec des variations au niveau des manches, de la longueur et de la décoration, et le surcot (en guise de manteau) étaient - pour faire court et en rassemblant mes lointains souvenirs d'histoire du costume -, les éléments du costume d'alors. Peu de fioritures, des lignes sobres dans l'ensemble - et ce même s'il y a eu des périodes très fantaisistes suite aux croisades et aux apports de nouvelles formes et matières -, une ligne directrice.

    Comment les modes parlent d'une époque

    "L'Adoubement"  Edmund Blair Leighton (de Richard Cœur de Lion par Aliénor d'Aquitaine)

    Que puis-je en dire d'autre ? que ce Moyen Age Roman (donc du Ve au XIIe siècle) était une époque que je qualifierais plutôt de masculine - amour courtois : mise en avant des femmes pour élévation masculine - , alors que le Moyen Age Gothique (du XIIe au XVe siècle) était une époque plutôt féminine. Que la Renaissance était toujours une époque féminine, idem pour les siècles suivant (sur le fond) jusqu'au XXe siècle qui bascule à nouveau dans le masculin, me semble-t-il. Ce qu'il est intéressant de noter, c'est que ce basculement dans une époque masculine correspond à la fois à la "libération féminine" dans la mode avec Paul Poiret qui fait disparaître les corsets des femmes, aux deux guerres mondiales **, et à mai 68, cette période ayant soit-disant libéré les femmes .

    Lorsqu'une époque fredonne son air du temps au masculin, le féminin - et dans la foulée les femmes - est mis à l'honneur, en avant, tel un étendard au service du masculin.

    Et lorsqu'une époque fredonne son air du temps au féminin, le masculin - et dans la foulée les hommes - est mis à l'honneur, en avant, tel un étendard au service du féminin.

    Dit autrement :

    L'Esprit du temps masculin place par exemple plutôt une société de type matriarcale ou approchante par maints aspects (droits des femmes dirions-nous aujourd'hui), et donc féminine, le féminin au devant de la scène, pour élever le masculin (le masculin érigé par le féminin ancré).

    L'Esprit du temps féminin place par exemple plutôt une société de type patriarcale ou approchante par maints aspects, et donc masculine, le masculin au devant de la scène, pour ancrer le féminin (le féminin cloué par le masculin érigé).

    (voir De l'élément masculin et l'élément féminin)

    Ainsi en va-t-il de l'équilibre des forces.

     

    ** Comme quoi, un changement, c'est toujours violent (le précédent serait sans doute ce qui est nommé "la première guerre de 100 ans" de 1159 à 1259, un conflit entre français opposant les Capétiens et les Plantagenêts (?), et surtout, les croisades : la première de 1096 à 1099, la deuxième de 1147 à 1149, la troisième 1189 à 1192.

    Note : mon approche est ici différente avec ce que je disais dans Quand le corps éthérique du monde s'inverse, car je pensais alors que nous étions toujours sous esprit féminin - esprit du monde -, or je pense que nous avons déjà basculé sous l'esprit masculin, ce qui rejoint ce que je notais dans mon livre "La voie d'Alfrodull", mais présenté autrement, en l'exprimant au travers de l'alchimie, en fait c'est complexe à définir puisque nous sommes à une période charnière.

    Autre note en guise de rappel : pour un corps physique féminin le corps éthérique est masculin, et pour un corps masculin le corps éthérique est féminin. Et comme ce qui est en haut est comme ce qui est en bas... (en alchimie, ce qui gouverne les étoiles agit de même avec nous, macrocosme et microcosme)


  • Très chaotique je suis. Femme je suis, ceci expliquant en grande part cela. Ce chaos est contenu malgré tout par une sorte de maillage très fin et d'une grande solidité, le fil de la trame étant lui très masculin (voir De l'élément masculin et l'élément féminin). Ainsi, mes tenues vestimentaires en disent long, elles parlent pour moi, pour ceux qui savent voir au-delà des apparences. Depuis plusieurs années, je ne porte plus que des jupes longues, des jupes avec une coupe à tendance plus droite qu'évasée. Cet aspect rigide de ma personne est là pour contenir le flou permanent qui règne au-dedans. Penser que je sois quelqu'un de rigide uniquement en me voyant correspond d'office à se fourrer le doigt dans l’œil et ce, jusqu'au coude.

    Ainsi, j'ai une anecdote à raconter. Dernièrement, enfin il y a plusieurs mois, j'ai eu l'occasion de rencontrer un monsieur de 81 ans. Ce monsieur n'a eu de cesse à chaque fois que nous nous croisions de me faire des remarques sur ma façon de me vêtir, avec entre autre son : "vous, dans votre burqa". Au début, selon ses dires, je passais pour une vestale. A cette période là, soit l'hiver dernier, je portais donc une de mes jupes longues, un manteau (duffle coat), une écharpe, des moufles en peau, et une chapka ! sans parler des chaussures, car pour faire mes trois kilomètres à pied (six aller/retour) dans ce froid, j'avais besoin de protections (voir Vivre sans voiture, en pleine campagne).

    Vestale

    Le côté enfermé, secret, plus les fantasmes qui en découlaient, les souvenirs, etc... j'étais donc à ses yeux une vestale, pour petit à petit finir par devenir pleinement humaine une fois la belle saison venue. Il avait d'un seul coup la possibilité de voir des parties de ma chair - sandales au bout des pieds, petits hauts cintrés avec décolletés et manches courtes, mais toujours avec de longues jupes -, je devenais donc humaine. J'en ris encore. 

    Il me faut un cadre, des limites, et le fait de les rendre matérielles, directement à mon contact, me permettent de mettre un peu d'ordre dans mon chaos intérieur. C'est l'éternel jeu entre les forces, elles se combinent pour s'équilibrer. Puis-je pour autant en tirer une règle pour tous ? Qu'ainsi, à l'inverse de ma pratique, une personne ne portant que des vêtements lâches, flous, ferait preuve d'une grande rigidité en interne, trop de rigidité ? Et puis il y a aussi les danseuses espagnoles, les danseuses de flamenco, avec leur larges robes alors que leurs danses sont particulièrement élaborées.

    Sauf qu'il s'agit là d'un vêtement déjà équilibré, le haut étant plus sobre, et cintré, près du corps, les deux en un, donc idem pour l'intériorité de la personne.

    En fait, il faudrait que chacun fasse ce genre d'observation intime pour répondre. Quoique...

    (je parle là uniquement pour des personnes qui arrivent à s'équilibrer, qui se sentent donc bien dans leur peau, pas à des victimes de la mode, des personnes constamment mal dans leur tête, dans leur corps, dans leur peau, mal avec elles-mêmes)

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    Note : pardonnez-moi, Lucien, si vous lisez ceci, mais bon il fallait à un moment ou à un autre que je mette les points sur les i et les barres sur les T.

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    Cette observation est aussi valable pour ce qui m'entoure, par exemple ce blog, la manière dont il est conçu, cadré, devrais-je plutôt dire. Il a un côté très carré, dans des cases - moi qui ai une sainte horreur d'être mise dans des cases -, mais j'ai besoin de ça pour équilibrer ma pagaille en interne. Et encore, ces derniers temps je le trouve trop bariolé, j'ai un besoin intense de sobriété, d'où mes recherches de nouvelles présentations plus posées, alors qu'au fond j'aime le flou, mais cela me perd pour travailler, cela me disperse, je suis suffisamment petit oiseau comme ça.

    Au-delà, il en est de même pour une architecture, ou un jardin, l'approche stricte ou flou, sobre ou exubérante - voir les deux en même temps comme pour la danseuse de flamenco -, annonce les besoins d'une époque ou d'une personne en particulier, pour s'équilibrer.


  • Volonté dernière

    Un coin de jardin, dans un linceul, sous un pied de rosier aussi épineux que l'était celle qui repose sous ses racines.  Ainsi la plante s'exprimerait pour moi. C'est ce que j'aimerais, mais cela n'est plus autorisé.

    Voir aussi Utilité nourricière première.


  • "Si un jour on te reproche que ton travail n'est pas un travail de professionnel, dis-toi bien que des amateurs ont construit l'arche de Noé et des professionnels le Titanic !"

    Cela commence avec cette note humoristique et se poursuit avec cet échange (sur facebook) :

    - Comme quoi la professionnalisation, il y a à redire.

    - Oui, et l'époque actuelle ne favorise pas beaucoup l'artisanat, et certaines professions disparaissent au profit de de la grande distribution. C'est dramatique.

    - Certes, mais ce que nous nommons aujourd'hui l'artisanat est déjà une professionnalisation. Par exemple, au Moyen Age, nombre de confréries sont nées pour défendre telle ou telle autre profession au détriment de d'autres plus généralistes, et donc en tant que telles, jugées incompétentes - ce qui à mes yeux est une foutaise et représente le début de la folie dans laquelle nous sommes aujourd'hui (les personnes malhonnêtes sont partout, professionnalisation ou pas). L'exemple type étant la guerre entre les épiciers et les apothicaires sous la houlette des médecins, puis plus tard les pharmaciens sous la houlette des laboratoires. Au nom d'une perfection tout ce qu'il y a de plus inhumaine, la professionnalisation fait foi, fait loi.

    C'est pour cela que j'avais énormément apprécié le livre "L'Islande médiévale" de Régis Boyer, livre dans lequel il expliquait que oui, des métiers existaient bien, mais que chaque habitant savait "tout faire", je vais dire cela comme ça, et ce même si c'est très excessif. Un islandais, tout islandais qui se respectait savait cuisiner, lire, écrire, chanter, faire de la musique, s'occuper de ses bêtes, fabriquer ses outils, construire sa maison, se soigner, se battre, défendre les siens, etc... et faire ce que nous appellerions aujourd'hui de la politique, c'est à dire participer à l'Alping, l'assemblée des hommes libres. Une vue d'ensemble, toujours. Pas de professionnalisation (de monoculture du travail). 

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    Alors, je sais bien que chacun peut me rétorquer que sans professionnalisation, nous n'en serions pas là où nous en sommes aujourd'hui, que ce soit au niveau "spirituel", philosophique, matériel, artistique, scientifique, technologique, etc. Oui, et alors ? (sans parler des jeunes - des nouveaux et de ceux que nous avons été - qui doivent se torturer l'esprit pour se choisir une orientation, une filière, un métier, qui au final ne leur convient pas forcément plus que ça, mais comme il faut gagner sa vie n'est-ce pas - enfin dans une société comme la nôtre) Où en sommes-nous donc vraiment ?

    Bien sûr il y a des personnes qui se sentent plus attirées - quand ce n'est pas irrésistiblement aimantés - vers une occupation particulière, mais cela n'est pas suffisant pour contraindre toute une population à devoir se choisir un métier (d'ailleurs à ce propos, se poser la question du pourquoi profond de la fuite de plus en plus de gens, de cette recherche du vivre hors des critères de notre société). Certes, au cours d'une existence, nombre de personnes peuvent avoir eu l'occasion de pratiquer diverses professions, d'ailleurs de nos jours les reconversions sont très dans l'air du temps. Mais sur le fond, qu'avons-nous besoin de nous infliger ainsi une réduction de nos capacités, de nos possibilités ? Au nom de quoi ?

     La profession est une activité spécialisée, elle se focalise sur un domaine, donc forcément au détriment des autres (au même titre que la monoculture provoque des dégats dans la nature, des déséquilibres importants). Elle est choisi parmi toutes les activités qu'un humain devrait pratiquer de façon plus ou moins régulière pour son bien-être et celui de ses proches, pour son autonomie. Or à cela, avec le "progrès", nous avons encore trouvé le moyen de spécialiser cette spécialisation qu'est le métier, la profession !

    Jusqu'où irons-nous dans cette déchéance ?

    Oui, comme disait Vincenot "victimes d'une spécialisation absolue et sacrifiées, toutes, à la productivité et à l'efficacité du monstre Etat", voilà dès le départ vers quoi nous nous dirigions sans le savoir, dès les premiers métiers et leurs "querelles de clochers", leurs querelles de corporations, de confréries, de syndicats.

    "(...) c'est une matière bien moulée, bien conditionnée qui fonctionne. Plus d'individus : une collectivité."

    Et quand je pense que certains continuent de nous rabâcher que nous sommes tombés dans une société d'individualistes... (voir ou revoir Société d'asociaux avec ce passage, en plus de ce qui précède : "Que de gémissements sur le prétendu  "individualisme" de nos jours, sur le chacun pour soi, sur l'oubli des autres. Oubli des autres ? Dans un monde ou tout est fait pour que chacun ne soit jamais seul face à lui-même ? Dans une société du tout image, tout musique, tout bruit de fond (télé, ordi, musique - que ce soit dans les magasins ou ailleurs -, etc.), tout association, tout regroupement (pédagogique, école, communes, etc.), tout lotissement, tout immeuble de x étages ? Tout est fait pour empêcher de se retrouver seul face à soi-même, tout est soigneusement mis en place pour distraire chacun, car il faut se distraire n'est-ce pas. Mais se distraire de quoi au juste ? de ce qui étouffe en nous occupant du matin au soir et même la nuit pour ceux qui n'arrivent plus à dormir ? ou de ce que notre Soi pourrait bien nous révéler si nous nous penchions un peu plus sur ce qui ne tourne pas rond dans notre existence ? Les autres sont un peu trop présents, voilà ce qu'il y a. Ce n'est pas l'individualisme qui pose problème, mais le manque d'individualisme, c'est très différent.") Mais plus encore, c'est le manque d'individuation.

    Dans l'instauration d'une volonté forte d'imposer un diktat - soit un poison -, il y a inclus d'office le remède qui le tuera, c'est l'antidote au poison, au diktat, ou dit aussi autrement, le remède est dans le poison, il va s'éliminer de lui-même. Nous vivons une époque qui voit disparaître le travail (chômage, robotisation de tout) et qui en même temps spécialise tout de plus en plus, sorte de combat de l'hydre avant sa mort programmée.

    Bref, que chacun puisse vivre comme bon lui semble, spécialisation ou pas, sans être pointé du doigt comme un être déviant. Ma normalité n'est pas celle du voisin sans pour autant être inique, elle est autre, l'égalité n'ayant rien à voir là-dedans.


  •  Imaginons, un pays, une nation. Imaginons, un deuxième pays, une deuxième nation. Le premier pays fonctionne avec une dictature. Le deuxième pays fonctionne avec une démocratie. Le premier pays se débrouille très bien en son sein, mais le deuxième pays estime insupportable la dictature du premier pays. Non pas que ce deuxième pays en souffre personnellement, non, mais c'est une image qui semble insupportable vue de l'extérieur. Au nom des droits de l'homme, le deuxième pays va donc tout faire pour que disparaisse la dictature du premier pays. Tout faire, tout mettre en œuvre, cela veut dire entrer en guerre contre ce pays. C'est pour le bien de ce premier pays annonce le pays démocrate. Nous allons le libérer du joug de la dictature ! Ainsi, une démocratie pourra voir le jour. Qu'une autre façon de fonctionner puisse exister n'est plus concevable dans un esprit démocratique, qu'on se le dise.

    La guerre éclate donc, le premier pays se défend comme il peut, mais l'armée du deuxième pays est plus importante et de plus, elle a trouvé des alliés pour la seconder dans son travail d'éradication de la dictature du premier pays. Le travail est donc finalement effectué. La dictature, le dictateur ! a été mis à bas, tué, éliminé, rayé de la carte. Sauf que, il n'y a pas plus de démocratie que de beurre en broche qui s'installe dans ce premier pays, par contre, il y a un chaos monstrueux et ce, pour un temps indéfini. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'une telle transformation doit se faire de l'intérieur, par les habitants du pays concerné, et non par un pays tiers qui s'arrogerait le droit - au nom des droits de l'homme, toujours et encore, et sous la protection bienveillante de : Dieu ! - de décider en lieu et place des premiers.

    (inspiration : Libye avec Kadhafi, Irak avec Saddam Hussein - sur un autre plan -, Syrie avec Bachar el-Assad, et les États Unis avec "Dieu")

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    Imaginons maintenant un homme. Imaginons maintenant, un deuxième homme. Le premier homme a son mode de fonctionnement, sa pensée, sa colonne vertébrale, ses lectures. Le deuxième homme est forcément différent du premier, il est un autre, donc il est autre. Mais ce deuxième homme estime qu'il est de son devoir de se mêler de la façon de vivre du premier homme, pour éviter à celui-ci de lire des "nihilistes dangereux". Il entre donc en guerre, au nom de l'âme et de l'esprit, soit en quelque sorte une variante des droits de l'homme. Il est armé et s'en vante : "Moi, je ne consomme pas le radioactif qui fait éclater au lieu de rassembler" et donc, en déversant ainsi sa bile radioactive sur le premier homme sans se préoccuper un instant de savoir ce qu'il va provoquer, un véritable chaos ou pas. Une dislocation totale d'un être en construction, ou pas, si cette personne a des bases solides, une colonne vertébrale solide, pour lui permettre de se redresser après la bourrasque radioactive, et ce, sans risquer un cancer par la suite, ou pas. Il ne se préoccupe donc pas de savoir s'il va risquer de détruire une personne en construction, ou pas, car lui seul sait, il a l'Esprit avec lui, tout comme le deuxième pays agissait ainsi en brandissant : Dieu.

    (inspiration : sur mon mur facebook)

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    Le terme adéquat pour qualifier le deuxième pays et le deuxième homme est : fanatique.

    Fanatique, étymologie : Emprunté au latin fanaticus « inspiré, en délire comme étaient les prêtres de Bellone lors de leurs prédictions furieuses et extravagantes », issu de fanum « temple » (de Bellone à Rome, en particulier)

    On a appelé pour cette raison, fanatique, celui qui se croyait transporté d’une fureur divine et s'imaginait avoir des révélations.


  • Mais de quoi je me mêle, moi, l'humain, l'être humain, lorsque je cherche à généraliser ce qui est pour moi logique et qui ne l'est pas forcément pour les autres. Mais de quoi je me mêle lorsque je décide de faire vivre toute une population - quand ce n'est pas la planète entière - selon les mêmes diktats, les mêmes critères. Mais de quoi je me mêle lorsque je décrète que tout un chacun a un problème s'il n'écoute pas de musique, ou ne danse pas, ou ne chante pas, ou ne voyage pas physiquement, ou ne lit pas, ou ne s'extasie pas devant des contes, ou ne goûte pas à un certain humour, ou ne travaille pas, ou ne se teint pas les cheveux, ou ne s'épile pas, ou ne se maquille pas, ou ne fume pas, ou ne s'empiffre pas de chocolat, ou n'aime pas la ville, ou n'aime pas la campagne, ou ne vote pas, ou n'est pas démocrate, ou ne s'habille pas selon la mode du moment, ou n'ouvre pas l'accès aux commentaires dans ses articles de blog, ou n'est pas pessimiste, ou n'est pas optimiste, ou n'est pas transhumaniste, ou ne branche pas la radio ou la télé en non stop du matin au soir, ou au contraire, le fait ! etc... Bref, de me conformer à des désidératas autres que ceux qui me sont chers, que ceux qui me font du bien à un instant T, ou qui correspondent à ma façon d'agir pour me sentir bien dans ma vie.

    C'est quoi ces généralités ? J'aimerai bien que chacun se pose ce genre de question. Et en même temps...

    Mais de quoi je me mêle !!!


  • Parfois, les 1er avril font crier au loup, soit quand l'hypocrisie et la sensiblerie d'une bande de gavés à outrance mène la danse.

    "Le dernier numéro du magazine On n'est plus des pigeons, diffusé sur France 4 mardi soir, a frappé fort. En effet, l'émission présentée par Claire Barsacq est allée enquêter sur le monde des kebabs et notamment sur la composition de ce sandwich, de plus en plus consommé en France.

    Trois kebabs ont ainsi été analysés et à la stupeur générale... l'un d'eux comportait de la viande de chat ! Des kebabs à base de chat ? C'est ce que nous a annoncé un expert scientifique, l'air à peine étonné. De quoi écoeurer plus d'un téléspectateur... D'ailleurs, très rapidement, Twitter s'est enflammé pour répendre la nouvelle. Seulement voilà, il s'agissait en fait d'un canular !

     Rassurez-vous : le chat dans le kebab (et dans la cuisine) était notre poisson d'avril ! #ONPDP

    — ONPDP (@pigeonsfrance4) 1 Avril 2014

    Une blague de 1er avril qui a très bien pris. Tellement qu'elle a obligé les producteur d'On n'est plus des pigeons à officialiser ce canular sur leur compte Twitter, histoire d'éviter toute ambiguité. Du coup, vous pouvez recommencer à manger des kebabs sans regarder votre chat d'un air coupable... Regardez cette blague de mauvais goût, avec la vidéo ci-dessus."

    Source : http://reviewer.lavoixdunord.fr/fr/tv/actualites/89282/de-la-viande-de-chat-dans-les-kebabs-le-reportage-de-france-4-qui-fait-polemique-video/

    Lire la suite...


  • Je suis une véritable éponge, j'absorbe, j'absorbe jusqu'à la nausée, jusqu'à ce que je me décide à m'essorer jusqu'à la dernière goutte pour retrouver mon essentiel. Question de survie, sinon je meurs, je disparais. Ceci est valable pour tout, pour un trop plein de "nouvelles" du monde qui nous entoure, comme pour un problème de santé d'un de mes proches. J'absorbe. J'absorbe tout. D'où la nécessité pour moi d'une réelle prise de recul, d'un nettoyage par le vide.

    Mais à quoi cela peut-il bien servir d'agir ainsi ? pourquoi faire l'éponge ? ou se laisser aller à éponger tous les malheurs de la terre pour ensuite les recracher à la première occasion ? Tout d'abord, cela me dépasse complètement, c'EST, sans que je fasse quoi que ce soit de particulier, c'est en moi depuis toujours, c'est ma marque de fabrique. Ensuite, lorsque ce n'est plus supportable, je m'éclipse (sur facebook je désactive régulièrement mon compte, par exemple, sinon, à l'occasion, je divorce aussi, toujours lorsque je risque ma peau, et chez moi ce n'est jamais un vain mot), je me retire dans mon antre jusqu'à complète remise à jour de mes fonctions premières, obligation de nettoyer mon disque dur, en quelque sorte. Bon, là, il n'est question que de réactions suite à des discussions, ou à des prises de connaissance de ces fameuses "nouvelles" de notre monde ou de notre société (en dehors du divorce). Un irrésistible besoin de ménage par le vide. Mais j'ai le même problème - si l'on peut appeler cela un problème car ce n'en est pas un, c'est juste moi qui ai énormément à apprendre - avec les soucis de santé de mes proches, voir de personnes auxquelles je m'intéresse, avec qui j'échange sur le net, que je les ai déjà rencontré en vrai, ou non ! et ça, c'est ma dernière découverte.

    Il y a plusieurs années - c'est l'exemple le plus frappant que j'ai à raconter -, mon mari s'était retrouvé cloué à la maison avec un lumbago. Après une visite chez le médecin et toute une liste de médicaments à ingurgiter (anti inflammatoire, anti douleur, etc...), rien n'y faisait, il était toujours dans un triste état, aucune amélioration. Le médecin lui avait donné un arrêt de travail de plusieurs jours, mais l'arrêt se terminait et il devait reprendre son boulot le lendemain. Il s'inquiétait, ayant peur de perdre son emploi - intérim -, et moi de lui dire qu'il n'allait pas s'abîmer la santé encore plus, qu'il expliquerait à son employeur le problème, qu'il fallait le temps au temps pour se remettre, quitte à retourner chez le médecin pour qu'il prolonge l'arrêt. Et puis, au moment de se coucher, je lui ai longuement massé le dos, mais avec un petit truc en plus que je ne saurais définir, quelque chose en moi c'était mis en marche sans que je sache quoi ni comment, mais c'était là, c'était même tellement là qu'à la fin de la séance, mon mari était prêt à s'endormir, mais moi, lorsque j'ai voulu m'allonger à mon tour, pas moyen. Plus moyen de bouger sans avoir envie de hurler. Mon dos me faisait souffrir comme jamais. J'avais été contrainte de rouler sur moi-même pour arriver à me coucher. Une fois allongée, un flash violent percutait mon esprit tourneboulé. Je venais d'absorber son lumbago, je venais de prendre le lumbago de mon mari ! « Non mais franchement, ma pauvre fille, faut arrêter de fumer la moquette moi je dis, absorber son lumbago, tsss... Tu as juste pris une mauvaise position en le massant et tu en paies les pots cassés !» me soufflait une partie de moi pendant que l'autre me criait haut et fort : « Mais non ! tu as bien absorbé son lumbago, mais tu dois t'en débarrasser au plus vite !» Bref, je vous passe les détails, ça chauffait dur dans ma tête, en même temps que mes reins hurlaient de leur côté. Finalement, tant bien que mal, j'ai fini par m'endormir et la douleur par me quitter. Le lendemain matin, lorsque le réveil a sonné, mon époux s'est levé en faisant très attention, puis il est parti en voiture pour aller travailler. Toute la matinée, je m'attendais à le voir revenir tellement la situation était pénible, par trop douloureuse pour lui. Mais non, rien. Et puis en fin de journée, à l'heure habituelle, le voilà qui revient. Il gare la voiture devant le portail, et là, court en riant jusqu'à moi qui étais à l'autre bout de l'allée (environ 50 m). Il courrait ? Non, impossible, pas avec un lumbago qui l'empêchait de bouger encore la veille au soir ! Si si si, il courrait comme un lièvre, à ma grande stupéfaction. Bon, il était encore fragile, mais plus de lumbago. Oui, je l'avais bien absorbé, son fichu mal de dos.

    Il y a environ deux ou trois ans, je ne sais plus exactement, au cours de l'hiver, une chose incroyable m'arrivait. Je conduisais alors ma voiture, je venais de la sortir et le volant était froid, glacial, après une nuit au garage. Je tentais de me réchauffer les mains en soufflant dans l'une puis dans l'autre tout en roulant, rien n'y faisait. Mes doigts étaient en train de geler sur place. Et lorsque je dis geler, ce n'est pas un mot en l'air, c'était geler, à savoir que mes phalanges blanchissaient à vue d'oeil ! que le sang ne circulait plus du tout dans mes bouts de doigts, une horreur. Et là, rebelotte, flash brutal, et je vois cet ami que j'avais rencontré un an avant, l'hiver précédent, à l'occasion du jour de l'an, un ami virtuel - voir Des Pascal, comme s'il en pleuvait ! il était le deuxième Pascal - que j'avais rencontré en chair et en os et qui avait ce problème de santé tous les hivers. En recherchant sur le net j'ai retrouvé le nom de la maladie en question car je ne l'avais pas retenu, sauf erreur de ma part, il s'agissait de la maladie de Raynaud. Je n'ai plus de nouvelles de cet ami donc j'ignore ce qui a bien pu se passer à cette période là à son niveau, mais moi, j'avais des réactions physiques que je n'avais jamais eu de toute ma vie. Pur délire de ma part que mes conclusions ? Je l'ignore, mais j'ai de gros doutes. Pendant tout cet hiver là, j'ai eu les mêmes symptômes à chaque fois que j'allais dehors et que je devais affronter le froid, et ce malgré les gants que je n'oubliais plus. Passée cette saison hivernale, plus rien lors des hivers suivants en ce qui me concerne (enfin pour ce qui est de ce sujet là).

    Cet hiver, gros souci d'otite à l'oreille droite. J'en ai régulièrement et ce depuis toujours, je sais régler cela en deux temps trois mouvements, un jus de citron dans l'oreille et hop ! plus rien en deux jours maximum. Ça ou du calendula teinture mère. Et là, pas moyen de m'en débarrasser. Un jour, deux jours, trois jours, quatre jours, rien n'y fait. Une semaine, deux semaines... Je sors la grosse artillerie : cataplasmes à l'argile sur l'oreille - oui, je ne me soigne pas selon les diktats de le médecine allopathique - plus citron dans l'oreille, plus jus de citron dans le nez, eau argileuse salée dans le nez et jus de citron chaud avec du miel à boire. Je sens un mieux à chaque fois, mais rien de plus, la douleur est toujours là, puissante, lancinante. Flash brutal : cette douleur n'est pas à moi !! Gné ??? « Tu débloques ma fille, faut vraiment te faire soigner, et pas qu'au niveau de l'otite. Tu travailles du chapeau, c'est clair comme de l'eau de roche !» Bon, je suis là à me traîner avec mon mal d'oreille, et puis d'un seul coup, la douleur disparait du jour au lendemain, alors que je ne faisais plus rien ! dépitée que j'étais. Je n'y ai rien compris. Par la suite, je décide brutalement d'en avoir le coeur net et je vais discuter un brin avec un ami (virtuellement, ce que je n'avais pas fait depuis le mois d'août) qui devait, un an auparavant, se faire opérer d'une oreille suite à des problèmes d'otites mal soignées au cours de son enfance. Et là, j'apprends qu'il s'est finalement fait opérer en décembre, et qu'il a ensuite eu une infection à cette même oreille... Les bras m'en tombent. Autre détail, cette personne avec son histoire d'opération et d'infection de l'oreille est le quatrième Pascal de mon article "Des Pascal, comme s'il en pleuvait !" (voir lien plus haut). Décidément...

    Bon, il y a cela, plus les nouvelles des médias, plus les expériences de certains qui me sont plus ou moins proches, comme cet ami qui a une période travaillait sur son côté sombre (je vais dire ça comme ça) et sur ses monstres intérieurs. C'est ainsi qu'au cours de plusieurs nuits, je voyais surgir des êtres cauchemardesques qui "ne m'appartenaient pas du tout". J'ai heureusement fais le rapprochement assez vite et les ai balayé du revers de la main. Ils sont partis aussi vite qu'ils étaient venus, c'était aussi il y a environ deux ans. 

    Bref, pourquoi tout cela ? Pour apprendre que lorsque l'on est une éponge on est également guérisseur. Mais est-ce automatique ? Aucune idée. Quoique... 

    Notes : se secouer fort les mains après tout massage, puis les passer sous l'eau froide, le tout sans tarder.

    En chimie, un catalyseur est une substance qui augmente la vitesse d'une réaction chimique ; il participe à la réaction mais est régénéré à la fin de la réaction.


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