• Pourquoi un tel regain d'intérêt pour le Moyen Age en ce début de XXIe siècle ? Pourquoi un tel déchainement de reconstitutions, de foires et autres manifestations dites médiévales dans notre pays ? J'ai quelques idées sur le sujet, elles valent ce qu'elle valent, mais bon... En vrac :

    1) Une recherche de stabilité dans un monde complètement instable, un monde voué au chaos (une société, devrais-je plutôt dire), or pour se faire, il faut des bases solides, il faut des racines et un ciel étoilé au-dessus de nos têtes. Et lorsque je parle de ciel étoilé, je sous-entend par là autre chose que l'unique voie lactée étudiée derrière une lunette astronomique. Qui dit Moyen Age peut aussi vouloir dire un "avant l'explosion du gothique" - donc le début de l'époque médiévale -, soit l'époque romane, et une approche du symbolisme à redécouvrir. (plus profondes sont les racines, mieux c'est - sur ce dernier point, c'est mon approche, ma particularité)

    Mais sur ce principe là, pourquoi ne pas se pencher sur le monde antique ? plus ancien encore au niveau des racines. D'ailleurs, il existe des groupes de passionnés du monde grec, romain, de l'antiquité dans son ensemble, des groupes qui tentent à leur façon - comme pour l'époque médiévale - de retrouver une façon de vivre, des valeurs, un sens à l'existence, un sens du beau qui leur fait faux bond en ce début de XXIe siècle dit civilisé, riche, de progrès, etc... L'art de vivre antique a son petit succès, tout comme l'art de vivre au Moyen Age. Le tout fatalement idéalisé, loin de ce que pouvait être la vie à ces époques lointaines, mais cela en dit long sur les manques, les travers de notre époque dite avancée (le tout en version société de consommation bien sûr - je te vends du "à la sauce Moyen Age" mon gars ! -, on n'y échappe pas comme ça). Tout comme il existe de nombreuses autres reconstitutions historiques de diverses époques.
    Alors, pourquoi plus le Moyen Age ? sans doute parce qu'il correspond à une époque charnière, tout comme nous en vivons une actuellement.

    Lire la suite...


  • Henry John Stock (British, 1853-1930) "Influences"

    Lire la suite...


  •  Il est bien vu d'apprendre des langues étrangères, mais qui prend le temps de comprendre sa propre langue ? de saisir la profondeur de sa propre langue, celle faite pour nous, celle faite à notre image, celle nous disant pour quoi nous sommes faits, celle de notre Soi, qui prend ce temps là ?

    Chacun pleure de l'incompréhension généralisée, mais tout le monde parle en même temps sans jamais prendre le temps - ils courent après - de se taire ni d'écouter. Du bruit, il faut du bruit, un bruit de fond permanent pour cacher le vide intérieur. La parole est lancée ! L'homme, l'humain est doué de la parole et il s'en sert. A tort et à travers. Le jet est lancé ! le javelot, la flèche, la salve. L'arme est fichée dans sa cible, dans cet autre à nous inconnu et dont nous voulons nous rendre maître faute de maître - intérieur ou extérieur - devant qui plier, avec qui nous élever. Nous n'avons jamais le lexique de cet autre, cet autre inconnu de nous, tout en nous risquant si souvent pourtant à le définir, voir à le coloniser s'il nous échappe, faute d'en saisir les contours alors que ce ne sont que nos cris, nos hurlements, devant notre vide lexical interne, celui de notre Soi non reconnu que nous projetons sur autrui. Notre arme ultime avant le bain sanglant, celle de notre désespoir hurlant à la face d'un de nos congénères, notre parole.  

     "Expliquez-vous !", "Rendez-nous des comptes !", vous qui n'êtes pas comme moi. Comme si un seul d'entre nous était comme son voisin.

     Nous voilà donc dans une société d'hommes ne supportant pas la société des hommes et imposant à tous le point de vue de ceux ne se voyant pas eux-mêmes, de ceux ne se connaissant pas eux-mêmes, de ceux s'ignorants eux-mêmes, de ceux ne sachant pas qui ils sont. 

     Que de gémissements sur le prétendu  "individualisme" de nos jours, sur le chacun pour soi, sur l'oubli des autres. Oubli des autres ? Dans un monde ou tout est fait pour que chacun ne soit jamais seul face à lui-même ? Dans une société du tout image, tout musique, tout bruit de fond (télé, ordi, musique - que ce soit dans les magasins ou ailleurs -, etc.), tout association, tout regroupement (pédagogique, école, communes, etc.), tout lotissement, tout immeuble de x étages ? Tout est fait pour empêcher de se retrouver seul face à soi-même, tout est soigneusement mis en place pour distraire chacun, car il faut se distraire n'est-ce pas. Mais se distraire de quoi au juste ? de ce qui étouffe en nous occupant du matin au soir et même la nuit pour ceux qui n'arrivent plus à dormir ? ou de ce que notre Soi pourrait bien nous révéler si nous nous penchions un peu plus sur ce qui ne tourne pas rond dans notre existence ? Les autres sont un peu trop présents, voilà ce qu'il y a. Ce n'est pas l'individualisme qui pose problème, mais le manque d'individualisme, c'est très différent. Mais plus encore, le manque d'individuation.

    (en me relisant ça me fait penser à ce que j'avais noté il y a des années de cela au sujet du sexe s'affichant partout - aux dires d'une multitude -, or ce n'est pas tout à fait cela - oserai-je dire que c'est l'arbre qui cache la forêt ? cette histoire de sexe qui s'étale partout -, ce n'est pas le sexe en lui-même qui est partout, mais la pauvreté du sexe actuel qui s'affiche partout, c'est très différent, dans les deux cas, celui de l'individualisme et celui du sexe, il est nécessaire de regarder au-delà du doigt pointé)

    Le refrain habituel est le manque de solidarité des uns envers les autres, d'où la conclusion de société d'individualistes. Or les hommes sont toujours solidaires lorsqu'ils ont des intérêts en commun (une solidarité pleinement choisi donc, et non forcée, pas dans la contrainte). Penser que cette solidarité est pur cadeau descendu du ciel, type un ange ouvrant grand ses bras rien que pour vous, est se leurrer complètement sur la nature humaine. C'est prendre des vessies pour des lanternes.

    Il y a peu de temps encore je lisais combien nombre de personnes sont sujettes aux insomnies, ce qui le plus souvent les dérange. Mais au fond, cela dérange qui ? elles ? ou la société ? Combien de ces personnes là ont un rythme naturel différent de celui imposé par le travail, par la socialisation, combien de ces personnes là vivraient très bien, avec un nombre d'heures de sommeil leur correspondant - à elles et pas au voisin - au moment où cela leur conviendrait. Individualisme ? lorsque tous doivent se lever à la même heure pour aller travailler ? Individualisme ? lorsque tous prennent chaque jour de la semaine les mêmes transports en commun, les mêmes routes, ce qui occasionne systématiquement les mêmes engorgements dans la circulation - quelle soit routière ou sanguine, une mauvaise circulation ça nous fait faire du mauvais sang et éventuellement des insomnies, si la prétendue "insomnie" ne correspond pas à notre norme à nous, celle faite pour nous, à notre image.

    Etre comme il faut, il faut se comporter comme il faut, se tenir comme il faut, agir comme il faut, etc... "être comme il faut", cela veut dire être comme tout le monde, or être comme tout le monde, cela veut dire ne pas exister. Cette société ne supportant pas la société des hommes s'efforce donc chaque jour de donner des leçons pour "être comme il faut" selon la mode du moment, soit, de ne surtout pas Etre - mais de s'appliquer à "être comme il faut" - de peur de se faire trop remarquer, de peur de dénoter au milieu de la masse. 

    Pour être comme il faut, il faut donc s'empresser de plonger nos derniers nés dans la grande marmite destructurante, à savoir, l'école (sans oublier la crèche), sous le si beau et fallacieux prétexte de socialiser nos chérubins.  

    Une société d'asociaux qui s'ignorent dirige notre société.  

    Or, les hommes les plus apte à vivre en société, donc en respectant au mieux leur voisin, sont les solitaires - des personnes sachant se taire et observer -, ceux-là même vivant à l'écart de la société, ceux jugés - par la multitude - comme étant justement : des asociaux. 

     Un hôte doit-il fournir des explications à son invité, sur sa façon de vivre et de s'exprimer, tout ça parce qu'il lui a ouvert sa porte, qu'il l'a invité chez lui ? L'hôte est-il redevable de quoi que ce soit envers son invité, en dehors d'un accueil conforme à ses us et coutumes personnels ? et ce, qu'il soit le roi des truffes au chocolat, de la blanquette de veau, des roses trémières, ou de la découpe de chair humaine les soirs de pleine lune ?  C'est ainsi, c'est un risque à prendre, autant par l'hôte que par l'invité.  

     Encore une fois, la solidarité existe lorsqu'il y a des intérêts communs entre les personnes, sinon, c'est du chacun pour soi.

    Société d'asociaux = élèves en apprentissage

    On enseigne le mieux ce qu'on a le plus besoin d'apprendre, et c'est très exactement ce qui se fait avec cette société d'asociaux.

    Nous sommes dirigés par une bande de gamins. Un adulte responsable ne voudrait pour rien au monde se mettre dans une telle posture, celle de diriger une société. La cour de récréation est toujours d'actualité.

    (ce qui me rappelle aussi ce passage noté dans un article précédent :  "Une société est faite pour les faibles." voir à L'étape initiatique (pourquoi travaillez-vous ?) et aussi Cizia Zyke)


  • Elite, étymologie : De l’ancien français eslite (« choix ») substantivation de eslit (« choisi »), ancien participe passé de élire

    Le meilleur et le plus digne d’être choisi.

    L'élite comme modèle de l'humain :

    Toutes les civilisations de la vieille Europe se sont efforcées de proposer des modèles humains dans la perspective de se grandir. Dans cette première acception, l'élite est liée à l'idée d'excellence : c'est le kalos kagathos grec, désignant « ce qui est bel et bon » et par extension « l'honnête homme ». Cette aspiration apparaît dans la cité d'Athènes au V e siècle. L'Athènes de Périclès va porter très haut cet idéal : elle lie la recherche de la perfection esthétique (beauté architecturale, culte du corps) à la quête de l'exemplarité spirituelleLa faute est dans la démesure (hybris), comme le rappelle le mythe de Prométhée.

    Dans l'Antiquité romaine, une place particulière est donnée au citoyen là où le droit de cité n'est pas uniformément répandu. Être citoyen est un idéal qui s'accompagne d'un support juridique. Celui qui est citoyen a des obligations envers lui-même et envers les autres. L'exemplarité du citoyen est symbolisée par le port de la toge. L'exemple de Cincinnatus illustre bien ces qualités morales exemplaires. Virgile est tellement saisi par cet exemple qu'il appelle les Romains gens togata. La citoyenneté romaine est exigeante : le fait d'être citoyen confère un prestige qui repose sur cette exemplarité de comportement.

    La notion d'élite comme modèle va être modifiée à l'époque médiévale. On s'intéresse moins à la cité des hommes qu'à la cité de Dieu.

    Le XVII e siècle propose le modèle de l'honnête homme. C'est une notion difficile à définir, mais l'expression est demeurée. L'honnête homme se caractérise par une élégance extérieure et intérieure : distingué sans être précieux, cultivé sans être pédant, galant sans être fade, mesuré, discret, brave sans forfanterie. Noble du cœur, il a l'élégance de ne pas exhiber son moi, la pudeur de ne pas étaler son orgueil. Cette conception repose sur les postulats du classicisme (mesure et élégance), se rattache à Descartes et Pascal (esprit de géométrie). (dixit Wikipédia)

    Lire la suite...


  • Pourquoi travaillez-vous ? Cette question est le titre d'un article qui m'avait interpellé tellement cela résonnait fort chez moi, et dont les premières lignes sont celles-ci : 

    "Il m'est toujours intéressant de participer à la rencontre sociale. Ce moment ou deux individus, au détour d'une rencontre, s'échangent des questions plus ou moins maladroites, est un ballet que nous répétons sans cesse.
    Je remarque cependant qu'une question semble aujourd'hui être des plus importante; "Qu'est-ce que tu fais / tu bosses dans quoi ?"
    Sans doute que la recherche rapide d'un repère social est à l'origine de cette question, et sans doute qu'elle représente une manière efficace de comparer nos pouvoirs de consommations. Nous pourrions même dans certains cas demander: "Combien tu consommes toi ?", que ce serait pareil."

    Puis il poursuivait avec :

    "Par contre, nous sommes rarement confrontés à la question: "Pourquoi tu travailles ?"

    Mais alors…pourquoi travaillons nous ?

    - Pour payer nos loyers, nos prêts hypothécaires.

    - Pour pouvoir manger…boire.

    - Pour nous chauffer, nous éclairer.

    - Pour nous déplacer.

    - Pour acheter ce dont nous avons besoins.

    - Pour nous sentir en sécurité.

    - Pour bénéficier de soins…pour avoir une bonne mutuelle.

    - Pour donner à nos enfants un toit, une éducation, et une position sociale meilleure.

    - Pour cotiser, et pouvoir bénéficier d'une sécurité sociale, d'une retraite.

    - Parce que nous sommes obligés ?"

    Réponse personnelle (donc la mienne, celle d'une mère au foyer, donc celle d'une personne ne travaillant pas aux yeux de cette société) : Les gens travaillent pour qu'une société qui ne me convient pas continue de vivre. 

    Mais encore ?

    Lire la suite...


  • Il y a de nombreuses années, lorsque mon premier enfant n'avait encore que deux ans, je me documentais sur comment faire l'école à la maison, sur comment enseigner à mon enfant ce qui est censé être enseigné dans une école de la république, mais pas seulement, car pour moi c'était déjà bien trop réducteur, bien trop cloisonné, trop verrouillé, les oeillères que nos gouvernants - notre société - s'acharnaient à plaquer soigneusement sur les têtes de nos chérubins, et des chérubins que nous avions tous été à un moment, m'étaient pénibles.

    C'était un sujet qui me tenait à coeur mais qui me posait problème, mon manque de confiance en moi sans doute, ma peur d'échouer, de ne pas être assez capable, pas assez cultivée, pas assez patiente, pas suffisamment forte pour tenir ce rôle dans le temps face au regard accusateur de ce monde dans lequel je vivais - regard accusateur qui était surtout le mien, encore trop fragile que j'étais pour faire complètement fi de la société qui m'entourait -, pas assez, pas assez, pas assez... et toutes les excuses de la terre pour expliquer mon angoisse malgré mon intérêt non négligeable pour cette approche de l'enseignement. J'étais mère, j'étais éducatrice, j'étais donc aussi enseignante. "On enseigne le mieux ce qu'on a le plus besoin d'apprendre", c'est une citation que j'aime beaucoup, elle me suit partout, toujours dans tout ce que je fais, et là, elle avait toute sa place. J'étais mère au foyer, j'étais donc tout cela, j'avais tout cela à apprendre, entre autre. A cette époque là, j'avais 23 ans. 

    J'ai finalement mis mon fils dans une école privé - maternelle -, j'avais fait ce choix pour me décaler déjà de cet enseignement du public qui me hérissait. J'avais fait toute ma scolarité dans le public, je ne voulais en aucun cas faire subir cela à mes enfants. Pourquoi ? Parce que je n'ai jamais vu de lieu plus vide, plus creux, que ce type d'établissement et ceux qui y professent. Il y a des exceptions bien sûr, des professeurs qui sortent du lot, qui peuvent réconcilier avec le genre humain, oui, ouf, cela peut exister, sauf que je n'en ai rencontré aucun de ma classe de CE1 à la fin de mon collège. La maternelle fut une période enchanteresse, la classe de CP également - l'apprentissage de la lecture fut pour moi un éblouissement -, avec une vieille institutrice que j'adorais, et puis le vide, le néant, le début de la concurrence, des classements, des notes, des regards de travers, des jugements sur comment tu es habillé, sur ton apparence, sur la vie que tu mènes, sur ta famille, sur ta religion - ou ton manque de religion -, etc... Bref, sur le "comment ! tu oses ne pas être comme tout le monde !". Scandale. 

    Lire la suite...


    1 commentaire
  • "Ce que les initiés païens annonçaient, le Christ le réalise. Le paganisme n’a pas de sens sans l’Incarnation du Dieu – que vous le nommiez Vishnou, Ormouzd, Horous, Apollon, ou Baldour. Les plus anciens Pères de l’Église, comme St. Clément d’Alexandrie ou Origène savaient encore ces choses, et bien d’autres encore. Ils savaient notamment que le Dieu de Lumière, cet Apollon qu’ils s’efforçaient autrefois de contempler dans l’aura du soleil, ne s’y trouvait plus, et qu’ils le rencontraient maintenant — non plus selon l’initiation de la Voie d’en-Haut — mais au terme de celle d’en-Bas, dans le tréfonds de leur propre être intérieur !

    Et ce qu’ils découvraient encore avec émerveillement, c’est que l’entité qu’ils rencontraient autrefois au terme de l’initiation de la Voie d’en-Bas, le Dionysos-Lucifer des mystères ne s’y trouvait plus non plus — mais qu’ils le pouvaient atteindre de nouveau là où ils rencontraient jadis leur ancien Apollon : dans l’aura solaire elle-même ! Le Christ apollinien s’était fait homme en l’Homme, tandis que l’ancien Dionysos-Lucifer – Lucifer et non Satan, rappelons-le – devenait lui-même, selon les propres mots d’Origène, esprit cosmique universel et reflet du Saint Esprit...

    Ancien Soleil des mondes, le Christ était devenu Soleil des âmes et VRAI LUCIFER des hommes, et Lucifer le Porte-Lumière des mondes !..." 

    Source : http://spfc441.blogspot.fr/2008/12/i-sagesse-paenne-foi-chrtienne.html 

     

    Donc si je suis bien, cela pourrait aussi signifier le changement avec l'aspect matriarcal et patriarcal. (?) L'esprit du monde masculin un temps (le temps du matriarcat), et le passage à l'esprit du monde féminin - sous lequel nous sommes toujours - (le temps du patriarcat). (?) Puisque pour un corps physique féminin le corps éthérique est masculin, et pour un corps masculin le corps éthérique est féminin, même processus pour la version "monde" et son "corps éthérique" ? puisque ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, donc... (dit de façon sans doute grossière, mais bon, et comme j'ai régulièrement besoin d'enfoncer des portes ouvertes pour y voir clairement, besoin de le dire, de l'exprimer pour le voir clairement...)

    Soit ce que je disais d'une autre façon ici : Destructrice et dispensatrice de vie 


  • Que de mauvaises herbes à arracher. D'irrécupérables à jeter. De néfastes à brûler au plus vite avant qu'elles ne se propagent. La mauvaise herbe, c'est bien connu, ça prolifère, c'est une de ses particularités. Un coup de vent et pffuit ! les graines se dispersent. C'est très dans l'air du temps aussi, l'arrachage systématique de tout ce qui dérange, tout comme la coupe drastique. Il y a la coupe au ras des pâquerettes - le tous au même niveau, le crédo égalitariste -, et l'arrachage de ce qui est jugé laid, cette chose qui vient s'infiltrer au milieu des plates bandes, ce qui ose s'insinuer en travers - tout comme au bord - des chemins, tel le serpent honni. 

    Haro aux mauvaises herbes ! Vade retro satanas...

    Pourtant, la nature est bien faite, elle seule sait équilibrer harmonieusement le vivant. Que seraient donc nos polémiqueurs, nos critiques, nos satiristes, nos écrivains, etc... sans les cons auprès desquels ils trouvent quotidiennement leur pitance ? Comment tous ces plus ou moins grands penseurs pourraient-ils seulement émettre le moindre son, la plus petite diatribe, sans la présence du con qu'ils conspuent à longueur de journée ? Rien. Ils ne seraient rien de ce qu'ils sont là. Eux, nourris à la sève même du baveur de connerie leur permettant ainsi de faire pousser, puis fleurir, leur langage à fleuret. Un langage pas toujours de bon goût cependant - ceux-là sont mes cons -, les odeurs nauséabondes naissent aussi chez les accoucheurs de viandes putrides, de viande sans esprit, restant dans leurs basses fosses, englués qu'ils sont dans leurs propres excréments. 

    Ne mords pas la main qui te nourrit, dit le proverbe.

    Nos ennemis sont nos meilleurs amis. 

    Merci aux cons d'exister - nous sommes toujours le con d'un autre -, sans eux, pas moyen de fleurir dans l'adversité, de se magnifier, de s'élever dans la fureur du monde. Les cons, ce fumier indispensable, ce compost, ce terreau permettant aux roses de s'épanouir. Les cons, ces mauvaises herbes offrant refuge et nourriture, loin des maladies et autres insectes dévastateurs, notre antidote aux tares de la consanguinité. Cons, je vous aime. 


  • "C'est sans doute, cette impuissance à ne serait-ce qu'esquisser des solutions politiques aux innombrables et graves problèmes soulevés par cet essai brouillon, contestable dans bien des points et, je l'ai dit, dont l'assise intellectuelle est pour le moins fâcheusement bancale, c'est sans doute cette impuissance qui constitue le défaut majeur de notre livre. Il constate, il analyse peu ou mal, mais il ne propose rien."

    Ces quelques lignes viennent de la critique de Juan Asensio sur le livre de Laurent Obertone "La France Orange mécanique".

    Alors, juste quelques remarques qui ont pour moi de l'importance.

    Premièrement, je n'ai aucune intention d'acheter, ni de lire ce livre. Le battage médiatique - qu'il soit élogieux ou assassin - fait perdre d'office toute crédibilité à mes yeux, car par principe tout ce qui vient du monde médiatique m'apparait comme suspect. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce petit monde fonctionne uniquement dans un sens, celui du "qu'est-ce que cela va bien pouvoir me rapporter en monnaie sonnante et trébuchante ?", soit autant de prétextes pour couvrir une prétendue info, faire le buzz, et tout un tas d'autres termes du même acabit. La fameuse couverture médiatique ne couvrant que ce qui l'arrange et montrant quotidiennement son vide abyssal qu'elle jette si magnifiquement à la figure de tout un chacun. Ceci étant, je trouve qu'il est toujours instructif d'observer la chose, le processus, les sujets traités.

    Nous sommes à des années lumière d'un la Gazette, personnage central du livre "Le pape des escargots" d'Henri Vincenot, qui allait de village en village, marcheur infatigable, pour porter les nouvelles des uns aux autres - et tellement plus encore - en échange d'un repas chaud et d'un coin dans la grange pour passer la nuit, quand il ne passait pas en trombe clamant ses dernières nouvelles à la volée, trop pressé qu'il était pour s'attarder. Ne devant rien à personne, étant son propre maître, un maître à genoux devant la force et la beauté du divin. Un druide. 

    Deuxièmement, plus précisément, je n'ai aucune envie de le lire, et ce, déjà bien avant le début de son battage médiatique - car via facebook, un ami en parlait déjà, étant en contact avec l'auteur (donc sur un mur facebook) -, car lire un livre s'acharnant à décrire, page après page, des scènes d'horreur, de violence, de crimes, me fait tout autant horreur. La délectation du pire pour dénoncer le pire, j'ai toujours eu du mal avec ça. Savoir que ce livre est là, qu'il existe, me suffit amplement. Pas besoin de me gargariser des monstruosités dont sont capables les humains, ça, je le sais déjà.  

    Troisièmement, pour moi, les critiques (les textes) parlent plus de celui qui critique, tout en  prétextant parler du livre critiqué (c'est en cela - entre autre - que je ne prends jamais pour parole d'évangile les critiques, ce qui ne veut pas dire que c'est inintéressant ! car c'est l'occasion d'entrer dans un monde différent du nôtre). Il arrive que cet aspect soit plus nuancé, équilibré autrement, mais sur le fond, c'est un état de fait. L'objectivité de chacun est toujours contre balancée par sa subjectivité.   

    Ceci étant posé, je peux maintenant en venir à ce qui m'a fait réagir concernant les lignes de ce début d'article, celles de Juan Asensio. 

    Non, je n'ai aucune exigence de solution, de proposition à un problème donné, lorsque je lis un livre. Non je n'attends pas une ébauche de solution lorsque je choisis une lecture. Oui je vais là où le vent me porte, là où ce qui aura été semé en moi - si pénétration - au cours d'une lecture donnera le fruit de mes cogitations (résultat de l'union entre une lecture, quelle qu'elle soit, et d'un lecteur - il y a des lectures fécondes et d'autres stériles, sachant que nous ne sommes pas tous réceptifs aux mêmes stimuli). Non cela ne sous entend pas que tout - ou une partie - me soit mâché dans un livre. Le travail du lecteur se trouvant justement là. Je ne lis pas pour passer le temps, mais pour creuser en moi chaque jour un peu plus ce qu'il y a à creuser. Oui, ce livre peut se révéler vide au premier abord, et riche après murissement des fameuses questions restées sans réponses, des questions trouvant subitement une ébauche de réponse dans mon esprit torturé, puis laissé libre de s'ébattre comme bon lui semble. La réponse - pour ne pas dire le début du travail de l'accouchement - venant toujours au moment où je m'y attends le moins.

    Ce manque de solutions, dans ce livre de Laurent Obertone, est justement ce qui fait que Juan Asensio, dans sa critique, donne des idées - lui si choqué de ne pas en avoir trouvé dans sa lecture -, propose des hypothèses, des éléments d'éventuelles solutions. Et voilà ce que j'appelle une lecture féconde ! car elle contraint à faire cet effort de cogitation, elle force à accoucher, elle met au jour là où cela est possible. Elle oblige à trouver ce que nous cherchions nous-mêmes - ici le critique - en commençant notre lecture. (tout en râlant qu'il faut le faire, évidemment bien sûr, sinon, nous ne serions plus des humains avec tout ce que cela comporte)





    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique