• De l'effrayante réalité des choses de la Vie

    Si je poursuis encore un peu plus ma réflexion, suite aux articles Si j'étais une plante, et, Si nous étions tous des plantes, je peux aussi me dire :

    - Ma fille tu débloques complètement, la différence entre l'homme avec un grand H, l'humain donc, et le reste de ce qui l'entoure, c'est justement qu'il se doit de s'extirper de cette base animale, voir végétale, pour se tirer vers le haut, s'en aller voguer dans les hautes sphères, tel l'aigle royal.

    - Certes, mais pour se faire, il nous faut bien être conscient d'où nous venons. Ne pas oublier ce que nous sommes au plus profond, ce qui nous régit, or ce que nous sommes au plus profond nous vient à la fois de cette base animale, végétale, terrestre, et de cet élément plus ou moins définissable, et là je vais faire un gros mix : âme, Esprit, ce qui nous dépasse.

    - D'accord, mais ce que tu avances n'est pas audible pour la plupart des gens. Tu omets l'aspect sentimental, le lien des uns pour les autres, les massacres, les souffrances, les tortures infligées, les atrocités de la guerre, cette violence là, c'est insupportable, et ce même si ça existe depuis toujours.

    - Oui et non, car c'est bien là que le bât blesse, je n'omets rien du tout, c'est juste nous qui ne sommes plus capable de réfléchir posément sans mêler dans la seconde qui suit nos larmoiements sur la condition humaine.

    - Mais c'est cela la richesse de l'humain ! Être capable de pleurer sur le malheur de ses congénères.

    - Sur le malheur de ses congénères ou sur notre propre malheur ? voir les deux à la fois, histoire de faire bonne mesure. S'apitoyer sur soi, l'humain sait faire ça depuis la nuit des temps. Est-ce que cela l'aide pour autant dans sa réflexion, dans sa compréhension des choses de la vie ? S'il arrive à dépasser cela, oui, sinon, j'ai comme un gros doute. Ça ne me saute pas aux yeux depuis que l'homme est homme. Mais peut-être est-ce moi qui manque de savoir sur nos ancêtres. La Vie, cette force là est violente, oui, c'est ainsi.

    - Sans cœur, tu as un cœur de pierre.

    - Nietzche disait dans "Ainsi parlait Zarathoustra" (du dépassement de soi-même) :« Et la vie elle-même m'a dit ce secret : "Vois, dit-elle, je suis ce qui doit toujours se surmonter soi-même." »

    et dans "Ecce Homo" (pourquoi je suis un destin) :

    « C'est de ce passage, et d'aucun autre, qu'il faut partir pour comprendre ce que veut Zarathoustra : la race d'hommes qu'il conçoit conçoit la réalité telle qu'elle est : ils sont assez forts pour cela ; — la réalité n'est pas pour eux chose étrangère ni lointaine ; elle se confond avec eux : ils ont en eux tout ce qu'elle a d'effrayant et de problématique car c'est à ce prix seul que l'homme peut être grand. »

    « Si nous étions tous des plantesPierre Conesa. Politique de contre-radicalisation en France »