• Destructrice et dispensatrice de vie

    Le principe féminin à l'oeuvre, ici avec Kali - sur la vidéo -, puis avec Isis.

     

    Plutarque écrit : "Le sistre montre aussi que les choses qui existent doivent être agitées et ne jamais cesser d'être en mouvement, qu'il faut pour ainsi dire les éveiller et les agiter lorsqu'elles s'assoupissent et s'évanouissent. Car on dit que l'on détourne et vainc Typhon avec des sistres, ce qui signifie que lorsque la corruption étreint la nature et l'immobilise, la génération la libère et la ressucite au moyen du mouvement."

    Voilà qui semble juste du point de vue psychologique. Car Typhon est la concupiscence qui ne sait dire que "je désire". Chaque fois qu'un être se laisse aller à cet aspect de sa propre nature, sa vie en est faussée, il ne rencontre que désillusion. Toutes choses lui sont pesantes, accablantes. Il est en réalité lui-même d'une humeur pesante et chagrine. Ce n'est pas s'il obtient ce qu'il désire, cependant, qu'il changera d'humeur, mais seulement s'il cherche véritablement à comprendre l'ensemble de la situation dans laquelle il se trouve. La "participation", la loi d'Eros, demande qu'on ne soumette pas tout à ses désirs, mais qu'on tienne compte des désirs et des besoins d'autrui et des exigences du moment. Il ne convient pas d'adopter une fois pour toutes une attitude, il faut se montrer souple. Peut-être une bonne secousse vous délivrera-t-elle de l'oppression typhonique, car ainsi que le dit Plutarque une nature sclérosée est ranimée par le mouvement qu'Isis* peut provoquer. (...)

    Ce n'est que par le pouvoir d'Isis, par son amour que l'homme plongé dans la luxure et la passion s'élève vers la vie spirituelle. Mais comme nous l'avons vu plus haut, Isis est destructrice aussi bien que dispensatrice de vie.  

     

    Passages du livre d'Esther Harding "Les mystères de la femme" 

     

     * note personnelle : par le mouvement que le principe féminin peut provoquer.

     De plus, encore et toujours, principe féminin ne veut pas dire femme. Par contre, le fait qu'une époque subisse des mouvements particulièrements violents - ou soit sur le point d'en subir, faute de mouvement, pour cause de sclérose (trop de principe masculin donc, rigidité (?), ou au contraire un trop plein de principe féminin, avec une absence totale de forme, donc une dispersion/dilution) - montre qu'il s'agit d'une époque sous emprise du principe féminin, c'est à dire sous l'emprise d'un instinct indiscipliné.

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