• E-BOUTIQUE Les copistes du XXIe s.

    E-BOUTIQUE Les copistes du XXIe s.Cette rubrique est consacrée aux e-books que je fais et édite sur le site d'amazon.

    Pour plus de détails, chaque titre est développé dans les articles de cette rubrique : résumé du livre, extrait, mais aussi s'il a fait l'objet d'adaptations cinématographiques, télévisuelles, etc... avec parfois d'autres réflexions sur le sujet.

    Enfin, avant de lister les e-books que j'édite, histoire de s'y retrouver, voici l'outil que personnellement j'utilise, la liseuse d'amazon, la Kindle Paperwhite (6e génération). Pourquoi celle-ci plus qu'une autre ? Tout simplement parce qu'il m'en fallait une avec un éclairage digne de ce nom, la bigleuse que je suis l'exigeait ! c'est donc la raison pour laquelle je n'ai pas opté pour une liseuse sans lumière. Ensuite, parce qu'après maintes recherches sur le net, lecture de comparatifs sur divers sites, j'ai finalement retenu que sa prise en main, ses performances, son ergonomie, l’emportaient sur pratiquement tous les tableaux par rapport à ses concurrentes. Son inconvénient, son format propriétaire imposé, mais le problème se règle avec le logiciel Calibre - logiciel libre téléchargeable sur le net. Et enfin la conclusion que j'avais trouvé dans un article de juillet 2015 : "Les différences avec la nouvelle Paperwhite 7e génération sont tellement subtiles que le meilleur choix pour l’instant est de profiter du modèle de 2013 en promotion à 100 euros."

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    Liste des articles, et donc des e-books, que je propose :

    E-books textes + annotations + illustrations :

    - Jules Verne : "Les cinq cents millions de la Bégum"

                                 "Les Indes noires"

                                 "Le Rayon vert"

    E-books textes + annotations :

    - Michel Zévaco : "La marquise de Pompadour"

    - Léon Wieger : "Les pères du système taoïste"

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  • Voici Les Enfants du capitaine Grant, un roman d'aventures de Jules Verne, paru en 1868 et illustré par Edouard Riou (176 illustrations).

    illustration d'Edouard Riou pour Les enfants du capitaine Grant

    . illustrateur de Les enfants du capitaine Grant

    Edouard Riou, né à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine) le 2 décembre 1833 et mort à Paris le 27 janvier 1900, est un artiste peintre et illustrateur français. Édouard Riou passe une partie de son enfance au Havre avant d'y poursuivre ses études, marqué par la vie maritime de ces deux villes portuaires. Élève du peintre Charles-François Daubigny, Édouard Riou débute au Salon de 1859 avec des scènes de la forêt de Fontainebleau et des toiles orientalistes. Mais c'est surtout comme illustrateur que l'histoire de l'art le connaît. Dans une veine proche de Gustave Doré, ses gravures illustrent les célèbres Jules Verne de la Collection Hetzel. Ses dessins retranscrits en gravures accompagnent bien d'autres littérateurs, tels que Walter Scott pour son Ivanhoé (1880), Alexandre Dumas pour Le Comte de Monte-Cristo (1887), Maupassant pour Sur l'eau (1888), Un soir (1889), ou encore les prolifiques Erckmann-Chatrian. Il illustre également des ouvrages de vulgarisation scientifique comme Le Monde avant la création de l'homme de Camille Flammarion (1842-1925) ou La Terre avant le déluge de Louis Figuier (1819-1894).

    Résumé de Les enfants du capitaine Grant

    L'action commence en 1864. Alors que Lord et Lady Glenarvan font une excursion au large de Glasgow à bord de leur yacht, le Duncan, l'équipage pêche un requin dans le ventre duquel on découvre une bouteille de Veuve Clicquot qui contient un message de détresse en mauvais état, de la part d'un dénommé capitaine Grant et de deux de ses compagnons à cause du naufrage du Britannia. Le jeune couple monte une expédition pour tenter de retrouver les survivants. Ils sont accompagnés par les enfants du capitaine Harry Grant : Mary Grant, jeune fille de 16 ans et Robert Grant, jeune garçon de 12 ans.

    Extraits

    Bientôt l’énorme poisson fut éventré à coups de hache, et sans plus de cérémonies. L’émerillon avait pénétré jusque dans l’estomac, qui se trouva absolument vide ; évidemment l’animal jeûnait depuis longtemps, et les marins désappointés allaient en jeter les débris à la mer, quand l’attention du maître d’équipage fut attirée par un objet grossier, solidement engagé dans l’un des viscères. « Eh ! qu’est-ce que cela ? s’écria-t-il. — Cela, répondit un des matelots, c’est un morceau de roc que la bête aura avalé pour se lester. — Bon ! reprit un autre, c’est bel et bien un boulet ramé que ce coquin-là a reçu dans le ventre, et qu’il n’a pas encore pu digérer. — Taisez-vous donc, vous autres, répliqua Tom Austin, le second du yacht, ne voyez-vous pas que cet animal était un ivrogne fieffé, et que pour n’en rien perdre il a bu non-seulement le vin, mais encore la bouteille ? — Quoi ! s’écria lord Glenarvan, c’est une bouteille que ce requin a dans l’estomac ! — Une véritable bouteille, répondit le maître d’équipage. Mais on voit bien qu’elle ne sort pas de la cave.

     illustration de Edouard Riou

    — Eh bien, Tom, reprit lord Edward, retirez-la avec précaution ; les bouteilles trouvées en mer renferment souvent des documents précieux. — Vous croyez ? dit le major Mac Nabbs. — Je crois, du moins, que cela peut arriver. — Oh ! je ne vous contredis point, répondit le major, et il y a peut-être là un secret. — C’est ce que nous allons savoir, dit Glenarvan. Eh bien, Tom ? — Voilà, répondit le second, en montrant un objet informe qu’il venait de retirer, non sans peine, de l’estomac du requin. — Bon, dit Glenarvan, faites laver cette vilaine chose, et qu’on la porte dans la dunette. » Tom obéit, et cette bouteille, trouvée dans des circonstances si singulières, fut déposée sur la table du carré, autour de laquelle prirent place lord Glenarvan, le major Mac Nabbs, le capitaine John Mangles et lady Helena, car une femme est, dit-on, toujours un peu curieuse. Tout fait événement en mer. Il y eut un moment de silence. Chacun interrogeait du regard cette épave fragile. Y avait-il là le secret de tout un désastre, ou seulement un message insignifiant confié au gré des flots par quelque navigateur désœuvré ? Cependant, il fallait savoir à quoi s’en tenir, et Glenarvan procéda sans plus attendre à l’examen de la bouteille ; il prit, d’ailleurs, toutes les précautions voulues en pareilles circonstances ; on eût dit un coroner[i] relevant les particularités d’une affaire grave ; et Glenarvan avait raison, car l’indice le plus insignifiant en apparence peut mettre souvent sur la voie d’une importante découverte.  

    [i]     Officier qui fait l’instruction des affaires criminelles.

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    « Ah ! la mer ! la mer ! répétait Paganel, c’est le champ par excellence où s’exercent les forces humaines, et le vaisseau est le véritable véhicule de la civilisation ! Réfléchissez, mes amis. Si le globe n’eût été qu’un immense continent, on n’en connaîtrait pas encore la millième partie au XIXe siècle ! Voyez ce qui se passe à l’intérieur des grandes terres. Dans les steppes de la Sibérie, dans les plaines de l’Asie centrale, dans les déserts de l’Afrique, dans les prairies de l’Amérique, dans les vastes terrains de l’Australie, dans les solitudes glacées des pôles, l’homme ose à peine s’y aventurer, le plus hardi recule, le plus courageux succombe. On ne peut passer. Les moyens de transports sont insuffisants. La chaleur, les maladies, la sauvagerie des indigènes, forment autant d’infranchissables obstacles. Vingt milles de désert séparent plus les hommes que cinq cent milles d’océan !

    Adaptation au cinéma

    En 1962, Les enfants du capitaine Grant a été adapté au cinéma par les studios Walt Disney : Les Enfants du capitaine Grant (In Search of the Castaways) de Robert Stevenson avec Maurice Chevalier et George Sanders.

    (voir lien ci-dessous du DVD, avec sous-titrage en français)

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  • Les pères du système taoïste, parut en 1913, est un livre de Léon Wieger. Ce volume contient ce qui reste de trois penseurs chinois, Lao-tseu, Lie-tseu, Tchoang-tseu, qui vécurent du sixième au quatrième siècle avant l’ère chrétienne.

    les pères du système taoïste avec Lao-tseu

    Lao-Tseu en dieu taoïste, en image de couverture pour Les pères du système Taoïste.

    Léon Wieger, est né le 9 juillet 1856 à Strasbourg et mort à Xian dans le Hebei (Chine) le 25 mars 1933, était un médecin et prêtre jésuite français qui fut missionnaire et sinologue. Il a passé la plus grande partie de sa vie adulte en Chine. Alsacien, fils de professeur de médecine à l'université de Strasbourg et lui-même médecin de formation, Wieger pratique deux ans la médecine avant d'entrer au noviciat de la Compagnie de Jésus le 21 janvier 1881 à Tronchiennes (Belgique). Ordonné prêtre le 31 juillet 1887, Léon Wieger part la même année pour la mission de Tche-li Sud-Est. Il s'y occupe d'abord d'hygiène et exerce la médecine. À partir de 1893, son supérieur religieux l'oriente vers l'étude du chinois et des tâches plus intellectuelles. Ses recherches le conduisent à faire d'importantes contributions dans le domaine du folklore chinois, sur le bouddhisme et le taoïsme. Les livres du canon taoïste ont longtemps été comptés selon sa présentation. Il reçut à trois reprises pour ses travaux le prix Stanislas Julien décerné par l'Académie des inscriptions et belles-lettres. L'œuvre ethnographique, linguistique et de traduction de Wieger est considérable et il peut être compté parmi les pères de la sinologie moderne dans la mesure où ses travaux procèdent d'une connaissance profonde de la langue et de la culture chinoises, même si ses contributions peuvent être marquées par une pratique de la traduction ne répondant plus toujours aux critères actuels et par des préoccupations dues à sa qualité d'homme d'Église catholique. Lisa Bresner (1971-2007), disait de lui : « Du vivant du Père Léon Wieger, son œuvre a été largement connue et saluée. Mais depuis les années cinquante, alors que son travail sur la Chine antique demeure un outil essentiel pour les sinologues, un silence s'est fait tant autour de sa vie qu'autour de ses ouvrages. J'espère que ces bribes biographiques, en attendant un hommage plus conséquent, permettront de sortir un grand sinologue de l'oubli. »

    Extrait du Compte-rendu de lecture d'Henri Maspero

    Bulletin de l'École française d'Extrême-Orient, 1913, pages 27-29

    "Il n'est pas de traduction de Lao-tseu dont on n'ait dit qu'elle apportait quelque chose de nouveau. À dire le vrai, je crois bien que, pour être sincères, nous devrions tous avouer, Chinois ou Européens, que nous ne comprenons rien au Tao-tö-king ; et si l'on réfléchit combien l'ouvrage est bref, si l'on songe qu'il est probablement formé de fragments d'époque et d'origine diverses, et si on se rappelle qu'il ne s'y rencontre pas une seule définition des termes employés, on n'aura pas lieu de s'en étonner ; chaque traducteur ou commentateur y met ses propres idées, et c'est ainsi que nous trouvons des commentaires confucéens, bouddhistes et taoïstes de ce livre, et que certains traducteurs anciens y ont vu des idées chrétiennes, ou d'autres plus récents, darwiniennes. Chacun y verse ses propres conceptions pour tenir lieu de celles de Lao-tseu qui sont insaisissables, faute de connaître le sens précis des termes qu'il emploie. Ce que le père Wieger apporte de nouveau, et ce dont, à mon avis, il faut le louer sans réserves, c'est qu'au lieu de ses propres idées, ce sont celles d'une certaine école de commentateurs qu'il s'est efforcé de reproduire : le Tao-tö-king a été tenu de tout temps par les taoïstes pour un de leurs livres fondamentaux : c'est leur doctrine qu'il cherche à exposer, tant dans sa manière de rendre le texte, que dans ses résumés des commentaires. Ce n'est pas à dire que les nombreux traducteurs de Lao-tseu ne s'étaient déjà copieusement servi des commentaires ; mais l'originalité du père Wieger est de s'être servi de commentaires taoïstes, et de les avoir toujours suivis. L'idée de la « corruption » du taoïsme primitif (pour lequel on est allé jusqu'à inventer un nom spécial, le « laoïsme ») n'est pas le moins bizarre des résultats auxquels l'obscurité du Tao-tö-king a conduit nombre de sinologues européens ; il s'en est suivi qu'aux commentaires taoïstes on préféra parfois les commentaires confucéens, et que d'ailleurs chaque traducteur se crut en droit de négliger leurs indications pour serrer de plus près ce qu'il supposa être la pensée primitive. Avec le père Wieger, nous quittons ces spéculations hasardées ; les explications sont celles que l'école qui prétend se rattacher à Lao-tseu donne elle-même. Certains trouveront qu'à ce traitement le livre perd en profondeur de pensée ; la vérité historique y gagne certainement, car si nous n'atteignons pas encore la pensée du compilateur inconnu qui, à une date inconnue, a rassemblé les fragments du Tao-tö-king, du moins avons-nous celle de ses disciples à l'époque historique."  

    Extrait de Les pères du système Taoïste

    Maître K’i était assis sur un escabeau, les yeux levés au ciel, respirant faiblement. Son âme devait être absente. — Étonné, le disciple You qui le servait, se dit : Qu’est ceci ? Se peut-il que, sans être mort, un être vivant devienne ainsi, insensible comme un arbre desséché, inerte comme la cendre éteinte ? Ce n’est plus mon maître. — Si, dit K'i, revenant de son extase, c’est encore lui. J’avais seulement, pour un temps, perdu mon moi. Mais que peux-tu comprendre à cela, toi qui ne connais que les accords humains, pas même les terrestres, encore moins les célestes ? — Veuillez essayer de me faire comprendre par quelque comparaison, dit You — Soit, dit maître K’i. Le grand souffle indéterminé de la nature s’appelle vent. Par lui-même le vent n’a pas de son. Mais, quand il les émeut, tous les êtres deviennent pour lui comme un jeu d’anches. Les monts, les bois, les rochers, les arbres, toutes les aspérités, toutes les anfractuosités, résonnent comme autant de bouches, doucement quand le vent est doux, fortement quand le vent est fort. Ce sont des mugissements, des grondements, des sifflements, des commandements, des plaintes, des éclats, des cris, des pleurs. L’appel répond à l’appel. C’est un ensemble, une harmonie. Puis, quand le vent cesse, tous ces accents se taisent. N’as-tu pas observé cela, en un jour de tempête ? — Je comprends, dit You. Les accords humains sont ceux des instruments à musique faits par les hommes. Les accords terrestres sont ceux des voix de la nature. Mais les accords célestes, maître, qu’est-ce ? —   C’est, dit maître K’i, l’harmonie de tous les êtres, dans leur commune nature, dans leur commun devenir. Là, pas de contraste, parce que pas de distinction. Embrasser, voilà la grande science, la grande parole. Distinguer, c’est science et parler d’ordre inférieur. — Tout est un. Durant le sommeil, l’âme non distraite s’absorbe dans cette unité ; durant la veille, distraite, elle distingue des êtres divers. — Et quelle est l’occasion de ces distinctions ? Ce qui les occasionne, ce sont l’activité, les relations, les conflits de la vie. De là les théories, les erreurs. Du tir à l’arbalète fut dérivée la notion du bien et du mal. Des contrats fut tirée la notion du droit et du tort. On ajouta foi à ces notions imaginaires ; on a été jusqu’à les attribuer au Ciel. Impossible désormais d’en faire revenir les humains. Et cependant, oui, complaisance et ressentiment, peine et joie, projets et regrets ; passion et raison, indolence et fermeté, action et paresse, tous les contrastes, autant de sons sortis d’un même instrument, autant de champignons nés d’une même humidité, modalités fugaces de l’être universel. Dans le cours du temps, tout cela se présente.

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    Les pères du système Taoïste de Léon Wieger


  • La marquise de Pompadour est un livre de Michel Zévaco, un roman populaire parut en 1912. 

    tableau de la marquise de Pompadour

    Madame de Pompadour par François Boucher (1756)

    "Non seulement Michel Zévaco égale Dumas par sa fantaisie, mais il le dépasse par l’emballement de son imagination." La Petite république socialiste, 23 juin 1903.

      auteur de La marquise de Pompadour

    Michel Zévaco, né à Ajaccio le 1er février 1860 et mort à Eaubonne (Seine-et-Oise) le 8 août 1918, est un écrivain français auteur de romans populaires, notamment de la série de cape et d'épée Les Pardaillan, mais aussi un journaliste anarchiste.  En raison de la virulence de ses propos, en pleine période d’attentats anarchistes, Michel Zévaco est condamné à plusieurs séjours à la prison Sainte-Pélagie. Par exemple, en 1890, il est arrêté en avril pour « provocation au meurtre » en raison d'un éditorial visant le ministre de l'Intérieur Ernest Constans, et condamné à quatre mois de prison. Libéré fin août, il est à nouveau arrêté, toujours pour « provocation au meurtre », à la suite d'un éditorial de L’Égalité où il incitait les soldats à faire justice eux-mêmes auprès de leurs officiers. Il est également condamné le 6 octobre 1892 par la cour d'assise de la Seine pour avoir déclaré dans une réunion publique à Paris : « Les bourgeois nous tuent par la faim ; volons, tuons, dynamitons, tous les moyens sont bons pour nous débarrasser de cette pourriture ». En 1900, Michel Zévaco abandonne le journalisme politique pour se consacrer à l'écriture de romans-feuilletons. Il débute dans cette nouvelle carrière avec le roman feuilleton Borgia !, publié dans le journal de Jean Jaurès La Petite République socialiste. Après le succès de ce premier feuilleton, Michel Zévaco crée pour le même journal le personnage de Pardaillan. En 1905, Michel Zévaco passe au journal Le Matin, dont il devient le feuilletoniste attitré avec Gaston Leroux. Entre 1905 et 1918, Le Matin publie neuf feuilletons dont Le Capitan et la série des Pardaillan. Ces feuilletons sont en parallèle édités par Fayard dans sa collection Le livre populaire.

    Approche du roman historique chez Michel Zévaco

    Chez Michel Zévaco, l'Histoire est repoussée à l'arrière-plan, elle est un décor de la fiction. Le romancier, c'est celui qui s'éloigne du modèle historique, et qui le fait selon ses propres règles, celles de l'auteur populaire. "Un état d'âme dans un roman, c'est un personnage ; notre devoir de romancier nous obligeait à peindre en quelques traits rapide cet état d'âme" (La Marquise de Pompadour) : dès lors que le personnage historique est réduit à une passion, il devient personnage, c'est à dire type. Il y a double simplification : de la figure historique au personnage de roman, et du personnage de roman au type : l'Histoire est alors associée (réduite) à des passions élémentaires : haine, abnégation, sens de l'honneur. Ces passions sont moins des passions humaines que leur formulation extrême qu'en propose le mélodrame populaire. Dès lors, le mélodrame code la réalité (et donc l'Histoire) selon ses règles propres, celle des instincts humains et de leur expression dans un univers de fiction adapté : coulisses, alcôves, ruelles obscures, portes dérobées... l'espace renvoie moins à un référent historique qu'à l'expression de ces passions. A cet effort de réduction du monde à l'expression des mouvements du cœur, répond un second processus de simplification, limitant les actions (et donc, en un sens, tout le système causal) à un nombre restreint de protagonistes, réels ou imaginaires. Peu d'intermédiaires entre les personnages : les rois, reines et brigands se rencontrent directement, on ourdit seul les crimes, verse seul le poison : non seulement les actions importantes paraissent n'être décidées que par un très petit nombre d'individus (tendance du roman de cape et d'épée qui expliquerait la propension du genre à des lectures conspirationnistes), mais ceux-ci le font sans déléguer leur geste. C'est ce qui donne au récit cet aspect théâtral : non seulement parce qu'il emprunte au mélodrame, non seulement parce que les actions et les paroles tiennent une place privilégiée, non seulement parce que les passions sont exprimées ouvertement et leur conflit est le moteur de l'intrigue, mais aussi parce que l'espace et les personnages sont limités à un nombre restreint. Ces propriétés expliquent en partie la fréquence des coups de théâtre et rebondissements chez l'auteur. (roman d'aventure)

    Résumé de La marquise de Pompadour

    Tome I : Un jour de 1744, Jeanne Poisson, belle jeune femme, rencontre au hasard d'un bois, le roi Louis XV qui chasse et obtient de lui la grâce d'un cerf. Son cœur est alors conquis par le Bien Aimé, ce roi à qui on reproche déjà les fastes de la cour de Versailles et son insouciance vis à vis du peuple. Ce même jour, Jeanne Poisson apprend qu'elle est la fille d'Armand de Tournehem et que sa mère est morte de désespoir. A la suite d'un ignoble chantage visant son père, elle est obligée d'épouser un homme qu'elle n'aime pas, le peu ragoûtant Henri d'Etioles. Mais le roi a à son tour succombé au charme de Jeanne et leur idylle éclate au grand jour, lors d'un bal à l'hôtel de ville de Paris. Les complots se succèdent, les intrigues s'échafaudent et de sinistres personnages comme le comte du Berry ou le mystérieux M. Jacques manigancent dans l'ombre.

    Tome II : Jeanne Poisson, devenue madame d'Etioles se retrouve prisonnière du mystérieux M. Jacques et du comte du Barry. Juliette Bécu, fausse comtesse du Barry mais vraie prostituée, devient grâce à un subterfuge, la maîtresse en titre du roi. Sa présentation à la cour est imminente. Louis XV est par ailleurs convaincu que Jeanne Poisson a un amant : le chevalier d'Assas. Il le fait tour à tour embastiller puis gracier, et de nouveau emprisonner. Autour du roi s'agite une étrange association, une conspiration, à laquelle participent son propre valet Lebel mais aussi des membres de sa garde, et même le futur cardinal de Bernis. Il est vrai que le chevalier d'Assas est amoureux de Jeanne. Il va tout faire pour la libérer, triomphant de duels, déjouant les intrigues.

    Extrait

    Alors, aussi, par un rapide et violent retour sur elle-même, Jeanne songea que le lendemain, dans quelques heures, elle serait entraînée à l’église et qu’elle appartiendrait à jamais au malfaisant gnome qu’elle haïssait, dont le seul aspect lui causait une insurmontable horreur !… Et celui qui pouvait la sauver était là, sous ses yeux… impuissant !… Oh ! il fallait à tout prix réveiller cette torpeur !… D’Assas fermait les yeux : la réaction naturelle se produisait ; le sommeil s’emparait de lui, invincible, inévitable… non pas ce sommeil qui suit les veilles prolongées et contre lequel on peut encore lutter, mais une sorte d’écrasement de la pensée meurtrie… – Chevalier, murmura Jeanne, écoutez-moi… par pitié… D’Assas avait vaguement entendu sans doute. Cet appel à sa pitié galvanisa une seconde son esprit. Il entr’ouvrit les yeux. Tragique seconde où se décida la destinée de celle qui devait s’appeler la Marquise de Pompadour ! Si le chevalier d’Assas avait pu écouter ! S’il avait pu se lever ! Nul doute qu’il n’eût dans la nuit même provoqué Le Normant d’Étioles ! Nul doute qu’il ne l’eût tué ou obligé à renoncer au mariage ! Et alors qui sait ce qui fût arrivé ! Qui sait si Jeanne, touchée par cet amour si jeune, si pur, si fougueux, n’eût pas uni sa vie à celle du chevalier d’Assas !… Alors, il n’y eût pas eu de marquise de Pompadour ! Alors bien des choses eussent été changées dans le règne de Louis XV !… Ce n’était donc pas seulement le drame de deux cœurs qui se jouait là, dans ce petit salon trop pimpant, aménagé par le faux goût d’Héloïse Poisson ! C’était une page de l’histoire de la France – et de l’humanité – que le Destin tournait là !… Haletante, la gorge serrée par l’angoisse, Jeanne se pencha, saisit les deux mains du chevalier d’Assas. – Vous avez reçu ma lettre, n’est-ce pas ?… Et vous êtes accouru ?… Oh ! merci !… vous m’entendez, n’est-ce pas ?… Par grâce ! Par pitié ! Faites-moi un signe qui me dise que vous me comprenez !… Un violent effort crispa le charmant visage du chevalier. Ses paupières se soulevèrent lourdement. Puis tout, en lui, s’affaissa de nouveau. – Oh ! râla Jeanne, vous ne m’entendez donc pas !… Chevalier !… Ma lettre ! Rappelez-vous ce que vous dit ma lettre !… Je suis perdue si vous ne me secourez !… Je vais vous dire… on veut me marier… je hais cet homme… ce mariage me tue… Oh ! il ne m’entend pas !… Chevalier !… si je n’épouse pas cet homme, mon père va à la Bastille… à l’échafaud peut-être !… entendez-vous ! mon père !… Et je ne veux pas l’épouser, moi ! Il me fait horreur !… Si je l’épouse, je meurs ! Et il faut que je l’épouse ! Ma mort ou celle de mon père ! Il faut que je choisisse !… Oh ! vous me laisserez donc mourir !… Dire que j’ai placé en vous toute ma confiance ! Je vous attendais comme un Dieu !… Chevalier ! Chevalier !…

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    la marquise de Pompadour


  • Une fois n'est pas coutume - et j'avoue m'être précipité dessus tellement j'étais surprise -, voici un roman d'amour écrit par  Jules Verne ! et paru en 1882, il est illustré par Léon Benett (45 illustrations), Le Rayon vert. Alors bien sûr, dans ce roman il y a une large place au phénomène révélé par des scientifiques de l'époque, le fameux rayon vert, rayon qui offre ici une occasion magnifique de dériver sur les sentiments et agissements des humains en plus des découvertes historiques et géographiques des lieux de l'histoire.

    le rayon vert de Jules Verne

     

    Extrait

    Cette année-là, en ce mois d’août, les étrangers, touristes ou baigneurs, ne manquaient pas à la petite ville d’Oban. Sur les registres de l’un des meilleurs hôtels, depuis quelques semaines déjà, on pouvait lire, entre autres noms, plus ou moins illustres, le nom d’Aristobulus Ursiclos, de Dumfries (Basse-Écosse). C’était un « personnage » de vingt-huit ans, qui n’avait jamais été jeune et probablement ne serait jamais vieux. Il était évidemment né à l’âge qu’il devait paraître avoir toute sa vie. De tournure, ni bien ni mal ; de figure, très insignifiant, avec des cheveux trop blonds pour un homme ; sous ses lunettes, l’œil sans regard du myope ; un nez court, qui ne semblait pas être le nez de son visage. Des cent trente mille cheveux que doit porter toute tête humaine, d’après les dernières statistiques, il ne lui en restait plus guère que soixante mille. Un collier de barbe encadrait ses joues et son menton, — ce qui lui donnait une face quelque peu simiesque. S’il avait été un singe, c’eût été un beau singe, — peut-être celui qui manque à l’échelle des Darwinistes pour raccorder l’animalité à l’humanité. Aristobulus Ursiclos était riche d’argent et encore plus riche d’idées. Trop instruit pour un jeune savant, qui ne sait qu’ennuyer les autres de son instruction universelle, gradué des Universités d’Oxford et d’Edimbourg, il avait plus de science physique, chimique, astronomique et mathématique que de littérature. Au fond, très prétentieux, il ne s’en fallait de presque rien qu’il ne fût un sot. Sa principale manie, ou sa monomanie, comme on voudra, c’était de donner, à tort et à travers, l’explication de tout ce qui rentrait dans des choses naturelles ; enfin une sorte de pédant, de relation désagréable. On ne riait pas de lui, parce qu’il n’était pas risible, mais peut-être s’en riait-on, parce qu’il était ridicule. Personne n’eût été moins digne que ce faux jeune homme de s’approprier la devise des francs-maçons anglais : Audi, vide, tace. Il n’écoutait pas, il ne voyait rien, il ne se taisait jamais. En un mot, pour emprunter une comparaison qui est de circonstance dans le pays de Walter Scott, Aristobulus Ursiclos, avec son industrialisme tout positif, rappelait infiniment plus le bailli Nicol Jarvie que son poétique cousin Rob-Roy Mac-Gregor.

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    Que dire au sujet de ce fameux Rayon vert ? "Le rayon vert est mentionné dans au moins deux autres romans de Jules Verne : Les Indes noires et Le Phare du bout du monde. Entorse aux habitudes de l'auteur français, l'héroïne ne prône pas la science, mais s'y oppose : elle déteste le scientifique Aristobulus Ursiclos et tout ce qu'il représente, et ne jure que par les légendes de son pays : « On les voit (les lutins) apparaître dans toutes les hautes terres d'Écosse, se glissant le long des glens abandonnée, s'élevant au fond des ravins, voltigeant à la surface des lacs, s'ébattant dans les eaux paisibles de nos Hébrides, se jouant au milieu des tempêtes que leur jette l'hiver boréal. », dit-elle au chapitre 15. Cette opposition à la science est également présente dans le personnage d'Olivier Sinclair, artiste rêveur, qui contraste totalement avec Aristobulus Ursiclos." "L'existence de ce phénomène de rayon vert (lueur de couleur émeraude lorsque le soleil disparaît juste sur la mer) est attestée par plusieurs témoignages, mais ne se produit que dans des conditions de température et d'hygrométrie déterminées, ce qui en rend fort rare l'observation en pratique. On ignore où Jules Verne a puisé son inspiration, car il y avait très peu de documentation sur le phénomène en 1882. La parution du roman a révélé l'existence du rayon vert au grand public et contribué à accélérer les recherches scientifiques sur le sujet."

     

    Résumé de Le rayon vert

    Afin d'échapper à un mariage avec l'ennuyeux scientifique Aristobulus Ursiclos, Helena Campbell déclare à ses oncles Sib et Sam qu'elle ne se mariera qu'après avoir vu le Rayon vert qui, selon les légendes écossaises dont la jeune fille est friande, permettrait à ceux qui l'ont observé de voir clair en leur cœur ainsi qu'en celui des autres. S'ensuit alors un voyage où les héros cherchent à voir ce rayon avec beaucoup de patience dans les parages de l'Écosse, pourtant peu favorables à son observation à cause des brumes. Après de nombreuses vaines tentatives suite à divers incidents perpétrés par des nuages, des nuées d'oiseaux ou la voile d'un bateau, au loin, qui vient leur cacher le soleil, le phénomène se présente, mais les deux personnages principaux sont alors trop occupés à découvrir l'amour dans les yeux l'un de l'autre pour faire attention à l'horizon.

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  • Les Indes noires, est un roman de Jules Verne paru en 1877 et illustré par Jules Férat (45 illustrations).

    dessin les indes noires de Jules Verne

    Pour ce qui est de la présentation rapide de Jules Verne, se reporter à l'article précédent Les cinq cents millions de la Bégum.

    Jules Férat, né le 28 novembre 1829 à Ham et mort à une date inconnue, est un peintre, dessinateur, graveur et illustrateur français. Entre 1850 et la fin des années 1880, Jules Férat illustre des albums consacrés aux grandes usines françaises et aux progrès scientifiques, notamment pour Louis Figuier. Il est aussi sollicité pour des ouvrages romanesques signés Eugène Sue, Mayne-Reid, Edgar Allan Poe, Émile Zola, Jules Sandeau, Louis Boussenard et Victor Hugo. À partir de 1866, il travaille pour la « Bibliothèque des Merveilles » lancée par Hachette. Pierre-Jules Hetzel le repère et lui demande d'illustrer Une Ville flottante de Jules Verne. C'est le début d'une collaboration qui comprend en tout neuf textes des Voyages extraordinaires. Travailleur infatigable, contributeur régulier à L'Illustration et à L'Univers illustré, son œuvre compte plusieurs milliers de dessins.

    Résumé de Les Indes noires

    À la requête de Simon Ford, ancien contremaître des houillères d'Aberfoyle, en Écosse, dont les gisements sont censés être épuisés depuis une dizaine d'années, l'ingénieur James Starr en reprend l'exploitation. L'intuition des deux hommes s'avère fondée, puisqu'un nouveau filon est découvert, permettant une reprise fructueuse de l'exploitation et entraînant la création d'une véritable « ville » minière sous la surface de la terre. Toutefois, divers phénomènes inexpliqués finissent par se produire et se multiplier, jusqu'à la découverte, dans une galerie de mine, de Nell, jeune fille qui semble n'avoir jamais vu la lumière du jour et n'avoir aucune notion de la division du temps en jours et heures…

    Extraits

    On sait ce que sont les croyances superstitieuses dans les hautes et basses terres de l’Écosse. En certains clans, les tenanciers du laird, réunis pour la veillée, aiment à redire les contes empruntés au répertoire de la mythologie hyperboréenne. L’instruction, quoique largement et libéralement répandue dans le pays, n’a pas pu réduire encore à l’état de fictions ces légendes, qui semblent inhérentes au sol même de la vieille Calédonie. C’est encore le pays des esprits et des revenants, des lutins et des fées. Là apparaissent toujours le génie malfaisant qui ne s’éloigne que moyennant finances, le « Seer » des Highlanders, qui, par un don de seconde vue, prédit les morts prochaines, le « May Moullach », qui se montre sous la forme d’une jeune fille aux bras velus et prévient les familles des malheurs dont elles sont menacées, la fée « Branshie », qui annonce les événements funestes, les « Brawnies », auxquels est confiée la garde du mobilier domestique, l’ « Urisk », qui fréquente plus particulièrement les gorges sauvages du lac Katrine, — et tant d’autres. Il va de soi que la population des houillères écossaises devait fournir son contingent de légendes et de fables à ce répertoire mythologique. Si les montagnes des Hautes-Terres sont peuplées d’êtres chimériques, bons ou mauvais, à plus forte raison les sombres houillères devaient-elles être hantées jusque dans leurs dernières profondeurs. Qui fait trembler le gisement pendant les nuits d’orage, qui met sur la trace du filon encore inexploité, qui allume le grisou et préside aux explosions terribles, sinon quelque génie de la mine ?

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    « — Aurais-tu quelque regret d'avoir abandonné le sombre abîme dans lequel tu as vécu pendant les premières années de ta vie, et dont nous t'avons retirée presque morte ? — Non, Harry, répondit Nell. Je pensais seulement que les ténèbres sont belles aussi. Si tu savais tout ce qu'y voient des yeux habitués à leur profondeur ! Il y a des ombres qui passent et qu'on aimerait à suivre dans leur vol ! Parfois ce sont des cercles qui s'entrecroisent devant le regard et dont on ne voudrait plus sortir ! Il existe, au fond de la houillère, des trous noirs, pleins de vagues lumières. Et puis, on entend des bruits qui vous parlent ! Vois-tu, Harry, il faut avoir vécu là pour comprendre ce que je ressens, ce que je ne puis t'exprimer ! »

    Ebook Les Indes noires (cliquez sur l'image pour y accéder).[/caption] Les Indes noires a aussi fait l'objet d'une adaptation en BD en 2013. Scénario et dialogues : Marc Jakubowski. Dessins : Éric Rückstühl. (voir ci-dessous) :

    Ce livre a également été adapté pour la télévision, dans un téléfilm aussi intitulé les Indes noires, diffusé le 25 décembre 1964 à la télévision française, et réalisé par Marcel Bluwal.

    On peut le revoir dans un coffret de deux DVD spécial Jules Verne (voir ci-dessous).


  • Les 500 millions de la Bégum 

    illustrationde Léon Benett pour Les 500 millions de la BégumC'est un roman d'anticipation et d'espionnage de Jules Verne paru en 1879 et illustré par Léon Benett (47 illustrations). 

    auteur de Les 500 millions de la Begum
    Portrait de Jules Verne par Félix Nadar.

    Jules Verne, s'il faut le présenter, est né le 8 février 1828 à Nantes et mort le 24 mars 1905 à Amiens, est un écrivain français dont l'œuvre est, pour la plus grande partie, constituée de romans d'aventures et de science-fiction (ou d'anticipation). En 1863 paraît chez l'éditeur Pierre-Jules Hetzel (1814-1886) son premier roman Cinq semaines en ballon, qui connaît un très grand succès y compris à l'étranger. Lié à l'éditeur par un contrat de vingt ans, Jules Verne travaillera en fait pendant quarante ans à ses Voyages extraordinaires, qui compteront 62 romans et 18 nouvelles et paraîtront pour une partie d'entre eux dans le Magasin d'éducation et de récréation destiné à la jeunesse. Richement documentés, les romans de Jules Verne se situent aussi bien dans le présent technologique de la deuxième moitié du XIXe siècle que dans un monde imaginaire.

    Léon Benett, né Hippolyte Léon Benet le 2 mars 1839 à Orange (Vaucluse) et mort le 7 décembre 1916 à Toulon, est un peintre et illustrateur français.illustrateur Leon Benett

    Hippolyte Léon Benet changea son nom en « Benett », sans doute pour différencier sa carrière dans l'administration de son travail de dessinateur.

     

    Mettant à profit son expérience d'employé gouvernemental (il était conservateur des Hypothèques), qui l'amena à visiter l'Algérie, la Cochinchine, la Martinique et la Nouvelle-Calédonie, Léon Benett excellait à représenter les pays exotiques. Les carnets de croquis ramenés de ses voyages alimentèrent son œuvre d'illustrateur. Léon Benett est surtout connu pour avoir illustré de nombreux romans de Jules Verne, chez l'éditeur Hetzel : entre 1873 et 1910, il illustre vingt-cinq des Voyages extraordinaires, ainsi que d'autres œuvres de Jules Verne. Il a aussi illustré Victor Hugo, Léon Tolstoï, Thomas Mayne Reid, André Laurie, Camille Flammarion, Élisée Reclus, James Fenimore Cooper, Erckmann-Chatrian.

    Résumé de : Les 500 millions de la Bégum

    Deux héritiers - un français et un allemand - d'une importante fortune s'opposent en construisant chacun une ville en fonction de ses goûts. Le français, le docteur François Sarrasin, construit en Amérique une ville idéale basée sur les plus récentes techniques d'urbanisme et d'hygiène : France-Ville. L'allemand, le professeur Schultze, lui, choisit de construire Stahlstadt — la cité de l'acier, une gigantesque usine à canon. Johann Schwartz, alias Marcel Bruckmann le meilleur ami du fils du docteur Sarrasin, part espionner la citée de l'acier en tant que simple ouvrier, puis ses talents le feront gravir l'échelle sociale de la ville jusqu'à devenir le confident du professeur Schultze.

    Extrait

    Ce jeu dura huit jours. Tout allait bien le matin, et le soir il s’élevait subitement une objection imprévue qui dérangeait tout. Ce n’était plus pour le bon docteur que chausse-trapes, hésitations, fluctuations. Mr. Sharp ne pouvait se décider à tirer l’hameçon, tant il craignait qu’au dernier moment le poisson ne se débattît et ne fît casser la corde. Mais tant de précaution était, en ce cas, superflu. Dès le premier jour, comme il l’avait dit, le docteur Sarrasin, qui voulait avant tout s’épargner les ennuis d’un procès, avait été prêt pour un arrangement. Lorsque enfin Mr. Sharp crut que le moment psychologique, selon l’expression célèbre, était arrivé, ou que, dans son langage moins noble, son client était « cuit à point », il démasqua tout à coup ses batteries et proposa une transaction immédiate. Un homme bienfaisant se présentait, le banquier Stilbing, qui offrait de partager le différend entre les parties, de leur compter à chacun deux cent cinquante millions et de ne prendre à titre de commission que l’excédent du demi-milliard, soit vingt-sept millions. Le docteur Sarrasin aurait volontiers embrassé Mr. Sharp, lorsqu’il vint lui soumettre cette offre, qui, en somme, lui paraissait encore superbe. Il était tout prêt à signer, il ne demandait qu’à signer, il aurait voté par-dessus le marché des statues d’or au banquier Stilbing, au solicitor Sharp, à toute la haute banque et à toute la chicane du Royaume-Uni. Les actes étaient rédigés, les témoins racolés, les machines à timbrer de Somerset House prêtes à fonctionner. Herr Schultze s’était rendu. Mis par ledit Sharp au pied du mur, il avait pu s’assurer en frémissant qu’avec un adversaire de moins bonne composition que le docteur Sarrasin, il en eût été certainement pour ses frais. Ce fut bientôt terminé. Contre leur mandat formel et leur acceptation d’un partage égal, les deux héritiers reçurent chacun un chèque à valoir de cent mille livres sterling, payable à vue, et des promesses de règlement définitif, aussitôt après l’accomplissement des formalités légales. Ainsi se conclut, pour la plus grande gloire de la supériorité anglo- saxonne, cette étonnante affaire. On assure que le soir même, en dînant à Cobden-Club avec son ami Stilbing, Mr. Sharp but un verre de champagne à la santé du docteur Sarrasin, un autre à la santé du professeur Schultze, et se laissa aller, en achevant la bouteille, à cette exclamation indiscrète :

     illustration de Leon Benett

    « Hurrah !… Rule Britannia !… Il n’y a encore que nous !… » La vérité est que le banquier Stilbing considérait son hôte comme un pauvre homme, qui avait lâché pour vingt-sept millions une affaire de cinquante, et, au fond, le professeur pensait de même, du moment, en effet, où lui, Herr Schultze, se sentait forcé d’accepter tout arrangement quelconque ! Et que n’aurait-on pu faire avec un homme comme le docteur Sarrasin, un Celte, léger, mobile, et, bien certainement, visionnaire ! Le professeur avait entendu parler du projet de son rival de fonder une ville française dans des conditions d’hygiène morale et physique propres à développer toutes les qualités de la race et à former de jeunes générations fortes et vaillantes. Cette entreprise lui paraissait absurde, et, à son sens, devait échouer, comme opposée à la loi de progrès qui décrétait l’effondrement de la race latine, son asservissement à la race saxonne, et, dans la suite, sa disparition totale de la surface du globe. Cependant, ces résultats pouvaient être tenus en échec si le programme du docteur avait un commencement de réalisation, à plus forte raison si l’on pouvait croire à son succès. Il appartenait donc à tout Saxon, dans l’intérêt de l’ordre général et pour obéir à une loi inéluctable, de mettre à néant, s’il le pouvait, une entreprise aussi folle. Et dans les circonstances qui se présentaient, il était clair que lui, Schultze, M. D. privat docent de chimie à l’Université d’Iéna, connu par ses nombreux travaux comparatifs sur les différentes races humaines — travaux où il était prouvé que la race germanique devait les absorber toutes —, il était clair enfin qu’il était particulièrement désigné par la grande force constamment créative et  destructive de la nature, pour anéantir ces pygmées qui se rebellaient contre elle. De toute éternité, il avait été arrêté que Thérèse Langévol épouserait Martin Schultze, et qu’un jour les deux nationalités, se trouvant en présence dans la personne du docteur français et du professeur allemand, celui-ci écraserait celui-là. Déjà il avait en main la moitié de la fortune du docteur. C’était l’instrument qu’il lui fallait.

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