• Emile Zola, le Laurent Obertone du XIXe siècle ?

    Si je dis qu'Emile Zola était peut-être bien le Laurent Obertone (dont je n'ai pas lu le livre "La France orange mécanique") de son époque, est-ce que je me fais lyncher ? Si je dis que j'ai aimé les livres de Zola, lorsque adolescente je lisais tous les Rougon-Macquart, affamée que j'étais de découvrir, d'en savoir plus, toujours plus sur la vie du temps passé, est-ce que je passe pour une sombre idiote ? Si je dis que d'avoir apprécié Zola à une période de ma vie - il faudrait que je le relise maintenant, 30 ans après - ne m'empêche pas d'adorer Henri Vincenot qui lui, ne pouvait pas voir Zola en peinture, cela fait-il de moi une instable ? Si je dis qu'il est toujours bon d'avoir les deux sons de cloche, et encore, deux, quel triste raccourci, est-ce que je me condamne d'office aux yeux des "tu dois choisir ton camp !" ? Si je dis que les discours sur la littérature, sur ce que doit être la littérature, me fatiguent au plus haut point - et ce même si mine de rien ils m'alimentent, la preuve par a plus b, ce billet -, est-ce que je passe pour une traîtresse ? Si je dis que non, décidément non, je ne peux en aucun cas gober ces paroles toutes plus avilissantes les unes que les autres sur un auteur que j'ai aimé, cela fait-il de moi une dégénérée ? Si je dis que finalement, toute écriture profane, quelle qu'elle soit, est toujours plus ou moins une forme de journalisme qui s'ignore, est-ce que je me fais clouer au pilori ? Et ce même si je pense qu'effectivement il y a des écrits plus profonds que d'autres.

    La subjectivité d'une personne (c'est donc aussi l'idéologie que véhicule une personne) est ce cadeau qu'un auteur nous offre au travers de ses lignes, quand bien même il se veut le plus objectif possible. C'est cela, pour moi, oser entrer dans un univers, c'est découvrir un point de vue, celui de cet autre qui n'est pas ce que je suis, tout en me ressemblant pourtant étrangement. Ensuite, tout dépend de sa richesse intérieure - ou de ses manques nous contraignant à creuser le sujet à sa place - et des échos que provoqueront ses mots en moi, ou pas.

    Zola, Vincenot, Obertone, ils témoignent tous d'une époque, que cela nous plaise ou pas, que la forme de leur écriture nous transporte ou reste au ras des pâquerettes. L'important à mes yeux, c'est ce que nous, lecteurs, nous faisons de cela. Si nous pouvons en faire quelque chose ou si cela reste lettre morte. 

    De plus, quelle est cette vilaine manie de vouloir à tout prix que tel ou tel autre auteur provoque obligatoirement un écho chez tout un chacun ? Comme si nous cheminions tous au même rythme, pour aller dans la même direction, et vivre la même destinée (non, je ne parle pas là de la mort, ça aussi c'est à mes yeux un raccourci un peu trop facile pour éliminer sans réfléchir ce qui éventuellement dérange, puisqu'à notre époque parler de destinée fait sourire). 

    D'où mon agacement sur les dénigrements d'un certain nombre d'auteurs - ici le cas Zola. 

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    Ajout du 06/09/2015, au sujet du dit Laurent Obertone : http://www.enquete-debat.fr/archives/affaire-obertone-les-masques-tombent-16318

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