• "Fidèle d'amour"

    Il est toujours amusant de constater combien les donneurs de leçons, les pseudos objecteurs de conscience - je vais les appeler comme ça -, ne se rendent pas compte, ne sont pas conscient, pour le coup, de combien ils nous parlent d'eux-mêmes et de leurs nombreux problèmes qu'ils jettent sur le dos d'autrui. (mais sans doute est-ce moi qui en prends de plus en plus conscience et non forcément l'inverse)

    On enseigne le mieux ce qu'on a le plus besoin d'apprendre. Toujours et encore.

    Non je ne renie pas du jour au lendemain mes fréquentations, mes amitiés, quelles soient virtuelles ou dans le monde dit réel. Je ne me sens nullement ridicule d'avoir posé des questions, échangé, avec telle ou telle autre personne sous le prétexte que j'ai mis de la distance avec cette personne. Car lorsque je mets de la distance avec quelqu'un, c'est parce qu'il y a eut un choc, quelque chose de douloureux, d'insupportable, que ce soit physiquement, intellectuellement ou psychologiquement. Mais cela ne me fait pas renier cette personne, en aucun cas. Et donc encore moins me sentir ridicule de quoi que ce soit. 

    Les bavardages d'autrui ne sont que des bourdonnements sans intérêt, sur ce point. 

    Et donc, ce qui m'amuse dans tout cela, c'est qu'une personne criant régulièrement au scandale après des abandons féminins dans une relation amoureuse (par exemple), s'évertue à la tuer symboliquement juste après, en lâchant un flot d'immondices sur la coupable - donc une forme de reniement, à mes yeux -, tout en plaçant haut la barre de la fidélité d'une union pour la vie en étant incapable de ne pas verser des horreurs (forme de reniement pour moi, j'insiste) sur elle.

    Là, toujours pour moi, serait le ridicule complet si je me comportais ainsi. 

    Se mettre à baver sans fin sur la prétendue traitresse, l'infâme nous ayant laissé là, à notre triste sort, sans jamais vraiment se demander au fond pourquoi elle a agit ainsi (ou sans le comprendre, tout du moins).

    Ce qui me saute aux yeux aujourd'hui, c'est donc cette particularité d'homme (dans mon exemple) donnant des leçons de "fidèle d'amour" pour la vie, et reniant à la première occasion, en rabaissant, en jetant l'opprobre sur celle qui a fait le choix de partir. Mais celle qui a fait ce choix là, qui a agit ainsi, peut très bien l'avoir fait par instinct de survie suite à une violence particulière, sans jeter à aucun moment tout un tas de saletés à la tête de celui dont elle s'est écarté. (je ne dis pas que c'est toujours le cas, je précise)

    Renier l'autre, à mes yeux, c'est penser laver de soi la tache de plus en plus sale que nous sommes soigneusement en train de mettre en place sur nous-même - donc s'illusionner sur l'objectif. C'est chercher à salir l'autre en s'avilissant soi-même un peu plus chaque seconde. 

    Cela est valable pour une relation amoureuse comme pour une relation amicale. 

    C'est aussi en cela que ce type de personne est incapable de concevoir une amitié profonde avec quelqu'un, suite à une rupture amoureuse avec cette même personne. La continuité est pourtant là, bien présente, de ce qui liait ces deux personnes. Un amour. Une tendresse. Une proximité. Cette continuité du fidèle d'amour. Deux âmes proches. 

     

    Note : tout ceci est un immense mélange de nombre de personnes qui mises les unes avec les autres - les histoires et réactions des uns et des autres - ont donné cette cogitation toute personnelle. 

    « Prohibition - Une expérience américaine L'écrivain »