• Hestia-Vesta, "la Dame de la Demeure"

                               Hestia-Vesta, "la Dame de la Demeure"

     (...) qu'est-ce que la Femme qui se tient en sa maison dans la plupart des contes ? - l'âme, en son corps physique, et l'Epoux qu'elle attend : l'esprit qui doit la féconder et dont elle devra mettre au monde l'Enfant... (...)

    La "Femme en sa demeure" était l'Ame en son temple, en son corps donc - car il faut bien savoir ce qu'était le "Temple" autrefois, dans les mystères : le corps physique de l'Homme, façonné par les dieux d'en haut depuis la périphérie de l'univers - et qui, chaque matin, redescendait en prendre possession : c'était l'âme, l'Isis, l'Eve céleste, oeuvre des dieux et d'en bas, de ces antiques puissances issues de l'ancien éon lunaire de la Terre et que l'ésotérisme ancien associait à Dionysos-Osiris, l'Epoux, l'Adam Kadmon des origines : l'esprit. Voilà ce qu'était autrefois la "Dame de la Demeure" dans les mystères : Notre-Dame... Et l'enfant qu'il lui appartient de porter en Elle et de mettre au monde fut Horous* l'Enfant, le Fils de l'Homme.

    * Ce que vous retrouverez toujours très scrupuleusement exprimé dans la symbolique des contes pour lesquels le corps est la Maison, la vitalité le Jardin, l'âme la Femme, et l'esprit l'Homme - images du corps physique, du corps éthérique, du corps astral et du Moi dans la représentation d'un ésotérisme issu du fond des âges et parfaitement universel.

    Hestia-Vesta, "la Dame de la Demeure"

    (...) Voilà ce qu'était l'Hestia pythagoricienne : la Gardienne du Foyer, celle qui portait en elle la Flamme-esprit des dieux, cette flamme du Je née du Ciel et que le Grec décrivait comme le don, le présent du Porte-Lumière prométhéen de l'Homme, artisan de sa Chute, mais aussi de sa liberté : Lucifer...

    C'était cela que l'on entendait par Hestia : ce que nous appelons aujourd'hui le corps astral purifié - l'Ame humaine en ce temps-là : le "Trône de Zeus" des Pythagoriciens, c'est à dire le pendant microcosmique de celui que Plotin nommait encore l'"Ame du Monde", soit de Zeus lui-même.

     

    Passages du livre de Jean-Yves Guillaume "Les runes et l'écriture des étoiles" 

    « La ChuteLes Runes, et le refus d'attacher le Verbe à la Matière »