• Hortus Deliciarum

    Hortus Deliciarum, le jardin des délices d'une fille de lumière. 

     

    Hortus Deliciarum

    La légende de Sainte Odile

    La vie de Sainte Odile, ou du moins sa légende, nous est connue grâce à un texte anonyme écrit peu avant 950. Son père, le duc d'Alsace Adalric, aurait préféré avoir un garçon, d'autant plus qu'Odile était née aveugle. C'en était trop pour le duc, qui décida de faire mourir cette enfant qui déshonorait sa famille. Mais Bereswinde, la femme d'Adalric, confia Odile à une nourrice qui l'éleva pendant douze ans, avant de l'envoyer au monastère de Balme (aujourd'hui Baume-les-Dames, situé entre Besançon et Montbéliard).

    L'enfant n'était pas encore baptisée par son oncle Saint Erhard. Or Saint Erhard, un moine irlandais et évêque d'Ardagh (Comté de Longford), itinérant en Bavière, eut une vision dans laquelle Dieu lui ordonnait de se rendre à Baume-les-Dames afin de procéder à ce baptême. Ce qu'il fit quelques jours plus tard et, au moment où l'huile sainte touchait les yeux d'Odile, celle-ci retrouva la vue.

    Le miracle fit grand bruit, mais ne calmait toujours pas Adalric. Loin de se réjouir, lorsqu'Odile revint le voir accompagnée de son frère Hugues, il se mit dans une telle fureur qu'il tua ce dernier. Plus tard, il se repentit et donna à Odile son château de Hohenbourg, qu'elle transforma en monastère. Le château étant construit sur une montagne, beaucoup de fidèles, notamment les malades, pouvaient difficilement y accéder. Odile fit construire pour eux un second établissement appelé Niedermünster, autrement dit le monastère d'en bas. On situe la date de la mort d'Odile vers l'an 720.

    Le site d'Hohenbourg est plus connu sous le nom de mont Sainte-Odile, qui reçoit chaque année des dizaines de milliers de visiteurs. Odile est la sainte patronne de l'Alsace. Sa fête était célébrée autrefois le 13 décembre, mais on a préféré la séparer de sainte Lucie, fêtée le même jour, d'autant que toutes deux étaient invoquées par les fidèles pour guérir les maladies oculaires.

    Le nom "Odile" veut dire "Fille de lumière".

    (Statue de Sainte Odile à l'église du Dompeter à Avolsheim - Alsace - source : Wikipédia

  • Magie & Sorcellerie

    Qu'était-ce donc, ce qui différenciait spécifiquement, dans l'esprit des Anciens, magie et sorcellerie, messe et magie cérémonielle ? La réponse est simple : Seule une connaissance de base de l'occultisme – à tout le moins de ses fondamentaux – permet de répondre à cela. Nous avions, d'ailleurs, approché de très près cette question dans un de nos précédents articles par le biais d'une définition très claire de Rudolf Steiner à propos de la différence entre l'Astrologie et Alchimie    :

    1. L'astrologie
    « Les anciens savaient que seuls les dieux, ou comme on les a appelés plus tard les Intelligences cosmiques connaissent les secrets du monde des étoiles. Les Intelligences cosmiques qui savent les secrets des étoiles peuvent, seules, nous les dire. C'est pourquoi il faut passer par le chemin de la Connaissance pour arriver à communiquer avec les Intelligences cosmiques. La vraie, la véritable Astrologie consiste à acquérir la possibilité de comprendre les Intelligences cosmiques.

    2. L'alchimie
    Et la véritable Alchimie ? La véritable Alchimie ne consiste pas à rechercher comme le fait le chimiste actuel, à expérimenter ou à réfléchir, elle consiste à percevoir les esprits de la nature dans les processus naturels, afin d'entrer en contact avec eux et de recevoir d'eux des renseignements sur le cours des phénomènes naturels.» (R. Steiner. Centres Initiatiques, 13ème conf., Genève, 1977, pp. 202-204).

    En d'autres termes, la différence entre Astrologie et Alchimie tenait tout entière dans ce qui distingue la sphère solaire des dieux, de la sphère démoniale lunaire des esprits de la nature – et il en allait de même de ce qui différenciait autrefois magie et sorcellerie. De même que l'astrologue s'entretenait avec les dieux et l'alchimiste avec les esprits de la nature, de même le mage entrait en relation avec ceux-là, et la sorcière avec ceux-ci. Et c'est aussi cette différence d'accès entre les plans solaire et lunaire – entre les mondes spirituel et astral donc – qui prédestina toujours plus l'homme à la magie que la femme, et inversement celle-ci à la sorcellerie. « Pour un sorcier, dix mille sorcières » écrivit Jules Michelet. A très peu d'exceptions près, en effet, celles que l'Antiquité reconnut comme magiciennes notoires furent, dans leurs activités, bien plus sorcières que magiciennes et toujours soumises à l'autorité divine ; le cas de Circé n'étant qu'un exemple. Nous pourrions en citer bien d'autres, et les faits le prouvent à l'évidence : Au mage le monde des dieux solaires, à la sorcière – bonne ou mauvaise – le plan démonial intermédiaire de la lune et de la nuit.

    La thèse qui prévaut aujourd'hui dans les cercles académiques, à de très rares exceptions près, c'est que ces arts occultes ne sont qu'esbroufe, imaginations d'esprits faibles et obnubilés, l'antique magie élucubration romanesque, et la sorcellerie fille attardée de la misère. Point final et trêve de billevesées, place à la "Science" ! aux psychiatres et autres analystes en psy, tout cela ne mérite pas qu'on s'y attarde... Pourtant, une connaissance plus approfondie du sujet ne permet pas de l'expédier aussi vite, comme s'il embarrassait et confrontait à ce que la bien-pensance déteste le plus : le supra-sensible dont la seule prise en compte risquerait de bousculer de fond en comble les belles assurances et le confort mental de la doxa officielle.

    La science spirituelle enseigne fort heureusement d'autres voies d'investigation plus sûres que ces limitations positivistes pour l'exploration de ces arts occultes. Le développement des facultés cognitives latentes existant en toute âme saine permet, en effet, de nouveau l'éveil aux mondes supérieurs (ce que l'on désigna toujours sous le nom d'Initiation). Rien de maudit là-dedans, seuls le courage, la patience et une bonne ouverture d'esprit suffisent à progresser pour peu que l'on accepte de s'astreindre à une méthode précise. Il faut seulement savoir qu'une certaine clairvoyance spirituelle atavique perdurait encore naturellement chez nombre d'hommes et de femmes jadis, au moins jusqu'au bas Moyen-Âge, voire plus tard. Ce que l'anthroposophie aide à réveiller de nos jours, le mage et la sorcière, à leurs niveaux respectifs, y atteignaient en ce temps-là bien plus facilement qu'aujourd'hui : la sorcière en éveillant sa conscience au monde astral lunaire, soit par atavisme inné, soit par le biais de certaines drogues ou onguents psychotropes ; le mage initié en élevant encore plus haut sa conscience jusqu'à la vision de ce qu'il est convenu d'appeler le monde spirituel pur, solaire et dégagé de toute sujétion passionnelle. En d'autres termes donc, la sorcière accédant à la connaissance et à la fréquentation de ces entités spirituelles infra-humaines que sont, entre autres, les esprits de la nature décrits par Paracelse (gnomes, ondines, sylphes et salamandres) dont elle recueillait un certain savoir ; le mage confirmé, lui, accédant en sus à ces entités spirituelles supra-humaines que sont notamment les hiérarchies angéliques décrites par Denys l'Aréopagite (anges, archanges, archées etc.). Telle était, en réalité, la différence réelle entre magie et sorcellerie – et non ces considérations psycho-sociologiques vides actuellement si prisées, et qui n'expliquent rien du tout.

    Nous venons de citer les mondes lunaire et solaire, en d'autres termes astral et spirituel, mais qu'est-ce à dire pour ceux qui ne sont pas au fait de ce qu'ils signifient ? Entre autres ceci : autant le monde spirituel est stable et sans confusion possible, vierge de mensonge et d'illusion ; autant la pénétration du monde astral expose à de multiples possibilités d'erreur et d'aberrations, étant par excellence le monde luciférien des enchantements, des chimères et de la féerie – vraie ou trompeuse. Et tout entraîne à s'y perdre pour qui ne s'est pas fermement discipliné à contrôler sa pensée et ses sentiments, et bien surtout à discriminer le vrai du faux, le bien du mal. Monde élémentaire éthérique des rêves en ses plus basses régions, il est aussi ce domaine inversif dont nous avons déjà parlé, où tout se révèle en son contraire, où le fleuve remonte vers sa source, où le temps s'inverse, où la couleur se révèle en sa complémentaire etc. C'est également ce plan de l'animique et des métamorphoses où les sentiments les plus divers se projettent sous forme d'entités animales, belles ou hideuses, et de même les âmes. C'est donc là le champ d'activité privilégié de la sorcière au Sabbat.

    Car bien naïf qui s'imaginerait trouver sur le plan physique le vrai Sabbat si bien décrit par Goethe en son Faust. Car c'est en pleine catalepsie que la sorcière s'évadait de son corps, tandis que sa forme astrale se réunissait,  en quelque sorte in spiritu à ses congénères – sur le Mont – non à travers la cheminée sur un balais ou sur un bouc, mais sur ses propres représentations mentales érotiques en tout premier lieu.

    Faust dansant avec une jeune :
    « Hier, un aimable mensonge
    Me fit voir un jeune arbre en songe,
    Deux beaux fruits y semblaient briller ;
    J'y montai : c'était un pommier. » 

    Magie & Sorcellerie

    La jeune sorcière :
    « Les deux pommes de votre rêve
    Sont celles de notre mère Ève ;
    Mais vous voyez que le destin
    Les mit aussi dans mon jardin... »

    « Poudre et robes, c'est ce qu'il faut
    Aux vieilles qui craignent la vue ;
    Pour moi, sur mon bouc je suis nue,
    Car mon corps n'a point de défaut. »

    Ce monde imaginal lunaire, premier niveau de l'Initiation, est donc ce qui précède l'ouverture de l'âme au monde spirituel solaire proprement dit dans lequel se reconnaissait la sphère d'activité par excellence du mage véritable.

    Magie & Sorcellerie

    Bien des mystères se rattachaient à ces connaissances – car il s'agissait bien de connaissances et non d'élucubrations fictives – entre autres, dans le Faust, cette apparente bizarrerie du démon Méphisto emprisonné dans un pentacle et dont beaucoup se gaussèrent. Ce n'en était pas moins pourtant une réalité occulte exacte témoignant des profondes connaissances de Goethe en la matière : car s'il faut un cube en 3 dimensions, un cachot bien clos pour enfermer un être physique, il suffit d'un simple signe en 2 dimensions, d'un simple pentagramme, par exemple, signature astrale de l'homme en ses quatre corps, pour enfermer une entité du monde astral. Ce même pentagramme renversé dans lequel le mage ou la sorcière reconnaissaient la tête du Bouc infernal.

    C'est, en effet, l'ambivalence du monde astral, champ d'activité conflictuel aussi bien des entités démoniques bonnes que démoniaques mauvaises, qui attacha jusqu'à nos jours cette inquiétante aura équivoque à la sorcière, équivoque parce que née de la conjugaison de l'ignorance et de l'inimitié de l'Église romaine soucieuse de préserver à tout prix son monopole spirituel. Car dès que l'on s'applique à débarrasser la sorcière de sa sulfureuse renommée c'est, en dernière analyse, dans le domaine chamanique européen que nous en relevons l'image la moins adultérée, sous les auspices de la déesse Hécate en Grèce et de la déesse Freyja dans le nord – cette déesse Vane, inspiratrice de l'art éminemment féminin du seiðr dont la fonction première était de dénouer les fils du Destin, du Wyrd, en vue d'assister le consultant dans son devenir – et force est de reconnaître en elle, avant tout, l'antique devineresse païenne : voyante, sibylle et pythonisse à la fois, sourcière autant que sorcière, femme sage autant que sage-femme avisée – malveillante éventuellement, c'est vrai, si pervertie ou dépravée – mais certes pas en tant que telle – faillible assurément comme il en est de l'humaine nature et avec tous les risques inhérents au champ lunaire instable de son activité.

    Quant au mage, initié de tradition solaire à l'exemple de la lignée des Zoroastre, de même qu'avec le cercle des Bodhisattvas orientaux, il se reconnaît dans des figures comme Orphée, Pythagore, Apollonios de Tyane, (...).

    Source : Magie & Sorcellerie


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    Photo de Dan Girard

    Le masculin a une vision dirigée vers le haut, il a à s'élever, à se transcender. Lui, cet élément lourd, pesant, doit tendre vers le haut pour s'extirper de l'apesanteur, du sol, de la terre.

    Note : L'élément masculin (le soufre en alchimie).

    Ainsi, à l'image d'un immense clou dont seule la pointe serait fichée dans la terre, le masculin porte son regard vers le haut sans jamais voir le dessus de ce clou mais en découvrant le ciel, l'espace infini.

    Le féminin, a une vision dirigée vers le bas, il a à se poser, à se fixer. Lui, cet élément fluide, volatil, doit tendre vers le bas pour s'ancrer, s'amarrer solidement.

    Note : L'élément féminin (le mercure en alchimie).

    Ainsi, à l'image d'un immense clou dont seule la pointe serait fichée dans la terre, le féminin porte son regard vers le bas, du côté de la matière, la nature, la terre, découvrant dans la foulée la tête du clou.

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    L'Homme, l'être humain, a en lui une part de féminin et une part de masculin. Le corps éthérique d'un homme est féminin, et le corps éthérique d'une femme est masculin. Ces deux parts sont complémentaires, elles permettent d'équilibrer l'humain. A la fois ancré au sol et la tête dans les étoiles, à plus ou moins fort dosage, selon chaque personne et selon s'il est un homme ou si elle est une femme.

    Qu'est-ce qui ancre le féminin ? Le masculin.

    Qu'est-ce qui élève le masculin ? Le féminin.

    Au final, tout être humain a à se transcender (mais plus encore les hommes que les femmes - c'est la légèreté/fluidité du féminin éthérique à l’œuvre) et à s'ancrer (mais plus encore les femmes que les hommes - c'est la pesanteur, le fixateur du masculin éthérique à l’œuvre).

    Les points de vue sont donc forcément différents, cela ne voulant pas dire que l'un est supérieur à l'autre.


  • "Dans la Rome païenne, du 4 au 10 avril, se tenaient les célébrations et les jeux en l’honneur de la Déesse Cybèle. Ces jeux portaient le nom de Ludi Magalenses. Jusqu’au 9 avril, les jeux étaient des mises en scène religieuses et théâtrales.

    Les Musiciens ambulants du culte de Cybèle, mosaïque de Dioscoride de Samos, IIe siècle av. J.-C., villa de Cicéron à Pompéi, Musée archéologique national de Naples.

    De grands banquets somptueux avaient lieu pendant lesquels nobles et citoyens festoyaient allègrement. Les esclaves n’étaient pas autorisés à participer à ces célébrations de Cybèle. On sacrifiait à la Déesse une génisse - voir aussi le taurobole : "Il est possible que le taurobole, loin d’être ce baptême sanglant, ait consisté en une castration de l’animal, rappelant l’émasculation d’Attis. Les vires (littéralement les « forces » (ce nom a été attribué aux cornes de l’animal, mais il s’agit plus probablement des testicules) étaient ensuite enterrés, peut-être sous l’autel." - qui n’avait connu ni le joug ni le mâle. Le 10 avril, la statue de la Déesse était portée en procession publique jusqu’au Circus Maximus. Là de grandes courses de chars suivaient les offrandes de fleurs faites à Cybèle."

    "Le 4 avril commençaient les jeux de Cybèle (ludi Megalenses) qui duraient jusqu'au 10, date de la fête de la déesse. Celle-ci portait divers noms : "la Grande Mère", "la Grande Déesse", "la Mère des dieux", "la Grande Mère des Dieux", "la "Grande Mère des Dieux, déesse de l'Ida (Magna Mater Deum Idaea)". C'est en fait une divinité orientale, originaire de Phrygie en Asie Mineure. En voici une courte présentation : Divinité orientale, Cybèle était une grande déesse-mère d'Anatolie, patronne de la nature, et responsable du bien-être de son peuple qu'elle protégeait sur tous les plans. Son culte se caractérisait (entre autres choses) par des états extatiques conduisant à des transes prophétiques et à de l'insensibilité à la douleur. À un certain moment, qu'il n'est pas facile de préciser, elle fut associée, dans le mythe et dans le culte, à un jeune amant, Attis, qui était émasculé. Le sanctuaire principal de Cybèle se trouvait en Phrygie, à Pessinonte, mais elle était aussi particulièrement honorée sur le Mont Ida. Son culte s'introduisit dans le monde grec (Grèce et Grande-Grèce) dès le VIe siècle a.C., sous des formes et des modalités diverses. Ainsi à Athènes, la construction d'un temple en son honneur (le Mètrôon) passait pour avoir expié les violences exercées à l'égard d'un de ses prêtres ambulants précipité par les Athéniens dans le ravin où l'on jetait les criminels. Quelques années plus tard, en 415 a.C., à Athènes toujours, un homme avait sauté sur l'autel des douze dieux pour s'y châtrer au moyen d'une pierre ; c'étaient là des violences contre nature qui répugnaient aux Grecs. En réalité, à Athènes, le service de la Mère des dieux était purement grec, et Cybèle fut généralement identifiée à Déméter ou à Rhéa. Les mythographes grecs en tout cas la considèrent souvent comme une simple incarnation (voire une simple "appellation") de Rhéa, mère de Zeus et des autres dieux, fils de Cronos. Cette identification sera très présente dans le texte d'Ovide. Quoi qu'il en soit, malgré cette présence ancienne dans le monde grec, Cybèle n'atteindra Rome que beaucoup plus tard, en 204 a.C. seulement, à l'époque de la guerre contre Hannibal, une période très sombre pour les Romains. Le culte fut romanisé, c'est-à-dire débarrassé au maximum des excès extatiques ; la déesse reçut sur le Palatin un temple qui ne fut achevé qu'en 191 a.C. Mais on reparlera au fil du texte de l'histoire de Cybèle à Rome."

     "Érato explique (...) que Cybèle, trop attachée à sa terre d'origine, n'avait pas quitté la Phrygie avec Énée après la chute de Troie. Mais lorsque, cinq siècles plus tard, les responsables romains, après consultation des Livres Sibyllins, réclamèrent la présence à Rome de la Grande Mère des dieux, Attale, roi de Phrygie selon Ovide, fut d'abord réticent, mais la déesse manifesta vigoureusement sa volonté de partir. Le roi finit par consentir à l'envoyer à Rome, les Phrygiens étant les ancêtres des Romains. (4,246-272)

    Commence alors un périple qui mènera Cybèle depuis les rives de la Troade, à travers les Cyclades, l'Égée, au large du Péloponnèse et de la Crète, etc... jusqu'en Italie. (4,273-290)."

    "Enfin l'auto-mutilation des servants de Cybèle trouve son origine dans la légende d'Attis, ce tout jeune homme dont s'éprit la déesse, qui l'attacha à son service, exigeant de lui une sorte de voeu de chasteté. Mais Attis ayant fauté avec la nymphe Sagaritis, la déesse fit mourir la nymphe, et Attis, pris de folie, se mutila pour se punir, folie que reproduisent encore les servants de Cybèle. (4,221-246)"

    "Porte Capène (4,345). C'est une porte dans l'enceinte servienne, au sud de la Ville, entre l'Aventin et le Célius. Quoi qu'il en soit de ce dernier détail topographique, la déesse fut introduite dans le pomerium et, dès 191 a.C., elle eut son temple sur le Palatin. Honneur inhabituel pour une divinité orientale, mais qui s'explique par la légende de l'origine troyenne des Romains : Cybèle, phrygienne comme Énée, n'était pas perçue comme une divinité étrangère. En réalité, la présence de Cybèle gênait quelque peu les Romains qui se défiaient des aspects extatiques de son culte. Cela explique que ce culte resta pour l'essentiel confiné dans le temple du Palatin, et que son sacerdoce, interdit aux citoyens romains, fut réservé à des prêtres phrygiens, les Galli, émasculés à l'imitation d'Attis. Bien sûr, il y avait les jeux, les ludi Megalenses (ou Megalensia ou Megalesia), qui commémoraient chaque année (du 4 au 10 avril) l'anniversaire de son arrivée à Rome, mais eux n'inquiétaient pas, car ils se déroulaient "à la romaine", comme beaucoup d'autres jeux. La sortie de rares processions aussi était autorisée : quelques jours par an pour aller quêter dans les rues, et le 4 avril pour le bain de Cybèle dans l'Almo, un petit affluent du Tibre. Ces sorties frappaient davantage les imaginations romaines, car elles heurtaient les traditions par la violence de la musique, des danses et des chants, par le mysticisme aussi qui conduisait les adeptes à s'infliger des blessures volontaires, pouvant aller jusqu'à l'émasculation. Les textes de Catulle (Pièce 63), de Lucrèce (2, 598-643) et d'Ovide (4, 179-372), traduisent bien l'étonnement et la surprise des Romains. Bref, sous la République et à la période augustéenne, le culte de Cybèle restait sous très haute surveillance. Il faudra attendre l'Empire, notamment Claude et Antonin, pour qu'il se libéralise, pour qu'Attis soit officiellement admis, et pour voir le sacerdoce de Cybèle et d'Attis ouvert aux citoyens romains."

    Attis enfant coiffé d'un bonnet phrygien, Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France.

    "Attis (4,223). L'origine et le signalement originel d'Attis ne sont pas nets. Il semble que ce soit un dieu importé en Phrygie par des tribus d'origine thrace avant 600 a.C. et que son culte comportait des danses et des rites orgiastiques. Même si les rapports d'Attis avec Cybèle ont pris dans la suite beaucoup d'importance, ils apparaissent comme une donnée secondaire, sur le plan chronologique. En effet, il ne semble pas qu'à l'origine, la déesse de Pessinonte avait un dieu parèdre. Comme l'écrit R. Turcan, "quantité d'images qui nous la montrent seule et les versions helléniques, même relativement tardives, qui ignorent ou minorent le culte d'Attis, semblent bien supposer une sorte de monothéisme métroaque (culte à Cybèle) initial". Mais le fait est que dans la plupart des situations historiques qui nous sont familières, Cybèle et Attis sont associés. Dès son arrivée à Rome en 204 a.C., Cybèle était accompagnée d'Attis, mais il faudra des siècles avant que le culte de ce dernier ne soit reconnu dans la Ville. Quoi qu'il en soit, beaucoup de légendes couraient sur son compte, avec de nombreuses variantes. Ovide va en présenter une ; on en trouvera d'autres, notamment chez Arnobe (Contre les Gentils, 5, 5) et chez Tertullien (Ad nationes, 1, 10)."

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    Sources : "Les fastes" d'Ovide et "La religion romaine archaïque" de Georges Dumézil (d'après quelques lignes trouvées sur le net).

    Voir également Cybèle et Megalesia (Ludi Magalenses) sur Wikipédia.

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    "Au travers de ces différentes restrictions imposées par les autorités romaines, se révèle un conflit très ancien, une opposition religieuse et culturelle qui connût son grand tournant pendant la deuxième moitié du néolithique: cet affrontement est probablement celui qui à l'origine opposa la vision solaire et héroïque des Indo-Européens, à celle lunaire et chtonienne des peuples antérieurs aux Indo-Européens issus du néolithique ancien. À une époque où les Romains ne s'étaient pas encore étendus comme ils le firent par la suite, les valeurs religieuses ouraniennes et solaires héritées de leurs ancêtres indo-européens, étaient encore celles qui prédominaient dans la société romaine. Ces valeurs sont celles que défend Rome face aux prêtres de Cybèle et de leurs rites venus du plus profond du néolithique. L'identité et l'âme même du peuple romain devaient être défendues afin qu'elles ne soient pas menacées par le culte "exotique" de Cybèle. Le brassage des cultures dont fut victime plus tard l'empire romain, fut une des raisons qui mena Rome à sa perte. Certains apports culturels étrangers sont souvent un enrichissement pour une nation. Par contre, lorsque ceux-ci deviennent excessifs, on ne peut plus parler "d'apports" mais plutôt de conquête par l'intérieur, ce qui génère une dissolution complète de l'identité propre. "

    Source


  • Voir aussi La Vouivre : énergie tellurique

     


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  • L'effet miroir

     Andrew Gonzalez

    "Nous savons que nous créons notre réalité à chaque instant, en fonction de la vibration que nous émettons, de l’énergie que nous avons – raison pour laquelle les « victimes » attirent toujours les « bourreaux », et raison pour laquelle, finalement nous trouvons toujours d’un point de vue extérieur, que les couples qui nous entourent se ressemblent, ils ont bien souvent la même énergie (positive ou négative) (« qui se ressemble s’assemble »). (...)
    Nous sommes tous ici sur Terre pour comprendre que nous créons notre réalité. La chance et la malchance n’existent pas. Nous sommes de puissants créateurs à chaque instant, par toute vibration et énergie que nous émettons (à travers nos paroles, nos actes et nos pensées). Chaque relation est donc le reflet parfait de la vibration dans laquelle nous sommes. Chaque relation est donc le reflet parfait de ce que nous pensons de nous-même. Chaque relation est donc le reflet parfait de notre niveau d’amour de soi. Et chaque relation est la relation parfaite qu’il nous fallait pour comprendre ce que nous avions à comprendre, tout simplement parce que chaque relation est le miroir le plus puissant dans lequel nous puissions nous regarder. (...)

    Combien de femmes restent en couple avec un homme qui ne les considèrent pas à leur juste valeur, qui ne les comprennent pas, qui les sous-estiment, qui ne les valorisent pas, qui ne se rendent pas compte de qui elles sont réellement, de leur potentiel, de ce qu’elles apportent au monde ou ne serait ce que de ce qu’elles font pour leur famille ? Alors pourquoi se sont-ils attirés ? Tout simplement parce que l’homme correspond à ce que cette femme pense d’elle-même : ELLE ne se considère pas à sa juste valeur, ELLE se sous-estime, ELLE ne se valorise pas, ELLE ne se rend pas compte de qui elle est… alors elle ne peut attirer qu’un homme qui est le reflet de ses propres pensées… (et inversement pour un homme avec une femme qui ne l’estime pas, elle est le reflet de ce qu’il pense de lui-même et de la relation qu’il a avec lui-même).

    (...) la qualité de notre relation est le reflet de la qualité de nos pensées envers nous-même et envers le monde… (...)

    Rien de plus beau que deux êtres qui s’unissent pour s’élever mutuellement. Mais encore une fois, pour cela, il faut que les deux aient leur propre monde intérieur, afin d’avoir quelque chose à offrir à l’autre, de quoi nourrir l’autre spirituellement, afin que la relation ne se ternisse pas rapidement comme c’est le cas de la plupart des relations effectuées dans le seul but de se combler ou de « trouver quelqu’un » coûte que coûte."

    Source (texte dans son intégralité) : Quel est le but spirituel des relations amoureuses

    Voir également sur le même site : Pourquoi chaque homme doit s'éveiller au "masculin sacré" et Pourquoi chaque femme doit s'éveiller au "féminin sacré"

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    Sur les vibrations :

    Voir également-  d'où est extraite la vidéo ci-dessus - Mondes intérieurs, Mondes extérieurs


  • Liberatore Tanino

    Voilà ce qui à mes yeux est une femme complète. Elle est femme, femelle, ayant au plus profond d'elle son homme, son mâle, celui qui bande en la voyant - d'où l'importance de se plaire à soi-même - et ne repousse pas cette animalité qui les unie. Celui qui la guide après l'avoir vaincu au cours d'un rude combat.

    Or si ce chemin intérieur n'est pas fait, il y a peu de chance que cela puisse se faire à l'extérieur ? car sur un autre plan, dans la relation homme/femme, il y a ceci :

    "Weininger, enfin, a proposé une véritable formule pour le fondement premier de l'attraction sexuelle. Partant précisément de l'idée que lorsqu'on prend comme critères l'homme absolu et la femme absolue, il y a en général de l'homme dans la femme et de la femme dans l'homme, il estime que l'attraction maximale s'éveille entre homme et une femme ainsi faits que si l'on additionne les parts de masculinité et de féminité présentes chez l'un et l'autre, on obtient comme total l'homme absolu et la femme absolue. Par exemple, un homme aux trois quarts masculin (yang) et féminin pour un quart (yin), trouvera son complément sexuel naturel, par lequel il se sentira irrésistiblement attiré et au contact duquel un magnétisme intense se développera, dans une femme masculine pour un quart (yang) et féminine aux trois quarts (yin) : précisément parce qu'on retrouverait, avec la somme des parties, l'homme absolu entier et la femme absolue entière." (extrait de Métaphysique du sexe)

    Sauf que, pourquoi une femme se sentant complète ressentirait-elle le besoin d'aller chercher son complément à l'extérieur ? puisque se suffisant à elle-même. Là est pour l'instant mon questionnement.


  •  Le Désir du mystique

     Dans les voies héroïque et chevaleresque d'Occident et à travers toute la mystique, le Désir apparaît essentiel et se trouve exalté : il est le feu de la quête, une énergie magnifique et salvatrice qui pousse à s'aventurer, explorer, créer, aimer. Il serait dommageable et ridicule de contenir ou de détruire cette flamme de vie, il s'agit plutôt de l'orienter et de l'affiner : c'est le désir de sagesse, de beauté, de grandeur, d'absolu qui arrache l'homme à sa condition mortelle et lui rappelle sa vocation divine.

    Au Moyen Age, plus précisément, le désir correspond au libre arbitre dont dispose toute créature humaine face aux événements et à son destin. Si la convoitise réduit les êtres et choses à l'état d'objets, le désir fait de celui qu'il anime un sujet souverain, conscient et responsable de son histoire, non plus livré aux caprices de Fortune ou à l'influx des astres. Le verbe « désirer » vient en droite ligne du latin de-siderare qui signifie « s'arracher à l'influence des astres », autant dire exercer sa pleine liberté. (...)

    Le vif désir qu'expriment les mystiques leur permet d'outrepasser les limitations humaines et les rend à même de recevoir - non de posséder jalousement - toutes les richesses du ciel, toutes les faveurs d'Amour. Aussi faut-il, sur un plan spirituel, désirer grandement et même infiniment. « Je veux tout », déclare Hadewijch bien avant Jean de la Croix. (...) Le mystique se sait attendu au festin des noces et son désir est d'y prendre place, d'honorer l'Hôte divin et jouir de sa présence.

    Passages du livre de Jacqueline Kelen "Hadewijch d'Anvers"

    Voir aussi : L'élue et son amour de l'Absolu et La véritable charité ne dérobe pas à autrui sa liberté


  •  Dionysos le "Deux fois né"

     Dionysos et son thiase, médaillon d'un kylix du Peintre de Brygos, vers 480 av. J.-C., Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France.

     

    Dionysos le "Deux fois né", synthèse du mythe et sa signification

     L’EXORCISTE
    Le culte de dionysos n’est pas encore tout à fait expliqué. Le dieu associé à Apollon est comme lui un libérateur, mais par d’autres voies, et d’autres contraintes. Dionysos est exorciste.

    · Il délivre de l’insatisfaction de soi-mê
    me, de ses désirs cachés, de ses faiblesses inavouables, de ses virtualités, de ses regrets. Il a fait don à l’homme de deux remèdes : le théâtre et l’ivresse, ivresse de l’aventure, de l’amour, de la vie.

    · Il apaise « La torturante pensée d’être promis à disparaître », en permettant à ses fidèles de s’unir à lui, et de s’assimiler sa divinité conquise ; il leur donne la certitude d’un au-delà. Dionysos est enthousiasme (Dieu en nous).

    Dionysos hégémôn a une fonction collective : il préside à l’organisation des hommes en société, et à celle de l’État. Son rôle se confond alors avec celui d’Apollon, ou de Zeus polieus. Mais Dionysos est celui qui conduit les hommes individuellement : il leur dicte une conduite, et les inspire. L’ivresse dionysiaque a des liens avec l’inspiration artistique : musique, littérature, chant, danse dérivent en grande partie du culte dionysiaque ; et surtout ce qui touche au théâtre. Acteurs et auteurs se groupaient à Athènes sous le nom d’artistes dionysiaques.

    Dieu libérateur :
    Il libère l’homme de ses fantasmes, de ses aliénations : il le fait par l’imagination, et l’inspiration.

     

    Pour en savoir plus : http://philo-lettres.fr/grec/dionysos.htm





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