•  Le jardin de la connaissance

    ‘’Mais ni l’un ni l’autre, ils ne trouvaient le secret de la vie. C’était elle, bien sûr, l’image qui lui était apparue pendant son voyage ; ils ne formaient véritablement qu’un seul être, et ce qui était en lui était aussi en elle, mais parcouru, chez lui, du frisson de l’infamie, de la souffrance et du trouble de la vie, alors qu’en elle les mêmes choses revêtaient l’impassibilité de l’œuvre d’art ; il appartenait au temps, elle, à l’éternité ; ou encore, il était sa vie, à elle, alors qu’elle était sa mort, à lui, et cette vie et cette mort étaient profondément conjointes. (…)

    A un frisson qui les parcourut, ils surent tous deux qu’il avait dit la vérité (…).’’

    C’est issu du livre ‘’Le jardin de la connaissance’’ de Leopold Andrian.


  • Le jardin alchimique

     

    "Le Retable kabbalistique-alchimique dans une petite église dans la ville de Bad Teinach proximité Calw en Allemagne, est, je crois, de la plus grande valeur ésotérique." (traduction google chrome...)

    Source : http://www.alchemywebsite.com/bad_teinach.html


  • Ibn Sina (Avicenne)

                                                                                                    Ibn Sina (Avicenne)

    Première Intelligence

     L'essence, pour Avicenne, est non-contingente. Pour qu'une essence soit actualisée dans une instance (une existence), il faut que cette existence soit rendue nécessaire par l'essence elle-même. Cette relation de cause à effet, toujours parce que l'essence n'est pas contingente, est inhérente à l'essence elle-même. Ainsi il doit exister une essence nécessaire en elle-même pour que l'existence puisse être possible : l'Être nécessaire, ou encore Dieu ; Cet Être crée la Première Intelligence par émanation.
    Cette définition altère profondément la conception de création : il ne s'agit plus d'une divinité créant par caprice, mais d'une pensée divine qui se pense elle-même ; le passage de ce premier être à l'existant est une nécessité et non plus une volonté. Le monde émane alors de Dieu par surabondance de Son Intelligence, suivant ce que les néoplatoniciens ont nommé émanation: une causalité immatérielle. 

     

    La création

    C'est de cette Première Intelligence que va procéder la création de la pluralité. En effet,
    La Première Intelligence, en contemplant le principe qui la fait exister nécessairement (c'est-à-dire Dieu), donne lieu à la Deuxième Intelligence.

    La Première Intelligence, en se contemplant comme émanation de ce principe, donne lieu à la Première Âme, qui anime la sphère des sphères (celle qui contient toutes les autres).
    La Première Intelligence, en contemplant sa nature d'essence rendue possible par elle-même, c'est-à-dire la possibilité de son existence, crée la matière qui emplit la sphère des sphères, c'est la sphère des fixes.
    Cette triple contemplation instaure les premiers degrés de l'être. 

     

     L'Ange

    La dixième intelligence revêt une importance singulière: aussi appelée intellect agent ou l'Ange, et associée à Gabriel dans le Coran, elle se situe si loin du Principe que son émanation éclate en une multitude de fragments. En effet, de la contemplation de l'Ange par lui-même, en tant qu'émanation de la neuvième intelligence, n'émane pas une âme céleste, mais les âmes humaines. Alors que les Anges de la Magnificence sont dépourvus de sens, les âmes humaines ont une imagination sensuelle, sensible, qui leur confère le pouvoir de mouvoir les corps matériels.
    Pour Avicenne, l'intellect humain n'est pas forgé pour l'abstraction des formes et des idées. L'homme est pourtant intelligent en puissance, mais seule l'illumination par l'Ange leur confère le pouvoir de passer de la connaissance en puissance à la connaissance en acte. Toutefois, la force avec laquelle l'Ange illumine l'intellect humain varie:
    Les prophètes, inondés de l'influx au point qu'il irradie non plus seulement l'intellect rationnel mais aussi l'imagination, réémettent à destination des autres hommes cette surabondance;
    D'autres reçoivent tant d'influx, quoique moins que les prophètes, qu'ils écrivent, enseignent, légifèrent, participant aussi à la redistribution vers les autres;
    D'autres encore en reçoivent assez pour leur perfection personnelle;
    Et d'autres, enfin, si peu qu'ils ne passent jamais à l'acte.
    Selon cette conception, l'humanité partage un et un seul intellect agent, c'est-à-dire une conscience collective. Le stade ultime de la vie humaine, donc, est l'union avec l'émanation angélique. Ainsi, cette âme immortelle confère, à tous ceux qui ont fait de la perception de l'influx angélique une habitude, la capacité de surexistence, c'est-à-dire l'immortalité.
    Pour les néo-platoniciens, dont Avicenne fait partie, l'immortalité de l'âme est une conséquence de sa nature, et pas une finalité.

     

    Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Avicenne


  •  Voilà ce que furent les Runes anciennes : les Signes-archétypiques abstraits, les formes structurelles immobiles et glacées - mortes - de ce que les voyants d'autrefois voyaient encore vivre en de puissantes images astrales, et dont ils percevaient même, pour certains, les résonnances prodigieuses. Tout ce à quoi les Druides et les Throtts scandinaves eurent accès, des siècles durant, de par cette connaissance luni-solaire si pure qu'ils surent puiser à la source même des choses et de cet Odhroerir inoui dont ils avaient le secret.

    (...) ces formes aujourd'hui glacées de givre et muettes, tout cela vivait autrefois pour le Druide et le Thrott d'une frémissante et prodigieuse Métamorphose, et qui se serait détourné de cet univers en pleine puissance au point d'en fixer arbitrairement les formes en signes abstraits quelconques aurait à coup sûr passé pour plus enclin à tuer la vie qu'à la préserver, et comme tel plus pour un possédé des forces de mort que pour un fils de la lumière : de là l'horreur fameuse et l'interdit que les Druides jetèrent sur l'Ecriture, sur cette écriture abstraite dont ils savaient qu'elle introduirait un jour le germe de mort en l'homme - le développement de son intelligence - et par voie de conséquence le dessèchement progressif de ses facultés de perception spirituelle. (...)

    Car lorsqu'un homme traçait une Rune en ce temps-là, il savait qu'en imprimant ainsi la forme au plan physique, il en introduisait aussi l'idée comme une lumière au plan astral et comme un son vivant son verbe au plan spirituel, et que celui-ci s'inscrivait alors en acte au plan divin du plus élevé des quatre mondes. (...) Toute magie runique, qu'elle eût été blanche ou noire, procédait de la connaissance occulte de cette loi qui veut que chaque acte (initiatiquement) commis au plan physique ait sa répercussion simultanée dans les trois mondes supérieurs.

    (...) En d'autres termes de faire descendre la pensée - qui jusqu'alors n'était que "lumière" et "vie" - jusqu'au monde physique, jusqu'aux "ténèbres" de la matière, c'est à dire jusqu'au Minéral et jusque dans la Mort : Voilà ce que les Druides et les Throtts s'efforcèrent au maximum d'épargner à l'homme : la fixation de ses facultés mentales et spirituelles dans la Matière. Voilà la véritable raison de cet interdit si sévère qu'ils jetèrent sur l'Ecriture - en particulier pour la rédaction des textes sacrés : le refus d'attacher le Verbe à la Matière (en caractère gras dans le texte), le refus de geler le son vivant dans le physique, autrement dit de couper l'homme définitivement de la source vitale de l'Odhroerir céleste.

    Passages du livre de Jean-Yves Guillaume "Les runes et l'écriture des étoiles"

     

    Un lien intéressant pour creuser le sujet sur les runes (avec quelques mots de Jean-Yves Guillaume) : http://racines.traditions.free.fr/runes8ca/index.htm


  •                            Hestia-Vesta, "la Dame de la Demeure"

     (...) qu'est-ce que la Femme qui se tient en sa maison dans la plupart des contes ? - l'âme, en son corps physique, et l'Epoux qu'elle attend : l'esprit qui doit la féconder et dont elle devra mettre au monde l'Enfant... (...)

    La "Femme en sa demeure" était l'Ame en son temple, en son corps donc - car il faut bien savoir ce qu'était le "Temple" autrefois, dans les mystères : le corps physique de l'Homme, façonné par les dieux d'en haut depuis la périphérie de l'univers - et qui, chaque matin, redescendait en prendre possession : c'était l'âme, l'Isis, l'Eve céleste, oeuvre des dieux et d'en bas, de ces antiques puissances issues de l'ancien éon lunaire de la Terre et que l'ésotérisme ancien associait à Dionysos-Osiris, l'Epoux, l'Adam Kadmon des origines : l'esprit. Voilà ce qu'était autrefois la "Dame de la Demeure" dans les mystères : Notre-Dame... Et l'enfant qu'il lui appartient de porter en Elle et de mettre au monde fut Horous* l'Enfant, le Fils de l'Homme.

    * Ce que vous retrouverez toujours très scrupuleusement exprimé dans la symbolique des contes pour lesquels le corps est la Maison, la vitalité le Jardin, l'âme la Femme, et l'esprit l'Homme - images du corps physique, du corps éthérique, du corps astral et du Moi dans la représentation d'un ésotérisme issu du fond des âges et parfaitement universel.

    Hestia-Vesta, "la Dame de la Demeure"

    (...) Voilà ce qu'était l'Hestia pythagoricienne : la Gardienne du Foyer, celle qui portait en elle la Flamme-esprit des dieux, cette flamme du Je née du Ciel et que le Grec décrivait comme le don, le présent du Porte-Lumière prométhéen de l'Homme, artisan de sa Chute, mais aussi de sa liberté : Lucifer...

    C'était cela que l'on entendait par Hestia : ce que nous appelons aujourd'hui le corps astral purifié - l'Ame humaine en ce temps-là : le "Trône de Zeus" des Pythagoriciens, c'est à dire le pendant microcosmique de celui que Plotin nommait encore l'"Ame du Monde", soit de Zeus lui-même.

     

    Passages du livre de Jean-Yves Guillaume "Les runes et l'écriture des étoiles" 


  •  La Chute

                                           La reine du ciel - tiré d'un traité d'alchimie du XVIIe s. "La sagesse hermétique"

    Cette séparation physiologique des sexes consécutive à la descente des âmes humaines dans la Matière, c'est cela qu'on appelle la "Chute" en ésotérisme et le "péché originel" en théologie - le mystère de la pénétration de l'âme dans le monde d'"en-bas", dans le monde physique - et tout ce qui s'ensuivit. (...)

    Cette chute, cette "précipitation" de la substance spirituelle dans la matière, pour reprendre une expression chère aux alchimistes médiévaux, c'est ce qu'une certaine théologie décrit comme le Péché Originel : la chute inexorable dans l'Annwm, dans l'"abîme" de la matière et des ténèbres où se trouve aujourd'hui plongé l'esprit de l'Homme - et c'est de cette "Chute", de cette confrontation progressive avec la réalité du Mal qu'il lui appartient de forger sa liberté morale et d'en enrichir un jour ce plérome spirituel d'où il est descendu. Cette remontée, ce retour à Dieu, pour employer une image chère à Plotin, c'est ce que l'occultisme a toujours décrit comme la rédemption progressive des âmes humaines au cours des trois prochaines métamorphoses de la Terre en ses trois futurs éons jupitériens, vénusiens et vulcaniens. Alors se trouveront accomplies les destinées de la Terre et l'Homme aura conquis sa nature angélique ou ce que saint Paul appelle encore son futur corps de Résurrection ; il aura transmuté la Matière en Esprit, le Plomb saturnien des origines en Feu spirituel pur - il se sera forgé lui-même sous le regard des dieux.

    Passages du livre de Jean-Yves Guillaume "Les runes et l'écriture des étoiles"


  •                                                         Le forgeron du corps éthérique de l'Homme

                                                    La forge de Vulcain, par Theodore van Thulden.

    Car cette plongée de Vulcain, cette "chute" dans la Matière, ce fut aussi celle de l'Homme : Née du feu "sur" l'ancien Saturne igné, l'âme humaine partage l'inertie du Minéral en recevant les premiers germes de ce qui deviendra plus tard son corps physique ; sur l'ancien Soleil gazeux, elle partage la vie du Végétal en recevant son corps éthérique ; sur l'ancienne Lune fluide, elle partage la sensibilité de l'Animal en recevant son corps astral, et sur la Terre solide enfin, l'esprit, le Moi qu'elle reçoit la sépare définitivement de l'animal et la fait pleinement Homme.
    C'est cela la "Chute" : Une chute au travers des quatre éléments du physique - du feu jusqu'à la terre - au plus profond des ténèbres - car la Matière c'est la Ténèbre, et les Ténèbres, ce sont celles du monde des sens, le seul endroit où l'Homme puisse acquérir un jour ce pour quoi il y est descendu : la Liberté, ce libre choix d'opter entre le bien et le mal, qui ne s'acquiert que sur Terre et que les dieux ne connaissent pas : C'est cette "Épée" que Vulcain reçut pour mission de forger en l'Homme - ici-bas - pour que celui-ci l'arrache un jour de ce Rocher qu'est la Terre et la ramène aux dieux...
    La remontée de l'Homme vers les dieux, est la réintégration du boiteux dans l'Olympe - au travers des trois prochains éons - jusqu'au futur Vulcain. Alors l'Homme aura rempli sa mission.

    Passage du livre de Jean-Yves Guillaume "Les runes et l'écriture des étoiles"


  •  

    Raphaël (1483-1520), Étude de la sibylle phrygienne, 1511-1512, pour la peinture murale des quatre Sibylles, chapelle Santa Maria della Pace à Rome, Bristish Museum, Londres.

     "Il me revient avoir dit ici, à propos de la femme, "qu'étant moins incarnée que l'homme, et moins musculaire, elle fut toujours plus facilement accessible au spirituel, ainsi, que le montre l'utilisation préférentielle des sibylles et autres pythonisses dans l'Antiquité. Ce qui les conduisit souvent, du reste, ajoutais-je, au bûcher..." (...) 

    Si l'on veut bien, donc, admettre, avec les Anciens, comme avec certains des meilleurs Instructeurs contemporains, que la corporéïté humaine ne se résume pas au corps de chair, mais bien à quatre éléments dont trois suprasensibles:

    1° Je (esprit)
    2° Corps astral (âme)
    3° Corps éthérique (vital)
    4° Corps physique (charnel)

    Il devient alors possible de préciser un certain nombre de choses, en particulier que si chez l'homme prédominent le corps physique, le corps astral et le "Je", ce sont, chez la femme, le corps éthérique, le corps astral et le "Je" qui sont dominants. (...)
     

                                                 Kouros kroisos, 6e siècle av J.-C, Grèce, Athènes, musée national Archéologique.

    * "Rappelons ici que le corps éthérique masculin est femelle, et mâle le corps éthérique féminin, d'où l'attirance mutuelle et la sexualité."

    Source : http://spfc441.blogspot.fr/2008/12/lhomme-la-femme.html

  • « Il convient de tenir encore compte d’une chose : le principe masculin et le principe féminin collaborent pour que l’humanité se reproduise. Si le principe féminin était prédominant, ce sont les caractères de la race, caractères d’uniformité, qui se reproduiraient continuellement : l’enfant ressemblerait toujours aux parents, grands-parents. Tout ce qui produit la ressemblance dérive du principe féminin. Tout ce qui crée une différence se rattache au principe masculin. Si le principe féminin l’emportait, vous ne pourriez distinguer les hommes les uns des autres; si seul le principe masculin agissait, vous ne pourriez jamais reconnaître un type de race dans un même groupe d’hommes. Ce qui relève du peuple repose donc sur l’élément féminin ; et par conséquent sur lui aussi ces [anciennes] forces magiques [autrefois] attachées aux liens du sang. (…) L’élément de conformité qui tend à rapprocher les hommes les uns des autres est transmis par le principe féminin, tandis que le principe masculin transmet ce qui fait de l’homme un moi individuel sur la terre. (…) Là où le corps éthérique et le corps astral se pénètrent règne l’élément maternel, et là où le Moi habite le corps physique s’exprime le principe du “père“. C’est-à-dire : dans tout ce que nous avons en commun avec les autres hommes de notre race, la vie de nos pensées, notre philosophie, notre sagesse, vit l’élément féminin ; dans tout ce qui naît de l’union du moi et du corps physique, dans la forme par laquelle nous exprimons notre personnalité, notre moi, agit l’élément masculin. Les anciens sages qui savaient cela avaient donc dû avant tout exiger des hommes qu’ils se fissent une idée claire des rapports unissant leurs corps éthérique et astral avec le corps physique et le moi; c'était prendre conscience en soi des éléments paternel et maternel. Car en dehors de la mère physique, on porte en soi un principe maternel, de même qu’on possède l’élément du père en dehors du père qui vit sur le plan physique. » (Rudolf Steiner, GA 112)

     




    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique