• Hortus Deliciarum

    Herbert James Draper 


    Quand de nos jours on entend tant d'hommes effrayés s'écarter des femmes en disant : << elles veulent tout !...>> on mesure la perte de leur autonomie et de leur exigence : comme si les hommes n'avaient pas envie d'être grand pour eux-mêmes, au lieu d'obéir à l'injonction des femmes ; et comme si le fait de vouloir tout, de rechercher la perfection était un crime abominable.

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  • Hortus Deliciarum

    Tristan et Iseult - John William Waterhouse.

    Il est des aspects du çaktisme hindou, particulièrement dans le domaine des évocations, qui trouvent certaines correspondances dans l'aspect interne, ésotérique, de certains mouvements européens médiévaux comme ceux des "Fidèles d'Amour" dont Dante Alighieri fit partie. Il n'est peut être pas sans intérêt de donner un bref aperçu de ces correspondances. Nous avons traité des expériences initiatiques des Fidèles d'Amour de façon plus étendue dans un autre ouvrage (Métaphysique du sexe) auquel nous renvoyons le lecteur.

    Le rôle que joua la femme dans la littérature des chevaliers et des troubadours, dans les "cours d'Amour" et dans la troupe des poètes qui furent justement appelés les Fidèles d'Amour est bien connu. Mais les histoires courantes de la littérature n'ont pas même pressenti, à cause de l'esprit académique et profane de leurs auteurs, l'ésotérisme que présentait une partie de cette matière, et qui est comme de l'eau entre les doigts. Il n'a servi de rien qu'Aroux et G.Rossettti aient attiré l'attention sur le contenu caché de bien des compositions et sur leur langage polyvalent. En Italie, un ouvrage fondamental comme celui de Luigi Valli sur Dante e il linguaggio segreto dei fedeli d'Amore, conduit avec une rigueur critique et analytique, n'existe pas plus pour les milieux officiels que s'il n'avait pas été écrit.

    Le point essentiel est le suivant : il existe incontestablement des cas où les femmes dont parlait cette littérature, qu'elle a exaltées de façon diverses, ne sont pas des "sublimations", des figures allégoriques et des abstractions théologiques personnifiées ; quelque nom qu'elles aient et quelque aspect extérieur qu'elles présentent, elles ne sont qu'une seule femme, dont le sens et la fonction correspondent en général à ceux de la çakti, de la femme initiatique ou de la femme initiatrice dans le tantrisme. Là où des femmes réelles sont entrées en jeu, elles n'y sont entrées que dans la mesure où elles ont incarné cette femme conçue comme le principe d'une illumination (la "sainte sagesse"), d'une vivification transcendante, voire d'une "immortalisation" du Fidèle d'Amour, ou lui ont servi de support. La correspondance se limite toutefois à ce que nous avons appelé le plan "platonique" ou subtil de l'emploi tantrique de la femme. Il n'apparait pas qu'on soit allé au-delà dans les milieux occidentaux en question, que la femme ait servi aussi au niveau du pancatattva tantrique où l'on se serait uni à son corps çaktisé, ou on aurait évoqué et éveillé la "femme absolue" dans le corps d'une femme particulière.

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  • Hortus Deliciarum

    (...) le Temple se trouve au centre de la chevalerie non seulement en tant que Temple de Jérusalem, mais également en tant que Temple du Graal. Le Graal, à bien des égards, incarne l'aspect ésotérique de la chevalerie, mais l'ensemble des légendes qui s'y référent ne fait qu'évoquer sa secrète signification.

    Déjà dans la forme chrétienne de cette légende, le Graal, le vase mystique aux propriétés merveilleuses, qui ôte tout besoin de nourriture terrestre et procure une éternelle jeunesse, aurait été transporté, après la Cène, par les anges au Ciel, d'où il ne serait redescendu qu'au moment où apparut enfin sur terre une race de héros capable de lui faire bonne garde. Le chef de cette lignée fit construire pour le Graal un Temple à l'image de celui de Jérusalem, et institua l'ordre du Graal, composé de 12 chevaliers appelés les "chevaliers parfaits" et même "célestes". Or, si cet objet mystique, dont la quête est l'idéal le plus élevé du chevalier - et qui, d'un certain point de vue, incarne la tradition spirituelle jadis perdue ou devenue invisible (le Graal ravi dans les "cieux" - que l'on se souvienne du rapport entre coelum, ciel et celare, cacher) pouvait se rattacher à l'orthodoxie de Rome et à la tradition sacerdotale de l'Église, si l'on songe que cette tradition est directement postérieure au Christ, comment peut-on expliquer l'idée que le Graal ait pu disparaître, ainsi que l'idée qu'il ait été nécessaire que se lève une nouvelle race, non pas de prêtres mais de héros, de chevaliers, afin que le Graal puisse revenir à nouveau sur terre, dans son Temple ? Il est clair qu'ici, encore une fois, il est fait allusion à une autre spiritualité, à quelque chose qui ne se trouve pas dans l'Église et pour laquelle la tradition de cette dernière n'est d'aucune utilité.

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  • Hortus Deliciarum

    Haut-relief de Pan, Palais Neuf (Rome)

    Pan l'observateur nous apparaît, de la façon la plus frappante, la main en visière sur le front et regardant au loin : il est le Pan "qui voit loin", le Pan "au regard perçant", le berger dominant le troupeau, sur ses gardes, qui observe.

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  • Hortus Deliciarum

    Andrew Gonzales (peinture de)

    Si, métaphysiquement, le masculin correspond au principe actif et le féminin au principe passif, il y a renversement de ces rapports dans tout le domaine de la sexualité courante, donc dans le domaine qu'on peut dire "naturel", où l'homme va rarement à la rencontre de la femme en tant porteur effectif du pur principe de l'"être", émanation du pouvoir de l'Un, mais apparaît généralement comme celui qui subit la magie de la femme. Les rapports de fait, dans ce contexte, sont donc modifiés ; une formule de Titus Burckhardt les définit de manière prégnante : la femme est activement passive, l'homme est passivement actif. La qualité "activement passive" de la femme est la source de son charme, et elle est activité au sens supérieur. Le langage courant y fait allusion lorsqu'il dit d'une femme qu'elle est "attirante" : or l'attraction, c'est le pouvoir de l'aimant. La femme, à cet égard, est donc active, et l'homme passif. 

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  • Hortus Deliciarum

    Andrew Gonzales (peinture de)

    Au sujet des états qui se manifestent dans la composition la plus profonde de l'individu, il faut, en règle générale, faire une différence entre le cas de l'union effective d'un homme et d'une femme sur la base du magnétisme né de la polarité, et le cas de ce qu'on pourrait appeler un usage concerté du corps en vue d'un but finalement auto-érotique, assez peu dissemblable de la masturbation, donc pour parvenir au simple spasme organique à travers une satisfaction individuelle, soit de l'homme, soit de la femme, soit des deux, sans une communion et une compénétration effective.  

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  • Hortus Deliciarum

    Andrew Gonzales (peintures de)

    Les concepts de masculinité et de féminité couramment employés sont plus qu'approximatifs : ils ne dépassent guère le niveau de la fiche d'état-civil. Le processus de sexualisation, de fait, présente plusieurs degrés, et les êtres ne sont pas masculins ou féminins dans une mesure égale pour tous. Du point de vue biologique, on sait qu'on rencontre, dans les premières phases embryonnaires, l'androgyne ou bisexualité. (...) Dans la formation du nouvel être, on assiste à l'action de plus en plus précise d'une force qui produit la différenciation sexuelle de la matière organique ; par là, tandis que les possibilités d'un sexe sont développées, celles de l'autre sexe sont éliminées, ou bien demeurent à l'état embryonnaire ou latent, ou encore ne sont présentes qu'en fonction des possibilités désormais prédominantes qui définissent le type actuel masculin ou féminin. Il y a donc analogie avec ce qui arrive dans l'ontogenèse : de même que le processus d'individuation de l'être humain laisse derrière soi, à l'état d'ébauche, les potentialités auxquelles correspondent les diverses espèces animales, de même le processus de sexualisation laisse derrière soi, également à l'état d'ébauche ou de rudiments d'organes atrophiés, chez l'homme et la femme, les potentialités du sexe opposé coprésentes dans l'état originel. (...)

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  • Hortus Deliciarum

    1/(introduction) Le mariage du soleil et de la lune, le mariage chimique de l'homme et la femme ne sont autres que celui de l'homme "intérieur" et de la femme "intérieure", symbolisé par le soufre et le mercure. L'union des deux puissances est précédée de leur polarisation parfaite et suivie de leur "enfant" commun ; le caractère fixe appartient au pôle viril et le caractère fluide et volatil au féminin ; union des deux extrêmes et naissance de "l'élixir".

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  • Une approche très personnelle, quoique... :

    Hortus Deliciarum

    L'alchimie, mais qu'est-ce donc au juste ?

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