• L'écrivain

    Mise au point en ce qui me concerne, suite à la lecture sans cesse répétée - sur blogs, forums, etc... - de maintes définitions de l'écrivain de nos jours. Comme si le fait d'user de ce terme vouait d'emblée celui qui l'utilisait, soit à la sainteté excusant d'office tout. Soit à la condamnation, à l'infernal rituel du découpage au scalpel des chirurgiens, des puristes, des  spécialistes de la chose écrite, de ceux qui tuent pour disséquer ensuite. 

    Ecrivain, étymologie : du latin scriba (scribe, copiste, greffier, secrétaire). Personne dont l'occupation consiste à écrire des ouvrages. 

    Ensuite, chacun peut édulcorer la chose de la façon qui lui convient le mieux, type : bon écrivain, mauvais écrivain, écrivain sans intérêt ou sans talent, grand écrivain, écrivain de génie, petit écrivain (avec la dérive de l'écrivaillon, par exemple), etc... ou les particularités, comme pour l'écrivain public. Mais cela ne change rien sur le fond, un écrivain, jugé bon ou mauvais par certains, est une personne qui écrit, point barre.

    Sans compter que de toute façon, bon ou mauvais écrivain, la dimension première de l'écriture, du signe, du caractère, de la lettre, est tombé depuis belle lurette dans les oubliettes. L'activation et le sens premier des caractères, sigils, runes, hiéroglyphes égyptiens, lettres hébraiques, etc... chiffres ! Soit autant de possibilités d'activation pour passer... à autre chose, ailleurs. (comprenne qui pourra)

    Enfin pour conclure, à mes yeux, le développement de la chose écrite a participé à la destruction du sens initial de cette même chose écrite, pour ne pas dire que la démocratisation de l'écriture a fomenté sa propre destruction. 

    (lire par exemple : "Les runes et l'écriture des étoiles" de Jean-Yves Guillaume, entre autre, le paradoxe est là, seule la lecture - donc lire l'écrit - peut aujourd'hui tenter de nous donner des pistes pour retrouver ce qui est perdu)

    Voir aussi : Les Runes, et le refus d'attacher le Verbe à la Matière

    « "Fidèle d'amour"Une autre vision de l'esclavage »

  • Commentaires

    1
    Odile Jacquemet Profil de Odile Jacquemet
    Mardi 5 Février 2013 à 12:05

    Ajout du 01/02/2013 :

    « En fait, ce que vous apprenez d’abord reviendrait à prendre dans votre main un marteau ou une pince, rien de plus. Vous êtes encore bien loin d’avoir fait un marteau ou une pince. Or, il s’agit justement de cela, de faire pénétrer un mot en profondeur, jusqu’à ce qu’il fasse un avec nous, jusqu’à ce que nous le vivions. Sinon, vous en restez au simple mental, ce qui ne signifie pas grand chose encore, voire rien du tout. »

    C.G.Jung – Entretiens – (merci Curiosus, pour cet apport)

    2
    Jeudi 7 Février 2013 à 11:11

    "Fondement premier de l'occultisme protogermanique et celtique, la sagesse véritable des Runes et le secret de leurs arcanes ne pouvaient qu'échapper à la compréhension de tous ceux qui s'attachèrent à ne voir en elles qu'un simple outil phonétique analogue à nos claviers d'ordinateurs, sans remarquer que tous ceux qui s'en servirent - et dont on peut imaginer qu'ils savaient ce qu'elles étaient - ne cherchèrent jamais à les faire entrer en concurrence avec l'alphabet latin pour la transcription de tout ce qui aurait au contraire permis d'en affirmer la valeur en face de ce dernier (tels que chartes, missives, bordereaux divers et... dont on sait par ailleurs que Vikings et Varègues firent usages).

    Nombreux sont ceux même qui s'étonnèrent de ce qu'une telle chance n'ait pas été saisie, et de ce qu'ils nommèrent, en leur naiveté, un manque de sens pratique des utilisateurs des Runes, sans comprendre que c'était précisément cela qui faisait toute la différence entre les lettres et les Runes, entre un appareil alphabétique à fonction purement utilitaire et donc profane, et un système de Runes fondamentalement ésotérique - phonétique, certes, mais parce qu'en rapport avec le mystère du Son et partant à la base même de la nature psycho-spirituelle de l'Homme, on l'a vu. Voilà qui différenciait radicalement les Runes des gribouillages latins dans l'esprit de leurs utilisateurs et qui interdisait à jamais de ravaler les premières au même niveau que les seconds. De même, voilà ce qui autorisa les maîtres initiés du Moyen Age à opposer la tradition des runstafir à celle des bokstafir - des "barres runiques" à celle des "barres livresques" - des Runes et des lettres, par conséquent."

    "Les runes et l'écriture des étoiles" de Jean-Yves Guillaume.

    3
    Odile Jacquemet Profil de Odile Jacquemet
    Jeudi 7 Février 2013 à 11:40

    En fait, tout cela ne fait que me montrer que nous avons perdu le sens de l'écrit avec sa force intérieure, l'écriture ésotérique proprement dite, et que nous l'avons confondu avec l'écriture livresque - pour preuve cet aspect de l'écrivain devenant presque un saint de nos jours, ou au contraire, un vil prétentieux, un arnaqueur en puissance, alors que dans les deux cas - plus tous ceux qui nagent en eau trouble -, le "saint et le "vil", sont ici à des années lumière du sens premier de l'écrit, à savoir, la Création - mais pas la création littéraire...

    Il y a l'Art avec un A majuscule, et l'art avec un a minuscule. (sans parler de ce qui n'a plus rien à voir avec l'art - avec un a minuscule - de nos jours, et qui est exposé comme tel dans nombre de galeries dites d'art)

    Au final, l'écriture ésotérique est assez bien protégée. (?)

    De la différence entre le profane et l'initié, écrit une profane. 

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