• L'élite comme modèle de l'humain

    Elite, étymologie : De l’ancien français eslite (« choix ») substantivation de eslit (« choisi »), ancien participe passé de élire

    Le meilleur et le plus digne d’être choisi.

    L'élite comme modèle de l'humain :

    Toutes les civilisations de la vieille Europe se sont efforcées de proposer des modèles humains dans la perspective de se grandir. Dans cette première acception, l'élite est liée à l'idée d'excellence : c'est le kalos kagathos grec, désignant « ce qui est bel et bon » et par extension « l'honnête homme ». Cette aspiration apparaît dans la cité d'Athènes au V e siècle. L'Athènes de Périclès va porter très haut cet idéal : elle lie la recherche de la perfection esthétique (beauté architecturale, culte du corps) à la quête de l'exemplarité spirituelleLa faute est dans la démesure (hybris), comme le rappelle le mythe de Prométhée.

    Dans l'Antiquité romaine, une place particulière est donnée au citoyen là où le droit de cité n'est pas uniformément répandu. Être citoyen est un idéal qui s'accompagne d'un support juridique. Celui qui est citoyen a des obligations envers lui-même et envers les autres. L'exemplarité du citoyen est symbolisée par le port de la toge. L'exemple de Cincinnatus illustre bien ces qualités morales exemplaires. Virgile est tellement saisi par cet exemple qu'il appelle les Romains gens togata. La citoyenneté romaine est exigeante : le fait d'être citoyen confère un prestige qui repose sur cette exemplarité de comportement.

    La notion d'élite comme modèle va être modifiée à l'époque médiévale. On s'intéresse moins à la cité des hommes qu'à la cité de Dieu.

    Le XVII e siècle propose le modèle de l'honnête homme. C'est une notion difficile à définir, mais l'expression est demeurée. L'honnête homme se caractérise par une élégance extérieure et intérieure : distingué sans être précieux, cultivé sans être pédant, galant sans être fade, mesuré, discret, brave sans forfanterie. Noble du cœur, il a l'élégance de ne pas exhiber son moi, la pudeur de ne pas étaler son orgueil. Cette conception repose sur les postulats du classicisme (mesure et élégance), se rattache à Descartes et Pascal (esprit de géométrie). (dixit Wikipédia)

    L'élite, pour moi, rejoint ces approches qui avaient cours pendant l'Antiquité puis au Moyen Age, c'est à dire à la fois l'importance de la cité des hommes et de la cité de Dieu (des dieux). Plus précisément encore, elle rejoint cette élite qui a fondée l'Islande (voir "L'Islande médiévale" de Régis Boyer, avec entre autre un passage en fin d'article dans L'étape initiatique (pourquoi travaillez-vous ?)). 

    "Une autre lecture m'avait marquée, c'était dans le livre "L'Islande médiévale" de Régis Boyer, il expliquait entre autre que certes des métiers existaient bien, mais que chaque habitant savait "tout faire", je vais dire ça comme ça et ce même si c'est très excessif, mais sur le fond, le principe était là. Un islandais, tout islandais qui se respectait ! (ils correspondaient à une élite, je précise, ils avaient été choisi en ce sens pour vivre en Islande) savait cuisiner, lire, écrire, chanter, faire de la musique, s'occuper de ses bêtes, fabriquer ses outils, construire sa maison, se soigner, se battre, défendre les siens, etc... et faire ce que nous appellerions aujourd'hui de la politique, c'est à dire participer à l'Alping, l'assemblée des hommes libres."

    Minute Pierre Desproges, sur la démocratie, et donc, sur tout sauf... l'élite.

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