• Le cheveu, ce fil de l'âme

    Dénoué, porté lâche et flottant, le cheveu est un signe de liberté ou de disponibilité de la femme dans de nombreuses cultures. En revanche, on l'attache, on le noue, voir on le cache dès que celle-ci est mariée ou n'est plus libre parce qu'elle se consacre à une tâche ou une vocation qui lui demande sa disponibilité (vœux religieux, ordres monastiques ou communautaires, coutumes sociales ou locales, etc...). Certaines femmes juives très pieuses allaient et vont encore, parfois, plus loin puisque, en signe de piété religieuse, elles se rasent le crâne et portent une perruque. (...)

    Dans le monde religieux, la tonsure ou le crâne rasé symbolisent la soumission au divin et le renoncement aux désirs sensuels ou matériels. Il s'agit là réellement d'un sacrifice, d'une pénitence, d'un abandon de soi-même pour se consacrer à la vie religieuse ou méditative.

    En revanche contrairement à ce que certains pensent ou écrivent, il ne s'agit pas d'une ouverture aux influences célestes. (...)

    Pendant très longtemps la chevelure a été l'emblème des guerriers et des rois. Gaulois, Vikings, Mongols y voyaient un signe de virilité, de force et de liberté. Galoper les cheveux au vent représente encore dans certains peuples l'insigne le plus grand de l'état d'homme libre. Ce n'est que dans nos sociétés modernes à la pensée dualiste qu'une longue chevelure chez un homme a été considéré péjorativement comme un signe de féminité, d'absence de virilité. Les Romains qui envahirent la Gaule furent toujours très envieux des chevelures gauloises, à tel point que la Gaule fut appelée «Gallia Comata », c'est à dire « Gaule chevelue ». Il fut toute une époque où seuls les rois étaient autorisés à porter les cheveux longs. Ceux-ci étaient alors le symbole même de leur royauté et de leur noblesse. Lorsque l'on voulait les déchoir, on leur rasait le crâne et on les enfermait dans un couvent.  On leur enlevait ainsi toute leur puissance et on coupait le fil qui les reliait au ciel, leur ôtant de cette manière le lien au divin. Ce fut, par exemple, le cas de certains rois fainéants et, entre autres celui de Childéric III, dernier roi mérovingien, enfermé par Pépin le Bref. (...)

    Les XVIIe et XVIIIe siècles voient les hommes porter les cheveux longs comme cela se faisait au Moyen Age, mais sous les règnes de Louis XIV et Louis XV, la mode nouvelle de la perruque s'installe. Cette mode est principalement initiée par la calvitie naissante de Louis XIV qui ne peut accepter de voir son crâne royal se dégarnir. (...)

    Jamais les femmes n'ont autant été touchées par la chute, voir la perte totale des cheveux, depuis qu'elles "se sont libérées". Car cette conquête s'est accompagnée de celle des stress et des tensions des hommes et, par conséquent, d'un certain nombre de leurs pathologies et déséquilibres.  (note : rapport aux années 1970)

    (...) Élément associé à l'énergie de l'Eau, le cheveu est porteur de tout le sens de cette dernière. Il est le fil qui contient les mémoires profondes de celui qui le porte. Partant de ses racines, il monte vers le ciel comme une colonne vertébrale subtile. Cette colonne ne pousse pas sur n'importe quelle partie de notre corps puisque c'est sur la tête. Elle est l'émanation de ce qui est le plus élevé dans l'homme et la codification taoïste différencie très nettement les cheveux (Principe de l'Eau) des poils Principe du Métal) ou des ongles (Principe du Bois). Nous les classons ensemble en Occident sous le terme générique de "phanères" parce qu'ils sont tous fait de kératine et émanent de notre peau. L'Orient a très nettement fait la distinction entre eux car le cheveu a un rôle d'antenne et de mémoire, de lien avec le céleste, qui lui donne une noblesse de fonction que les poils ou les ongles n'ont pas.

    Cette ressemblance avec notre colonne vertébrale n'est d'ailleurs pas que symbolique. Il est en effet assez troublant d'observer la structure et les articulations de celle-ci et de les comparer à celles d'un cheveu vu au microscope.

     

    Passages du livre de Michel Odoul et Rémy Portrait "Cheveu, parle-moi de moi".

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    Note personnelle : le tout en lien avec les chakras, le yin et le yang, et les cinq principes énergétiques.

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