• Le corps, l'âme et l'esprit

    Deux jours plus tard, l'armée mettait le siège devant Mycènes, Tisaménos se repliait en désordre sur Tirynthe et Phram installait son quartier général juste au pied du grand sanctuaire national argien, là même où, vingt-cinq ans plus tôt, l'ensemble des chefs achéens s'étaient conjurés devant l'autel d'Héra pour le malheur et la ruine de Troie.

    - Ici tu pourras faire ta paix avec Héra, noble Astyanax, et si la déesse y consent, clore entre elle et le dernier initié de Priam vingt-cinq années d'inimitié là même où elle a commencé.

    - Il est dur à un fils d'Ilos de renoncer à la foi de ses pères, Phram. Depuis que Troie existait, les fils de Tros avaient révéré la brillante Aphrodite et sacrifié sur ses autels. Cruelle fut envers nous la grande Héra de ne pas avoir admis le choix de nos pères.

    - Folie fut le jugement de Pâris, Astyanax ! Folie d'avoir cru un seul instant que la vérité de l'homme ne résidait que dans les profondeurs de son âme et non dans la triple harmonie de son corps, de son âme et de son esprit. A Héra revenait de droit la souveraineté du corps social, à Aphrodite l'empire des âmes et de l'amour qui les enflamme, et à Athéna la lumière de la sagesse et de l'esprit. A chacune d'elles, fils de Priam, se devait une dévotion pleine et totale, et non l'aberration de ne développer que les seules forces de l'âme et de la vie intérieure ainsi qu'Ilion le fit ! Voilà, Scamandrios, d'où sont venus les malheurs et la ruine qui se sont abattu sur ta race.

    Frankion ne répondit pas. Il contemplait ce temple et ce large autel de pierre au sommet de la colline où s'était quelque vingt-cinq années plus tôt, trouvés scellés le sort de sa ville, la mort de son père et l'exil de sa mère.

    Passage du livre de Jean-Yves Guillaume "ING les 7 seuils d'Atlantis"

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