• Le Désir du mystique

     Le Désir du mystique

     Dans les voies héroïque et chevaleresque d'Occident et à travers toute la mystique, le Désir apparaît essentiel et se trouve exalté : il est le feu de la quête, une énergie magnifique et salvatrice qui pousse à s'aventurer, explorer, créer, aimer. Il serait dommageable et ridicule de contenir ou de détruire cette flamme de vie, il s'agit plutôt de l'orienter et de l'affiner : c'est le désir de sagesse, de beauté, de grandeur, d'absolu qui arrache l'homme à sa condition mortelle et lui rappelle sa vocation divine.

    Au Moyen Age, plus précisément, le désir correspond au libre arbitre dont dispose toute créature humaine face aux événements et à son destin. Si la convoitise réduit les êtres et choses à l'état d'objets, le désir fait de celui qu'il anime un sujet souverain, conscient et responsable de son histoire, non plus livré aux caprices de Fortune ou à l'influx des astres. Le verbe « désirer » vient en droite ligne du latin de-siderare qui signifie « s'arracher à l'influence des astres », autant dire exercer sa pleine liberté. (...)

    Le vif désir qu'expriment les mystiques leur permet d'outrepasser les limitations humaines et les rend à même de recevoir - non de posséder jalousement - toutes les richesses du ciel, toutes les faveurs d'Amour. Aussi faut-il, sur un plan spirituel, désirer grandement et même infiniment. « Je veux tout », déclare Hadewijch bien avant Jean de la Croix. (...) Le mystique se sait attendu au festin des noces et son désir est d'y prendre place, d'honorer l'Hôte divin et jouir de sa présence.

    Passages du livre de Jacqueline Kelen "Hadewijch d'Anvers"

    Voir aussi : L'élue et son amour de l'Absolu et La véritable charité ne dérobe pas à autrui sa liberté

    « L'élue et son amour de l'AbsoluLa métamorphose des cloportes »