• Le FN = l'UMPS dans toutes ses outrances

    "L'heure est à la people politique. Peu importent les programmes politiques, seuls le casting et les perspectives d'impact sur le public comptent. Ainsi, lors des élections présidentielles de 2007, c'était l'heure d'un Bayrou et du Modem, puis lors des élections européennes de 2009, d'un Cohn Bendit et des Verts, jusque-là sans réelle représentativité politique, ni poids politique, propulsés en star du moment puis transformés en figurants sans importance. Pour les élections présidentielles de 2012, il leur fallait créer une autre icône pour préserver leur statut de 4ème pouvoir et Marine Le Pen, en remplaçant son père et en paraissant plus modérée, leur a offert une opportunité de créer de nouveaux scénarios, de nouvelles bandes annonce sur de la surenchère politique sans politique.

    Pourtant, s'ils avaient étudié attentivement le programme du FN, non seulement les journalistes n'en parleraient pas comme étant un parti d'extrême «droite»***, mais de plus ils se rappelleraient des propos de Otto Strasser, membre du NSDAP allemand, qui disait : « Nous prendrons à droite le nationalisme sans le capitalisme auquel il est en général lié et à gauche le socialisme sans l'internationalisme marxiste qui est un leurre (…) Le national-socialisme devra être surtout un socialisme. »

    Le remplacement intégral des enseignants partant à la retraite, l'instauration d'une tranche supérieure à 46% pour l'impôt sur le revenu, la renationalisation de La Poste et autres, "la réindustrialisation de l'armement" pour faire face au déclin de l'industrie, "le retour progressif et le plus rapide possible à la règle de 40 annuités de cotisation pour bénéficier d'une retraite à taux plein et à l'âge légal de 60 ans pour le droit à la retraite", l'"instauration d'un service public de formation" pour lutter contre le chômage, etc. mentionnés dans le programme présidentiel 2012 du FN sont des mesures types du socialisme avec un État centralisateur et interventionniste à outrance. Un parti qui a même soutenu Montebourg dans son intervention dans Dailymotion et sa volonté de nationaliser Florange, après avoir permis l'élection d'un socialiste au pouvoir ! Un socialisme clairement réaffirmé sur le terrain, notamment lors de sa visite à la Française de Mécanique à Douvrin (Nord) pendant la campagne présidentielle où Marine Le Pen déclarait aux ouvriers : "Les ouvriers doivent savoir qu'ils n'ont plus rien à attendre des partis au pouvoir depuis trente ans, y compris de l'extrême gauche qui a accepté lorsqu'elle était au gouvernement les privatisations et la libéralisation". Il y a encore plus étatiste que le socialisme et le communisme : le FN ! Viscéralement anti-finance, anti-libéralisme, anti-européen, pro-État centralisateur et interventionniste, s'il n'y avait pas le nationalisme à outrance, il serait le parfait jumeau du Front de gauche. (...)

    Le FN n'est pas une alternative à l'UMPS, il devient l'UMPS dans toutes ses outrances. (...)

    Le FN n'est qu'un leurre politique au service des socialistes. Un leurre dangereux par ses aspirations nouvelles de conquête du pouvoir en marge de son homologue du PS. Le quatrième pouvoir a lancé et entretient un produit marketing politique dont il ne maîtrise plus les effets."

    Extraits de cet article très intéressant : Le Front National, un produit du marketing politique

    ***Note personnelle : cela me rappelle cette vidéo de Lionel Jospin (dans mon billet Les antifascistes d'aujourd'hui feront les fascistes de demain) avec ce passage : « Pendant toutes les années du mitterrandisme nous n'avons jamais été face à une menace fasciste donc tout antifascisme n'était que du théâtre, nous avons été face à un parti – le Front National – qui était un parti d'extrême droite, un parti populiste aussi à sa façon mais nous n'avons jamais été dans une situation de menace fasciste et même pas face à un parti fasciste. » (à relier avec la dernière phrase de l'article ci-dessus : "Le quatrième pouvoir a lancé et entretient un produit marketing politique dont il ne maîtrise plus les effets.")

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