• Le pouvoir de l'aimant

    Hortus Deliciarum

    Andrew Gonzales (peinture de)

    Si, métaphysiquement, le masculin correspond au principe actif et le féminin au principe passif, il y a renversement de ces rapports dans tout le domaine de la sexualité courante, donc dans le domaine qu'on peut dire "naturel", où l'homme va rarement à la rencontre de la femme en tant porteur effectif du pur principe de l'"être", émanation du pouvoir de l'Un, mais apparaît généralement comme celui qui subit la magie de la femme. Les rapports de fait, dans ce contexte, sont donc modifiés ; une formule de Titus Burckhardt les définit de manière prégnante : la femme est activement passive, l'homme est passivement actif. La qualité "activement passive" de la femme est la source de son charme, et elle est activité au sens supérieur. Le langage courant y fait allusion lorsqu'il dit d'une femme qu'elle est "attirante" : or l'attraction, c'est le pouvoir de l'aimant. La femme, à cet égard, est donc active, et l'homme passif. 

    On dit et l'on admet généralement que, dans la lutte pour l'amour, la femme est presque passive. Mais cette passivité est rien moins que réelle. C'est la passivité de l'aimant qui, en dépit de son immobilité apparente, entraîne dans ses tourbillons le fer qui l'approche. La tradition extrême-orientale, qui a connu la conception de l'"agir sans agir", est aussi celle qui a su reconnaître ce point, dans le cadre d'un système social qui a pourtant été nettement androcratique : "Le Féminin, du fait de sa passivité, est toujours vainqueur du Masculin". Pour paradoxal que cela paraisse, si l'on veut parler de manière rigoureuse, donc conforme à l'étymologie du terme, c'est toujours l'homme qui est "séduit" ; son initiative active se réduit à l'approche d'un champ magnétique, dont subira la force dès qu'il sera entré dans son orbite. Face à l'homme qui désire, donc face au simple besoin sexuel masculin, la femme a toujours une nette supériorité; (...)

    Aussi bien l'homme priapique s'illusionne-t-il beaucoup lorsqu'il croit avoir "possédé" une femme et s'en vante, du simple fait que celle-ci a couché avec lui. Le plaisir que la femme éprouve à être "possédée" est un trait élémentaire, qui mérite à peine d'être rappelé ; "elle n'est pas prise, mais accueille et, dans l'accueil, elle gagne et absorbe" (G. Pistoni). (...)

    Il sera bon de revenir également sur un autre point, pour rappeler que tout ce que nous avons constaté, dans l'optique adoptée ici, comme différence de nature entre l'homme et la femme, n'implique pas du tout une différence de valeur. Répétons-le : la question de la supériorité ou de l'infériorité d'un sexe par rapport à l'autre, est totalement privée de sens.

    "Métaphysique du sexe" Julius Evola.
    

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