• LE RAYON VERT - Jules Verne

    Une fois n'est pas coutume - et j'avoue m'être précipité dessus tellement j'étais surprise -, voici un roman d'amour écrit par  Jules Verne ! et paru en 1882, il est illustré par Léon Benett (45 illustrations), Le Rayon vert. Alors bien sûr, dans ce roman il y a une large place au phénomène révélé par des scientifiques de l'époque, le fameux rayon vert, rayon qui offre ici une occasion magnifique de dériver sur les sentiments et agissements des humains en plus des découvertes historiques et géographiques des lieux de l'histoire.

    le rayon vert de Jules Verne

     

    Extrait

    Cette année-là, en ce mois d’août, les étrangers, touristes ou baigneurs, ne manquaient pas à la petite ville d’Oban. Sur les registres de l’un des meilleurs hôtels, depuis quelques semaines déjà, on pouvait lire, entre autres noms, plus ou moins illustres, le nom d’Aristobulus Ursiclos, de Dumfries (Basse-Écosse). C’était un « personnage » de vingt-huit ans, qui n’avait jamais été jeune et probablement ne serait jamais vieux. Il était évidemment né à l’âge qu’il devait paraître avoir toute sa vie. De tournure, ni bien ni mal ; de figure, très insignifiant, avec des cheveux trop blonds pour un homme ; sous ses lunettes, l’œil sans regard du myope ; un nez court, qui ne semblait pas être le nez de son visage. Des cent trente mille cheveux que doit porter toute tête humaine, d’après les dernières statistiques, il ne lui en restait plus guère que soixante mille. Un collier de barbe encadrait ses joues et son menton, — ce qui lui donnait une face quelque peu simiesque. S’il avait été un singe, c’eût été un beau singe, — peut-être celui qui manque à l’échelle des Darwinistes pour raccorder l’animalité à l’humanité. Aristobulus Ursiclos était riche d’argent et encore plus riche d’idées. Trop instruit pour un jeune savant, qui ne sait qu’ennuyer les autres de son instruction universelle, gradué des Universités d’Oxford et d’Edimbourg, il avait plus de science physique, chimique, astronomique et mathématique que de littérature. Au fond, très prétentieux, il ne s’en fallait de presque rien qu’il ne fût un sot. Sa principale manie, ou sa monomanie, comme on voudra, c’était de donner, à tort et à travers, l’explication de tout ce qui rentrait dans des choses naturelles ; enfin une sorte de pédant, de relation désagréable. On ne riait pas de lui, parce qu’il n’était pas risible, mais peut-être s’en riait-on, parce qu’il était ridicule. Personne n’eût été moins digne que ce faux jeune homme de s’approprier la devise des francs-maçons anglais : Audi, vide, tace. Il n’écoutait pas, il ne voyait rien, il ne se taisait jamais. En un mot, pour emprunter une comparaison qui est de circonstance dans le pays de Walter Scott, Aristobulus Ursiclos, avec son industrialisme tout positif, rappelait infiniment plus le bailli Nicol Jarvie que son poétique cousin Rob-Roy Mac-Gregor.

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    Que dire au sujet de ce fameux Rayon vert ? "Le rayon vert est mentionné dans au moins deux autres romans de Jules Verne : Les Indes noires et Le Phare du bout du monde. Entorse aux habitudes de l'auteur français, l'héroïne ne prône pas la science, mais s'y oppose : elle déteste le scientifique Aristobulus Ursiclos et tout ce qu'il représente, et ne jure que par les légendes de son pays : « On les voit (les lutins) apparaître dans toutes les hautes terres d'Écosse, se glissant le long des glens abandonnée, s'élevant au fond des ravins, voltigeant à la surface des lacs, s'ébattant dans les eaux paisibles de nos Hébrides, se jouant au milieu des tempêtes que leur jette l'hiver boréal. », dit-elle au chapitre 15. Cette opposition à la science est également présente dans le personnage d'Olivier Sinclair, artiste rêveur, qui contraste totalement avec Aristobulus Ursiclos." "L'existence de ce phénomène de rayon vert (lueur de couleur émeraude lorsque le soleil disparaît juste sur la mer) est attestée par plusieurs témoignages, mais ne se produit que dans des conditions de température et d'hygrométrie déterminées, ce qui en rend fort rare l'observation en pratique. On ignore où Jules Verne a puisé son inspiration, car il y avait très peu de documentation sur le phénomène en 1882. La parution du roman a révélé l'existence du rayon vert au grand public et contribué à accélérer les recherches scientifiques sur le sujet."

     

    Résumé de Le rayon vert

    Afin d'échapper à un mariage avec l'ennuyeux scientifique Aristobulus Ursiclos, Helena Campbell déclare à ses oncles Sib et Sam qu'elle ne se mariera qu'après avoir vu le Rayon vert qui, selon les légendes écossaises dont la jeune fille est friande, permettrait à ceux qui l'ont observé de voir clair en leur cœur ainsi qu'en celui des autres. S'ensuit alors un voyage où les héros cherchent à voir ce rayon avec beaucoup de patience dans les parages de l'Écosse, pourtant peu favorables à son observation à cause des brumes. Après de nombreuses vaines tentatives suite à divers incidents perpétrés par des nuages, des nuées d'oiseaux ou la voile d'un bateau, au loin, qui vient leur cacher le soleil, le phénomène se présente, mais les deux personnages principaux sont alors trop occupés à découvrir l'amour dans les yeux l'un de l'autre pour faire attention à l'horizon.

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