• Le vagabondage puant de l'"amour du prochain"

    Lourdes lui apparaissent la terre et la vie ; et c'est l'esprit de pesanteur qui le veut ainsi ! Mais celui qui veut devenir léger et oiseau, celui-là doit s'aimer lui-même, - voilà ce que j'enseigne, moi.
    Non, certes, de l'amour des malades et des mal-portants : car chez ceux-là même l'amour de soi pue ! 
    Il faut apprendre à s'aimer soi-même, - voilà ce que j'enseigne -, d'un amour sain et bien portant : pour que l'on puisse y tenir auprès de soi-même et ne point vagabonder.

    Un tel vagabondage se baptise lui-même d'"amour du prochain" : c'est à l'aide de ce mot que l'on a le mieux menti jusque-là et le mieux pratiqué l'hypocrisie et surtout du côté de ceux qui plus que quiconque pesaient à tout le monde.
    Et en vérité ce n'est pas là un commandement pour aujourd'hui ou pour demain, apprendre à s'aimer. Bien au contraire, c'est le plus ténu, le plus subtil, l'ultime et le plus patient de tous les savoir-faire.

    Nietzsche "Ainsi parlait Zarathoustra"
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