• Libéralisme et socialisme : 2 doctrines aux mêmes fondamentaux

    "Comme le libéralisme est, à l'origine, une doctrine anti-traditionnelle, remettant en cause la nécessité d'une inégalité de droit reflétant les hiérarchies naturelles, ou le déterminisme qu'implique le fait de partager des gènes, une histoire et une culture, les libéraux et leurs alliés conservateurs s'adressent non pas à ceux qui ont tort de les écouter, mais à la gauche, à laquelle ils s'échinent à démontrer que plus de liberté économique signifierait moins d'inégalités, une plus grande réussite des minorités ethniques, etc.
    Ce qu'ils entendent par « socialisme » n'est d'ailleurs pas très clair. Dégageons donc les éléments principaux du socialisme tel qu'il est compris et voyons comment ils se situent par rapport à eux :

    Universalisme : le socialisme contemporain implique une vision globale du monde, visant à l'établissement d'un État mondial. Le libéralisme ne remet pas en cause cette vision globale, simplement son moyen : plutôt que l'édification d'États continentaux puis leur fusion en un seul État mondial, le libéralisme postule que les échanges entre individus, notamment économiques, parviendront le mieux à réunir les hommes. Notons que socialistes comme libéraux sont favorables à la mondialisation, les premiers par la politique, les seconds par l'économie. Ils sont les deux jambes du projet globaliste. 

    Progressisme : libéraux comme socialistes s'accordent sur leur vision de l'histoire, linéaire plutôt que cyclique. Il n'y a pas de place pour la Tradition dans cette vision. La frange conservatrice du libéralisme, inspirée notamment par les écrits de Burke, considérera la tradition comme une sorte de bagage qui se transmettrait de génération en génération et qui, par apports successifs, permettrait aux hommes de « progresser », toujours plus haut. Or, la Tradition au sens évolien est tout simplement ce qui est vrai de tout temps et en tout lieu. Dominique Venner disait que la tradition est « ce qui ne passe pas ».

    Égalitarisme : le socialisme au sens actuel postule l'égalité des hommes ; le libéralisme s'accorde avec le socialisme à ce sujet, il entend simplement défendre l'égalité formelle (juridique), et non réelle. Mais c'est une illusion : l'égalité formelle, dont une application est le suffrage universel, conduit aux exigences d'égalité réelle de la part de ceux qui, étant moins doués que les autres, réclament du pouvoir politique une garantie d'égalité de condition. À cela, les libéraux n'ont pas de réponse satisfaisante.

    Collectivisme : c'est le seul point de contention entre socialisme et libéralisme. Mais le collectivisme des socialistes d'aujourd'hui est mal compris. Il ne s'agit pas tant d'un collectivisme que de l'application égalitaire et universelle de l'individualisme qui est à la base tant du socialisme que du libéralisme. Quand le socialiste parle de la collectivité, il n'entend pas une collectivité enracinée dans un peuple, une terre et une tradition, mais l'ensemble de l'humanité entendue comme une masse d'individus atomisés. Le vrai collectiviste sera nécessairement particulariste, puisque toute communauté repose sur un principe d'exclusion. Un État mondial ne serait pas une communauté, mais, au mieux, une collection d'ethnies concurrentes, et, au pire, une masse d'egos isolés, n'ayant de lien qu'avec l'État et le marché.

     

    Comme on le voit, c'est le seul trait souhaitable (d'un point de vue traditionaliste) du socialisme que les libéraux combattent. Ils n'ont rien à redire sur l'universalisme des socialistes contemporains, ni vraiment sur leur égalitarisme. Tout au plus diront-ils que la « vraie égalité » ne saurait être que juridique. En revanche, le collectivisme, que les libéraux associent faussement au socialisme, est ce qu'ils dénoncent le plus fréquemment. Ils lui reprochent son corollaire, à savoir l'autorité, puisqu'une communauté ne peut tenir que si les personnes la composant sont contraintes d'y rester, et d'œuvrer à son bien commun. Pour le libéral, toute communauté qui ne repose pas sur un contrat entre ses membres individuels implique une coercition. C'est tout à fait exact, mais la coercition est nécessaire, souhaitable, et bénéfique. L'individu n'existe que parce qu'une communauté lui a donné naissance, l'a nourri, protégé, éduqué, et il doit donc rendre à cette communauté ce qu'elle lui a apporté, en lui étant fidèle, en la défendant, et en travaillant à son bénéfice. Il a aussi le devoir d'engendrer, nourrir, protéger et éduquer ses successeurs. (...)

    Défendre, par exemple, l'idée selon laquelle tout groupe humain doit résulter d'un contrat entre ses membres est catastrophique à une époque où les seuls qui croient à ces idées fausses, à savoir les peuples européens ou d'origine européenne, sont démunis face à ceux pour lesquels l'identité n'est pas affaire de contrat, mais de déterminisme. On ne choisit pas d'où l'on vient, et l'on doit défendre les siens. (...)

    Ce que les libéraux dénoncent en lui (le socialisme) est le collectivisme, et c'est un collectivisme qu'il nous faut."

     Source (texte dans son intégralité) : http://criticusleblog.blogspot.fr/2013/07/le-socialisme-est-le-cadet-de-nos-soucis.html

    « La grève des électeursDe l'importance d'une grande diversité d'Etats »