• Quand l'Homme se désolidarise de la chaîne sans fin électro-biologique

    L'Homme dans son état primitif, tout comme le singe, ne devait guère en appeler aux sources pour apaiser sa soif. Comme celle du singe, sa bouche est mal placée pour cela, et son nez le gêne. Essaye de boire à même la rivière, et tu m'en donneras des nouvelles... Rien n'est plus incommode, même avec ta main.

    Comme le singe, l'Homme, par la conformation de sa mâchoire, le privilège de ses mains  et son aptitude à grimper aux arbres, est fructivore et ovivore. Sa boisson naturelle devait être l'eau contenue dans les œufs, et surtout dans les fruits et les plantes dont il faisait ses festins. Cette eau je l'ai baptisée eau végétale, par opposition à l'eau minérale. (...)

    Ici, nous sommes incorporés à la Nature et tout nous protège. Nous sommes une feuille de l'arbre, un grain de l'épi, un solide maillon de la chaîne sans fin électro-biologique.

    Nous sommes tout nus, mais couverts de poils comme nos frères et nos sœurs. Comme eux, c'est à pleins courants de conduction que nous accomplissons notre MISSION SACRÉE.

    Quelle douceur de capter, de nos poils drus, ces courants. Quelle volupté de les remettre à la terre par le contact de la plante de nos pieds nus à l'humus vibrant de vie ! Tu vois bien que tu n'as pas froid, même lorsque le vent souffle ou que nous traversons à la nage ces rivières glacées. Quel appétit nous avons ! Et quelle facilité de digérer la chair chaude de ces bêtes que tu égorges comme pour t'amuser. Ces œufs, et ces herbes, ces fruits et ces racines que je cueille à l'instant de notre appétit ne nous sont pas indigestes.

    Notre confort est parfait. Cette tanière abandonnée nous convient. La pluie est bienfaisante, elle nous lave, et périodiquement nous débarrasse de l'excédent de ces poux  et de toute cette vermine parasite que la Nature nous prodigue pour nous protéger de maux que nous ne soupçonnons même pas, puisqu'ils ne nous atteignent jamais !

    Comme les animaux, les arbres et tout ce qui nous entoure, nous accomplissons pleinement, sans réserve, notre MISSION SACRÉE et, comme eux aussi, nous ne connaissons que la santé et le bonheur de vivre.

    Mais nous avons un long voyage à faire, aussi, ne nous attardons pas, et faisons veux-tu, un bond de quelques centaines de milliers d'années.

    Tu es étonné de ressentir la chaleur et le froid ? Mais as-tu constaté qu'au cours de ces siècles nous avons, petit à petit, abandonné notre tanière pour habiter ces cavernes naturelles ou creusées de nos mains, ou encore ces nids perchés sur les arbres. Nous nous isolons du cosmos et du sol et cela est déjà une entrave à l'accomplissement de notre MISSION SACRÉE. Tu t'étonnais d'avoir en partie perdu ton poil. Si la fonction crée l'organe, la non-fonction l'atrophie, et à refuser chaque jour davantage l'accomplissement de notre MISSION SACRÉE, nos poils tombent. Que chuchotes-tu ? Ah oui, bien sûr, ainsi retranchés dans nos cavernes ou sur nos arbres nous courrons moins de risque qu'autrefois d'être la proie des animaux carnassiers, et c'est ainsi que tout confort se paye.

    Veux-tu que nous descendions encore dans le passé ? Cela est facile, donne-moi la main, afin de ne pas nous séparer et nous perdre dans ce labyrinthe des temps.

    Nous y voilà. Tu es émerveillé du confort de notre village lacustre, de ces matelas de mousse et de fougère, de ces toits de branchages et de genêts, que nous calfeutrons de l'argile du lac...

    Ces peaux de bêtes, que nous endossons lorsque tombe la fraicheur du soir, nous sont fort seyantes, me dis-tu. Tu as même perfectionné la tienne en l'arrimant mieux à tes épaules par des bandes de peau d'ours, retenues par des morceaux de silex et des bouts d'os. Quel luxe ? On appellera ça un jour un bouton.

    Mais t'es-tu aperçu aussi qu'à nous isoler davantage, nous avons perdu encore beaucoup de nos poils ? Tu souffres d'une dent ? Ne t'inquiète pas, je te l'arracherai. Nos maux se multiplient. Ne vaudrait-il pas mieux remonter le temps ! Non, c'est impossible. D'ailleurs notre instinct nous préserve, et il semble que la Nature veuille freiner notre course à l'erreur.As-tu remarqué que nos vêtements de peaux portent une fourrure qui ressemble à s'y méprendre à celle que notre propre épiderme a perdu. Elle nous aide à accomplir notre MISSION SACRÉE. Et comme nous vaquons à nos occupations toute la journée, pieds nus à même la terre, notre, MISSION SACRÉE est tout de même accomplie, moins bien, c'est sûr, mais suffisamment peut-être...

    Mais ne serions-nous pas sur une mauvaise pente où notre intelligence nous pousse ? Pourquoi ? (me dis-tu) - Je constate qu'il y a des millions d'années, alors que nous vivions comme le loup et l'ours, nous nous portions aussi bien qu'eux, tandis qu'aujourd'hui...

    - Lorsque nous serons gaulois, tu ressentiras des maux que tu ne soupçonnes pas encore. - Gaulois ? - Bien sûr. Prends ma main, ne perds pas ton manteau de fourrure, et allons-y.

    - Oh ! Voilà des demeures princières ! Des huttes régulières, des planchers, des meubles ! Des tissus, des chaussures, des casques ! Mais regarde-toi bien, tu as perdu presque tout ton poil. Ton corps irréceptif et séparé de l'atmosphère par tes vêtements, et tes pieds isolés de la terre par des chaussures, tu n'accomplis plus qu'au ralenti ta MISSION SACRÉE. En même temps que notre confort s'est accru, nos souffrances sont allées croissant. Nous subissons des maladies, nous avons conscience de de la chaleur et du froid, nous connaissons la fatigue. Mais ceci est bien anodin à côté de ce qui nous attend. Une ère nouvelle va commencer, et avec elle bien des malheurs, parce que chaque jour nous refusons davantage d'accomplir notre MISSION SACRÉE.

    - Suis-moi encore. Nous sommes au cœur du Moyen-Age et l'hiver nous devons nous emmitoufler dans nos vêtements de bure, nous chausser chaudement de bottes, de sabots ou de poulaines et porter des bonnets. Nos maisons se perfectionnent : les rez-de-chaussée d'antan au sol de terre battue, bons conducteurs de courants électriques, s'isolent par leurs pavages et par les étages dont on les surmonte ; les toitures se perfectionnent ; les fenêtres se parent de tentures ou de toiles huilées ; demain nous les vitrerons. Ainsi nous nous isolons de plus en plus, et, privés de leurs fonctions, nos organes s'atrophient. Déjà, nous n'avons presque plus de poils, j'aperçois même des personnes chauves !

    Cependant, hors de nos demeures nous foulons encore le plus souvent directement la terre, et nos vêtements sont de cuir, de laine, de chanvre, de lin, de genêt : autant de matières qui, au temps de leur vie, ont accompli leur MISSION SACRÉE et sauront l'accomplir pour nous, cahin-caha.

    Notre état de dégénérescence restera à peu près stationnaire pour une longue période, parce que durant ce temps nous n'accomplirons ni mieux, ni plus mal, notre MISSION SACRÉE. Cela durera jusqu'à la fin du XIXe siècle.

    Et maintenant, veux-tu, revenons d'un bond au jour où je t'écris cette lettre. Donne-moi la main et ne crains rien... Nous voici parvenus dans notre demeure d'aujourd'hui, et je vais te raconter tout ce qui est arrivé depuis. Et si ce n'est pas très drôle, tant pis pour nous.

    Depuis le XIXe siècle, l'Homme ne cesse de mettre son intelligence au service de l'erreur, donc de son malheur.

    Chaque jour, il souffrira davantage. Chaque jour il perfectionnera son isolation de la terre et du ciel, négligeant ainsi sa MISSION SACRÉE, et la Nature ne le lui pardonnera pas. La Nature est la plus généreuse des mères, mais elle ne peut accepter que l'on refuse ses dons.

    Voilà créé un bien mauvais terrain, et tout naturellement, je pense à la phrase de Claude Bernard si souvent répétée à juste raison : Le microbe n'est rien, c'est le terrain qui est tout. On pourrait croire (beaucoup de gens conscients des dangers de l'alimentation actuelle le croient) que le terrain est réparable en quelques années de la vie d'un homme. Hélas, cela ne peut être. Tu pouvais croire cela possible parce que tu ne voyais comme raisons au misères de l'Homme que son alimentation anormale. Tout en admettant cette raison, il faut en voir une autre plus importante, hélas : le défectueux accomplissement par l'Homme de sa MISSION SACRÉE.

    Que pouvons-nous faire pour améliorer notre sort, donc pour accomplir comme la Nature le veut, notre MISSION SACRÉE ? Revenir au mode de vie des hommes sauvages et des animaux sauvages ? Cela est évidemment impossible mais en acceptant certaines disciplines, grâce à la connaissance de la MISSION SACRÉE, nous aurions moins besoin des secours de la pharmacopée moderne. Ces disciplines, facilement acceptables dans le milieu complexe de notre civilisation à laquelle nous ne pouvons dire non, je te les définirai dans une lettre que je t'écrirai à quelques pages d'ici. Mais revenons à nos vicieuses pratiques... (note personnelle : pour lire la suite - de la page 57 -, ainsi que tout le reste, voir le lien ci-dessous du livre en pdf)

    Passages du livre de Matteo Tavera "La Mission Sacrée" (en pdf gratuit ici)

    « Qui étaient les Templiers ?Dr Robert Morse (en français) - Une illusion qu'on appelle « maladie » (SLA / Charcot / Lou Gehrig) »