• "Dans notre société moderne, on oppose souvent le domaine sacré, qui concernerait uniquement notre vie spirituelle, et le domaine profane qui concernerait notre vie matérielle et émotionnelle. C'est une distinction tout à fait récente de la culture occidentale. En réalité, tout appartient au domaine sacré dès lors qu'on est relié avec le Soi. Le profane est le regard porté par les êtres en état de séparation.

    Le sacré n'implique pas la religiosité... Il fait partie intégrante de ce que la Vie a de fondamentalement noble, de mystérieux et de beau. Il traduit le miracle permanent de la Création... Sacré signifie pour nous: "qui ennoblit l'être et le propulse vers ses dimensions supérieures, loin des conventions sociales et temporelles". Sacré signifie aussi: "Qui englobe tous les niveaux de manifestation de la Vie comme autant d'expressions du Divin menant au Divin". En résumé, le Sacré est l'instrument par lequel nous créons Dieu en nous et par lequel, simultanément, Il croit en nous...  (D. Meurois, Comment dieu devint Dieu)
     
    Il n'y a pas proprement un domaine
    profane auquel un certain ordre des choses appartiendrait par sa nature même, il y a seulement en réalité un point de vue profane, qui n'est que la conséquence et le produit d'une certaine dégénérescence, résultant elle-même de la marche descendante du cycle humain et de son éloignement graduel de l'état principiel...

    Donc antérieurement à cette dégénérescence [c'était la façon de voir de R. Guénon dans les années 40], c'est-à-dire en somme dans l'état normal de l'humanité non encore déchue, on peut dire que tout avait véritablement un caractère traditionnel parce que tout était envisagé dans sa dépendance essentielle à l'égard des principes et en conformité avec ceux-ci. De telle sorte qu'une activité profane, c'est-à-dire séparée de ces mêmes principes et les ignorant, eut été quelque chose de tout à fait inconcevable, même pour ce qui relève de ce qu'on est convenu d'appeler aujourd'hui la "vie ordinaire" ou plutôt pour ce qui pouvait y correspondre alors, mais qui apparaissait sous un aspect bien différent de ce que nos contemporains entendent par là. Et à plus forte raison pour ce qui est des sciences, des arts et des métiers, pour lesquels ce caractère traditionnel s'est maintenu intégralement beaucoup plus tard et se retrouve dans toute civilisation du type normal.
    Si bien qu'on pourrait dire que leur conception profane est, à part l'exception qu'il y a peut-être lieu de faire jusqu'à un certain point pour l'antiquité dite "classique", exclusivement propre à la seule civilisation moderne, qui ne représente elle-même au fond que l'ultime degré de dégénérescence dont nous venons de parler. (René Guénon, Aperçus sur l'initiation)"

    Source


  • Pour faire suite à mon précédent article Sur le chemin de la pleine santé, je note qu'en observant la nature et en particulier certaines espèces animales, il me semble logique - pour ne pas dire évident - qu'en cuisant nos aliments nous sommes tombés à côté de la plaque (cet éternel enfer pavé de bonnes intentions), ceci étant, la bonne nouvelle, c'est qu'en faisant des erreurs, nous apprenons :

    (en dehors de toute discussion sur la question de l'origine humaine, c'est à dire remise en question ou pas de l'évolution de l'homme)

    "Le bonobo est frugivore folivore. Il se nourrit essentiellement de fruits mûrs et de plantes. Il arrive occasionnellement, qu'ils se délectent d'un petit invertébré." (source)

    "(...) les chimpanzés (...) sont omnivores, se nourrissant de feuilles, fruits (80 % du temps dévolu à sa consommation), bourgeons, miel, d'insectes, d'œufs d'oiseaux et à l'occasion de petits mammifères." (source) 

    "Les Gorilles, Gorilla, forment un genre de grands singes de la famille des Hominidés. (...) Ce sont les êtres vivants les plus proches de l'Homme, après le Bonobo et le Chimpanzé, puisque l'ADN des gorilles est de 98 % à 99 % identique à celui des humains. (...)

     Les gorilles se nourrissent principalement de végétaux : fruits en grande partie, pousses, tiges, feuilles, mais parfois aussi d'insectes (termites et autres)." (source)

    Nous nous sommes joyeusement fourvoyé et avons ouvert la porte à notre dégénérescence, à nous, à nos familles, mais aussi à nos compagnons animaux (chiens, chats) à qui nous faisons subir les mêmes torts - c'est à dire des déséquilibres de notre état naturel qui est la pleine santé - en leur faisant ingérer des aliments cuits et autres aliments qui ne leur conviennent pas (voir la vache folle, etc...).

    Mais c'est le grand n'importe quoi ! c'est la cuisson qui a fait de l'homme ce qu'il est aujourd'hui, un être supérieur !! Réduit chaque jour un peu plus à l'impotence ? Oui. A tel point que nos génies, nos "êtres supérieurs", nos apprentis sorciers rêvent de nous libérer définitivement de l'état de nature, pour nous plonger dans le transhumanisme (les nanotechnologies).

    Personnellement j'ai basculé dans l'alimentation crue cet été, j'ai débuté le 1er août très exactement. J'utilise encore mon four pour mon fils qui réclame des gâteaux - et du pain, car je faisais mon pain depuis plus de quinze ans (au levain depuis environ deux ans), mais j'ai arrêté, donc il compense avec quelques gâteaux -, mais je pense que bientôt (si c'est possible) je l'utiliserais pour déshydrater certains aliments (chaleur tournante et réglage très fin, je l'utilisais pour faire lever mon pain à 25°).

    Du coup, j'ai tout à apprendre ! Je me retrouve dans la peau d'une novice. Je ne sais plus rien, ou si peu. Désapprendre pour réapprendre, je passe mon temps à ça, et c'est passionnant.

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  • "Ce texte a été écrit en octobre 1995, quatre ans après notre changement d’alimentation, (mes 3 enfants, 6, 8 et 10 ans et moi-même, 40 ans), puis corrigé et complété par la suite.


    Bien des mamans renoncent à essayer de modifier leurs habitudes alimentaires, pour elles-mêmes ou pour leurs enfants, car elles ont peur que cela ne soit pas bien accepté par leur mari ou par les enfants eux-mêmes.
    C’est encore plus regrettable quand les enfants sont très jeunes, car ces mamans ne se doutent pas des chances qu’elles font ainsi perdre à leurs enfants, et continuent d’inscrire en eux de mauvaises habitudes alimentaires dont il leur sera très difficile de se défaire.

    Or, avec une bonne motivation et beaucoup de sincérité et de patience, il est possible, sans les forcer, d’amener ses enfants élevés dans le cuit, à choisir d’eux-mêmes le cru.

    C’est possible, parce que je l’ai fait, avec mes trois enfants âgés de 6, 8 et 10 ans, en décembre 1991, avec une difficulté supplémentaire : un mari (et père des enfants) d’abord opposé à ce type d’alimentation, puis juste tolérant, mais non pratiquant (je cuisine encore pour lui).

    C’est possible, parce que les enfants sont naturellement attirés par la vérité, et qu’ils admettent plus volontiers que les adultes l’évidence des faits. Ils ne cherchent pas toutes sortes de théories pour trouver les justifications qui les arrangent.

    C’est une voisine et amie, Simone, qui m’avait passé un papier annonçant une conférence de Nicole Burger à Grenoble. Je savais que Simone mangeait cru, car elle nous avait invités à déjeuner chez elle et que ce repas cru avait plu aux enfants. Ils m’avaient même demandé si on pouvait de temps en temps manger comme ça chez nous, mais je trouvais cela un peu trop marginal. Toutefois la conférence avait lieu un samedi pluvieux de novembre, elle était gratuite, et on ne perd rien à s’informer.

    J’écoutai donc la conférence, et là ce fut l’éblouissement : la rigueur scientifique était incontournable, cette femme avait objectivement raison contre dix mille ans de civilisation.

    Impossible, en revenant chez moi, de cuisiner un gratin de pâtes au gruyère comme je l’avais prévu : j’aurais eu l’impression de droguer mes enfants.

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  • (article de février 2014)

    « J’expliquais dans mon Edito d’avant-hier qu’il fallait impérativement se désendetter et vite car une dette constante devient vite insupportable lorsque les revenus baissent. Logique. Nombreux sont les lecteurs à avoir fait remarquer que dans ce cas on se trouve dans une déflation et que la théorie économique admise implique de ne pas détenir d’or pendant une déflation puisque le propre d’une déflation est l’appréciation du pouvoir d’achat d’une monnaie. Le principe est simple, comme le prix des actifs baisse (les différentes choses que l’on peut acheter) chaque euro d’épargne vous permet donc d’acquérir de plus en plus d’actifs. Cette idée a été résumée par l’expression anglo-saxonne : « Cash is King ».C’était vrai jusqu’à maintenant puisque la théorie économique standard n’admet pas la coexistence simultanée de ces deux phénomènes que sont l’inflation et la déflation. Et pourtant.

    Revoir notre grille de lecture est indispensable

    Einstein disait que « la théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Si la pratique et la théorie sont réunies, rien ne fonctionne et on ne sait pas pourquoi ». Nous sommes exactement dans ce dernier cas de figure dans la crise économique qui nous occupe aujourd’hui.

    Quant à Stephen M. Goldfeld il disait qu’un « économiste est quelqu’un qui voit fonctionner les choses en pratique et se demande si elles pourraient fonctionner en théorie ».

    Pourquoi ces deux citations ? D’abord parce que j’avais envie de les caser, c’est comme ça, et puis surtout parce que je trouve que cela est révélateur de notre situation.

    Que nous montrent les faits ?

    Les faits nous montrent que nos théories économiques ne fonctionnent tout simplement plus.
    Les politiques de relance dites keynésiennes ? Un échec monumental qui n’a fait qu’accroître les dettes des états les rapprochant un peu plus de l’insolvabilité.
    Les politiques d’austérité ? Un bilan économique et humain absolument dramatique et ce quel que soit le pays et l’époque. Au bout du chemin, l’insolvabilité par la déflation.
    Les politiques baptisées pudiquement « non conventionnelles » qui ne consiste qu’à imprimer des billets à volonté comme le ferait un gamin faux-monnayeur dans une partie de Monopoly, aucun impact durable à part rajouter de la dette encore à d’autres dettes, dévalorisant la monnaie, faisant monter les prix, notamment des matières premières. Dans ce cas au bout du chemin, l’insolvabilité par l’inflation.

    Pour la première fois l’inflation et la déflation sont simultanées

    Et partout, où que vous regardiez, dans tous les pays touchés par la crise nous avons pour la première fois dans nos économies modernes la coexistence de ces deux phénomènes opposés, de l’inflation et de la déflation. C’est finalement l’économie mondiale qui devient non-conventionnelle par rapport aux théories en vigueur.

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