• Sagesse païenne et Christianisme originel

    Sagesse païenne et le Christianisme originel

    "Qu’est-ce que c’était que l’Initiation ? Les gens se font généralement une idée tout à fait farfelue de celle-ci, l’assimilant plus ou moins aux momeries des prétendues initiations franc-maçonniques qui n’en sont pourtant que des parodies grossières ; mais l’Initiation païenne ce n’était pas cela. Elle ressortissait avant tout à une connaissance approfondie de l’Homme et de sa triple nature corps + âme + esprit.

    Le corps (sôma) étant en quelque sorte pour eux la tombe (sêma) de l’âme et l’obstacle initial à la perception des réalités spirituelles invisibles, il fut élaboré, dès la plus haute antiquité, une "technique" très précise apte à détacher l’âme du corps sans pour autant que les processus vitaux internes en vinssent à s’interrompre (ou que le sujet ressortît fou de l’expérience, bien sûr, ce qui n’était pas le moindre danger). Dans cette intention, le futur initié était plongé trois jours et demi durant dans un sommeil analogue à la mort.


    Il serait oiseux d’entrer plus en détail, mais le fondement, le cœur de l’initiation antique ce fut cela et rien d’autre, et tout l’essentiel de la résurrection de Lazare par le Christ, par exemple, ce fut justement d’avoir réalisé au grand jour – et de par Sa propre puissance – ce qui ne s’accomplissait depuis des millénaires que dans l’ombre de l’abaton, à douze, et sous le sceau du secret le plus absolu : l’initiation d’un homme et sa résurrection trois jours et demi plus tard au vu de tous. De là s’ensuivit cette haine implacable des prêtres à l’égard de son auteur et la condamnation providentielle de Celui-ci.
    Lazare fut, en réalité, le premier des initiés chrétiens – dans la droite ligne de l’initiation païenne – ce ne fut pas un cadavre ordinaire ou quelque mort-vivant, mais un Initié**, un épopte, un homme « marqué du Signe de Jonas » comme on disait à cette époque, et dont la Révélation témoignerait à jamais de la nature réelle de Celui qui l’avait initié."

     "Mais est-ce à dire pour autant que le Christianisme soit mort ? — Tout dépend de ce qu’on sous-entend derrière cet -isme ; mais le Christ, Lui, entité spirituelle (au même titre que le Vishnou hindouiste qu’il recouvre, d’ailleurs***) n’est pas mort ! Pas plus que les dieux du paganisme ancien, du reste ! — et comment pourraient-ils l’être ?! Dès le Ier siècle la Gnose chrétienne issue des Apôtres reconnut dans le Christ, non seulement l’Esprit Solaire, mais le Logos, c’est-à-dire la Vie même irriguant les Neuf Hiérarchies célestes et, qu’on le veuille ou non, les dieux anciens, à différents degrés, en firent (et en font toujours) partie intégrante. Le Mystère chrétien, le Mystère du Sang, ce fut, en effet, l’accomplissement des mystères antiques, et non leur sépulcre !

    Le fait chrétien n’est pas à reconstruire : il est en quelque sorte en phase de métamorphose. L’Église n’était qu’une chenille ; elle n’est plus qu’une larve, une écorce vide... Qu’à cela ne tienne: elle y trouvera des ailes un jour ! Car ce n’est pas la Lumière, la Lumière divine, qui manque aujourd’hui, mais l’Œil ouvert qui puisse la percevoir.

    Ouvrir de nouveau l’Œil intérieur au monde spirituel c’est donc, à notre époque, la tâche des initiés chrétiens, cachés ou célèbres. Incontestablement le Dr Rudolf Steiner dont je citais le nom fut un de ceux-là. Sa Société "Anthroposophique" ne lui survécut pas, "infiltrée" qu’elle fut dès son empoisonnement criminel en 1925 (elle n’est plus maintenant qu’une sorte de relais docile de la franc-maçonnerie) — mais l’œuvre scientifique et ésotérique de son fondateur, traduite ou non, subsiste — et elle est considérable. Considérable dans son exposition d’une magistrale conception de l’Homme et du cosmos directement "en phase" avec ce que le paganisme ancien, notamment nordique, eut de plus profond, de plus achevé et, très singulièrement, beaucoup moins politiquement correcte que ceux qui se réclament aujourd’hui de lui le souhaiteraient, en particulier, comme par hasard, sur la question ethnique et raciale et celle – tout aussi tabou – de la démocratie parlementaire... (Une affaire qui fait décidément de plus en plus de vagues sur le sujet, surtout en Allemagne et en Suisse où le renom du fondateur des écoles Waldorf et de l’agriculture bio-dynamique est très loin d’être négligeable)."

    Source : http://spfc441.blogspot.fr/2008/12/le-christianisme-originel.html

     

    "Aujourd'hui, en cet Âge Sombre où nous vivons, la conception dite scientifique de la Matière se réduit donc, en tout et pour tout, au minéral et pour tout dire au cadavre que les petits malins s'échinent à scaneriser, disséquer, voire viviséquer en petits morceaux. Il faut insister là dessus. Il n'en fut pourtant pas toujours ainsi. « Qui brise quelque chose pour découvrir ce qu’elle est a déjà quitté la voie de la sagesse » fait dire Tolkien à son Gandalf. Les anciens Sages le savaient bien jadis qui considéraient la Matière, non seulement en son règne minéral, mais dans la totalité de ses quatre règnes minéral, végétal, animal et humain."

     "Il y eut toujours deux sortes d'initiation : celle dite de la voie d'en-haut et celle de la voie dite d'en-bas qu'il convient de bien distinguer sous peine de ne rien comprendre au paganisme. La première concernait la relation de l'homme avec l'univers, et la seconde de l'homme avec lui-même.

    • Dans celle dite d'En-Haut le sujet devait essentiellement apprendre à pénétrer derrière l'écran des apparences sensibles du monde et de la nature — ce que la sagesse aryenne védique désignait très exactement comme la Maya, l'Illusion matérielle voilant la réalité spirituelle intrinsèque des choses. Cette vision directe du spirituel dans la nature, l'Homme la possédait à l'origine de naissance, héréditairement transmise de père en fils et de mère en fille à travers le sang des générations : d'où sa préservation scrupuleuse au moyen du système des castes sauvegardant précisément la transmission de ces facultés tout aristocratiques. Elle avait autrefois pour symbole ésotérique le caducée d'Hermès-Mercure, baguette ailée enspiralée du double Serpent ascendant.

    Dans celle dite d'En-Bas le sujet se devait d'expérimenter une voie toute différente et inverse. Fermant systématiquement les sens au monde extérieur et se tournant résolument vers l'intérieur de lui-même à la recherche de son Moi réel ensorcelé, enfoui, caché derrière ce qu'on désignait comme "au-delà de la mémoire". Cette voie initiatique avait pour attribut ésotérique le thyrse de Dionysos, baguette (magique !) enspiralée de lierre et surmontée d'une pomme de pin, image de la glande pinéale où se situe le Troisième Œil***."

     

    "Ce sont ces deux voies d'éveil à la Connaissance que les contes ou les mythologies traduisirent sous divers symboles à la fois subtils et très rigoureux dont, en particulier, celui de la Tour montant au Ciel (et révélant des horizons insoupçonnés), et celui, inverse, du Puits plongeant "aux Enfers" de l'être ainsi qu'à ses trésors. À ses trésors, mais aussi à ses gardiens dont l'homme ordinaire n'a généralement nulle conscience et qu'il lui fallait pourtant impérativement vaincre — au prix de sa vie souvent — pour acquérir, et bien surtout maîtriser, tout à la fois sa clairvoyance et les pouvoirs en résultant. La conquête de ces deux voies exposait en effet, jadis, à un double danger motivant justement le fameux secret de l'initiation. (...) Cette opération s'accomplissait impérativement sur un espace de trois jours au cours desquels l'entité psycho-éthérique de l'homme, libre d'entraves, s'épanouissait ou plongeait dans la substance spirituelle du monde, mais c'est alors que survenait, selon la nature de l'initiation pratiquée, le double écueil fatal à surmonter :

    En effet, confronté d'emblée à l'embrasement spirituel universel, dans le cas de la grande initiation de la Voie d'En-Haut, l'esprit de l'initié courait le risque presque immédiat de se consumer, de se disloquer dans la folie. D'autre part, confronté directement à la vision de son propre être spirituel ainsi qu'à son propre univers intérieur, sur la Voie dite d'En-Bas, il courait aussitôt le risque de succomber très vite à un égoïsme exacerbé confinant au démoniaque le plus noir (en dire plus n'aurait pas sa raison d'être ici). D'où l'intervention, à laquelle il est souvent fait allusion dans les textes antiques, de douze prêtres-initiateurs pour — soit renforcer le Moi du sujet lors de son expansion dans les mondes supérieurs — soit pour l'atténuer d'autant dans le cas de sa descente au fond des abîmes de son être. Je simplifie évidemment à l'extrême, mais il faut bien comprendre qu'il serait oiseux de chercher à plus approfondir ici ce qui demanderait de longs développés (que je serais d'ailleurs moi-même bien empêché de révéler in extenso – et c'est fort bien ainsi)."

    "La première conduisant l'homme à la confrontation avec les dieux solaires : Olympiens grecs, Asouras perses ou Ases nordiques — et la seconde à celle des dieux dits lunaires : Titans grecs, Devas perses ou Vanes scandinaves, elles menaient alors à l'expérience (c'est-à-dire à la connaissance et non point seulement au simple savoir) de l'Univers et de l'Homme, du macrocosme et du microcosme ainsi qu'à leurs mystères respectifs – qui n'en faisaient plus, d'ailleurs, au stade ultime de l'initiation, qu'un seul.

    La première de ces deux voies fut celle que les anciens Guides attribuèrent aux peuples indo-européens : c'est la voie solaire que la sagesse aryenne plaçait sous le signe de Zeus et d'Apollon, l'A[s]oura-Mazda perse, l'Étoile des mages. La seconde fut celle que les mêmes Guides attribuèrent aux Sémites égypto-chaldéens, et notamment aux Hébreux de l'Ancien Testament, avec mission de l'explorer jusqu'à la venue du Dieu Vivant. C'est celle que les Sages plaçaient sous le signe de Kronos-Saturne et de Dionysos-Mithra, le Porte-Lumière des mondes d'en-bas : Lucifer (à ne pas confondre avec Satan)."

     

     "Cette substance éthérique du Christ, Source de Vie cosmique, c’est, en réalité, ce que le Moyen Âge décrira sous le mystérieux symbole, hautement ésotérique, du Graal et du Sang Nouveau. C’est là le vrai fondement de ce que la messe chrétienne sacralisera plus tard sous les antiques espèces mithriaques du Pain et du Vin, du Corps de Déméter et du Sang dionysiaque : Force spirituelle dorénavant omniprésente dans l’aura de la terre et qu’il appartient à l’Homme de prendre en lui – s’il en est digne – et de faire sienne en vue de sa propre rédemption. C’est cet enseignement, cette gnose, qui fut ensuite méthodiquement occultée par Rome et son clergé en vue de s’assurer le contrôle absolu des âmes. Et du reste.

    Le Christianisme ne contredit pas le Paganisme : il l’accomplit. Il n’est pas un corps de doctrine, pas plus qu’une philosophie : il est un ÊTRE, Source de Vie, capable de régénérer les facultés vitales originelles de l’homme obscurcies, dévoyées dans la matière à l’aube du monde. C’est en ce sens qu’il n’est lié à aucune religion particulière – juive moins que toute autre ! Plus qu’une Sagesse, il est une Foi, une foi tendant à la réunion spirituelle avec le Dieu suprême des anciens Païens justement — peu importe Son Nom « que nul homme ne connaît » — et qui s’est fait chair un jour, une seule fois, dans sa plénitude.

    Ce que les initiés païens annonçaient, le Christ le réalise. Le paganisme n’a pas de sens sans l’Incarnation du Dieu – que vous le nommiez Vishnou, Ormouzd, Horous, Apollon, ou Baldour. Les plus anciens Pères de l’Église, comme St. Clément d’Alexandrie ou Origène savaient encore ces choses, et bien d’autres encore. Ils savaient notamment que le Dieu de Lumière, cet Apollon qu’ils s’efforçaient autrefois de contempler dans l’aura du soleil, ne s’y trouvait plus, et qu’ils le rencontraient maintenant — non plus selon l’initiation de la Voie d’en-Haut — mais au terme de celle d’en-Bas, dans le tréfonds de leur propre être intérieur !

    Et ce qu’ils découvraient encore avec émerveillement, c’est que l’entité qu’ils rencontraient autrefois au terme de l’initiation de la Voie d’en-Bas, le Dionysos-Lucifer des mystères ne s’y trouvait plus non plus — mais qu’ils le pouvaient atteindre de nouveau là où ils rencontraient jadis leur ancien Apollon : dans l’aura solaire elle-même ! Le Christ apollinien s’était fait homme en l’Homme, tandis que l’ancien Dionysos-Lucifer – Lucifer et non Satan, rappelons-le – devenait lui-même, selon les propres mots d’Origène, esprit cosmique universel et reflet du Saint Esprit..."

    "Ancien Soleil des mondes, le Christ était devenu Soleil des âmes et VRAI LUCIFER des hommes, et Lucifer le Porte-Lumière des mondes !... En Christ se résolvait ainsi l’ancienne opposition de la double Voie de l’Initiation, et c’est bien ce qu’avaient compris les initiés chrétiens. D’où ce précepte des anciens Maîtres après St. Paul: « Non pas moi, mais le Christ en moi! » — comme mon Guide et mon Étoile vers mon Moi supérieur. L’ Âme humaine virginale enfante le Christ en elle pour sa propre rédemption : telle est l’essence du christianisme."

     

    Source :  http://spfc441.blogspot.fr/2008/12/i-sagesse-paenne-foi-chrtienne.html

    « Les âmes des peuplesPrincipe masculin - principe féminin »