• Se nourrir de lumière

      

    "Il existe donc une essence fondamentale de l'état terrestre matériel et toute matière n'en est que la densification. Si l'on se demande quelle est la matière fondamentale de notre existence terrestre, la science spirituelle répond : toute matière est, sur terre, de la lumière condensé ! Rien n'existe, dans le monde matériel, qui ne soit de la lumière condensée sous une forme quelconque. (...) Où que vous portiez la main pour toucher une matière, vous avez partout de la lumière condensée, comprimée. La matière, dans son essence véritable, est lumière."

     

    Si l'origine de toute matière est la lumière, cela vaut aussi pour le corps humain, comme il s'ensuit de manière conséquente :

     

    "Dans la mesure où l'homme est un être de matière, il est tissé de lumière."

     

    A grands traits, simples et clairs, Steiner, d'après ses observations et ses expériences, brosse un tableau de l'homme qui s'alimente :

     

    "L'homme élimine donc continuellement de la matière et absorbe sans cesse de nouvelles substances. En sorte que l'on pense : la matière entre par la bouche et ressort par l'anus et l'urine, et l'homme est donc un tuyau. Il absorbe la matière en mangeant, il la rejette, il la garde un certain temps. Voilà à peu près comment on pense que l'homme est construit. Mais dans l'homme réel, il n'entre en fait absolument rien de la matière terrestre, absolument rien. Ce n'est qu'une illusion. La chose est ainsi, en effet. Si nous mangeons, disons par exemple des pommes de terre, il ne s'agit absolument pas d'absorber quoi que ce soit de la pomme de terre, mais la pomme de terre est simplement quelque chose qui nous stimule, dans les mâchoires, le gosier, etc... Là, la pomme de terre agit partout. Et survient alors en nous la force d'expulser à nouveau cette pomme de terre, et quand nous l'expulsons, vient à notre rencontre, à partir de l'éther, et non de la matière solide, ce qui nous construit au cours de sept ans. En réalité, nous ne nous construisons pas à partir de la matière de la terre. Ce que nous mangeons, nous le mangeons seulement afin d'avoir une stimulation (...).

    Mais il peut toutefois survenir des irrégularités. En effet, si nous absorbons trop de nourriture, elle reste à l'intérieur de nous trop longtemps. Alors nous accumulons en nous de la matière qui ne devrait pas y être, nous devenons corpulents, gros. Si nous absorbons trop peu, nous avons trop peu de stimulation et nous prenons trop peu de ce dont nous avons besoin, à partir du monde spirituel, à partir du monde éthérique. Mais c'est quelque chose de tellement important : nous ne nous construisons absolument pas à partir de la terre et de sa matière, mais nous nous construisons à partir de ce qui est extérieur à la terre. Et si, en sept ans, le corps tout entier est renouvelé, alors le coeur aussi le sera. Le coeur que vous portiez en vous il y a huit ans, vous ne l'avez désormais plus en vous, mais il a été renouvelé, renouvelé non pas à partir de la matière de la terre, mais renouvelé à partir de ce qui entoure la terre dans la lumière. Votre coeur est de la lumière comprimée ! Vous avez fait comprimé votre coeur à partir de la lumière du soleil. Et ce que vous avez absorbé comme nourriture n'a fait que vous stimuler à comprimer la lumière du soleil jusque là. Vous construisez tous vos organes à partir de l'environnement pénétré de lumière, et manger, absorber de la nourriture, n'a de sens que pour cette incitation, cette stimulation."

     

    Avec le premier énoncé fondamental selon lequel toute matière, toute substance, toute molécule, etc.. résulte finalement de la lumière par condensation, par concentration, et le deuxième énoncé, selon lequel l'homme condense sa substance corporelle directement à partir de l'espace de lumière éthérique, on entrevoit une passerelle praticable pour accéder au phénomène de la nutrition par la lumière. Un principe nous est indiqué pour pouvoir penser le processus. (...)

     

    Non seulement la physique moderne ou la science spirituelle de Rudolf Steiner, mais aussi la psychologie des profondeurs de C.G. Jung peuvent s'avérer de précieuses aides à la compréhension. Peut-être un lien est-il nécessaire entre ces différentes orientations pour développer des modèles explicatifs qui puissent convenir à la "nutrition par la lumière".

    C'est aussi notre espoir que, confrontée au problème de ne pouvoir expliquer de tels phénomènes, la science reçoive une impulsion lui permettant d'accomplir un nouveau pas dans le XXIe siècle.

    Marco Bischof, dans son livre Tachyons, énergie orgonale, ondes scalaires. Champs de matière subtile entre mythe et science, donne à ce sujet quelques suggestions très intéressantes que nous aimerions citer ici largement :

     

    "L'imagination est en même temps la 'force formatrice d'images' de Bluemenbach et Steiner ; dans le langage de l'alchimie, ces forces sont appelées 'l'imagination de Dieu', comme C.G. Jung l'écrit dans son oeuvre Psychologie et alchimie. Dans un traité alchimique, il est dit de l'imagination : "Ce que Dieu imagine se produit en réalité, mais ce que l'âme imagine ne se produit qu'en esprit". Cela semble correspondre exactement au préjugé courant selon lequel tout ce que l'on se représente ne serait qu'imaginaire et fantaisie, mais en réalité, cela contient un remède pour une imagination efficace : c'est seulement si l'imagination provient de notre noyau divin le plus intime, supra-individuel, qu'elle est une force créatrice de réalité, mais non pas si elle provient simplement de notre psyché individuelle.


    Comme l'écrit C.G. Jung en rapport avec l'alchimie, la véritable imagination est bien plus que la fantaisie ou le rêve. Les processus de l'imagination "se déroulent dans un règne intermédiaire entre la matière et l'esprit, dans un domaine psychique de corps subtils auxquels conviennent aussi bien un mode de manifestation spirituel que matériel, qui sont quelque peu corporels, un "corpus" subtil de nature semi-spirituelle. Jung souligne que l'imagination est "une force qui peut provoquer des modifications aussi bien dans la psychique que dans le matériel." Elle est aussi "la force du sourcier" que l'on pensait liée au Moyen Age à l'usage de la baguette de sourcier. Le "souhait" ne doit pas être compris ici, selon son acception contemporaine atténuée, comme un simple désir, mais au sens ancien d'action magique.

    Le domaine éthérique est cette subtile dimension de la réalité dans laquelle on ne cesse de souhaiter et de s'imaginer des possibilités, c'est comme un stade préalable à la manifestation. C'est le plan de la réalité virtuelle, dont les images primordiales sont "situées dans le monde des archétypes" et où des formes et des événements possibles "s'élaborent" et essaient pour ainsi dire leur existence sans qu'il soit encore décidé sous quelle forme la manifestation finale se produira. Sur cette "scène de répétition de la réalité", des formes et des possibilités sont essayées mais aussi partiellement rejetées, jusqu'à ce que la décision soit prise et considérée comme ferme. Cette décision est prise par le soi, notre être le plus intime, qui agit non seulement en l'homme individuel mais aussi au centre le plus intime de tous les processus de la réalité.

    Cependant, selon la tradition chiite de "la doctrine des trois mondes" telle qu'elle est décrite par Henry Corbin, l'imagination est aussi un organe de perception pour le "monde de l'imaginal", le plan de l'éthérique, de même que le monde des objets peut être perçu avec les sept sens habituels et le monde des "pures formes et intelligences" (archétypes) avec "l'intuition intellectuelle". Le monde de l'imaginal est, selon Corbin, "moins matériel que le monde physique, mais plus matériel que le monde de l'intellect. C'est un monde de corps subtilement matériels, de corps spirituels, dont le mode d'être est "d'être en suspens" et qui ont leur propre sorte de matérialité. D'après ma conception, cette indication que donne la science traditionnelle sur la nature du règne de la matière subtile en tant que théâtre des phases préalables aux processus de la manifestation, et sur la signification essentielle de la conscience humaine et de l'imagination comme forme formatrice coopérant à ces processus, est de la plus grande importance pour une exploration scientifique future de la matière subtile.

     

    Les sciences humaines fournissent encore un autre concept, qui jette une lumière considérable sur l'essence du vide et du monde de la matière subtile, c'est celui de l'Unus Mundus de C.G. Jung. Ce concept, qui fut plus tard interprété et enrichi par son élève Marie-Louise von franz, est issu de la collaboration de Jung avec le physicien Wolfgang Pauli, telle qu'elle est documenté dans leur livre commun Explication de la nature et psyché. Ce concept présente un modèle grâce auquel les deux chercheurs eurent l'espoir de rapprocher entre elles la physique quantique, la psychologie des profondeurs et la parapsychologie.

     

    L'idée d'Unus Mundus est fondée sur l'hypothèse que la diversité du monde empirique repose sur la base d'une réalité unitaire du monde. L'Unus Mundus est un arrière-plan unitaire du monde, dans lequel tous les contraires sont encore unis, notamment unité et multiplicité, ainsi que psyché et matière. Le concept provient de la scolastique médiévale où il désignait le plan cosmique archétypal potentiel dans l'esprit de Dieu avant le commencement de la Création. Cet "arrière-plan psycho-physique transcendant" de notre réalité est à la base du monde matériel aussi bien que du monde de la psyché et de la conscience, il "est aussi bien physique que psychique et donc aucun des deux, mais plutôt un tiers qui ne peut être saisi que de manière allusive". Ce plan unitaire de l'être est une "structure potentielle" qui est hors du temps et de l'espace, se manifeste sporadiquement à la conscience et n'est pas accessible immédiatement à la perception sensorielle. (...)

     

    Jung et von Franz s'expriment aussi sur la "question de l'énergie" : tant l'énergie psychique que l'énergie physique, qui trouvent toutes deux leur source dans l'Unus Mundus et sont structurées par lui, sont une expression des processus dynamiques de cet arrière-plan cosmique. Elles sont également toutes deux structurées de manière numérique ; comme l'écrit von franz, les nombres naturels sont "les modèles (pattern) de mouvement communs, revenant partout, de l'énergie psychique et physique." Jung estimait que, sur le plan de l'Unus Mundus, le psychique manifeste une activité et "une certaine énergie physique latente" tandis que la matière possède une nature psychique latente.

    Cette énergie psychique consiste, selon Jung, en une certaine "intensité psychique" qui, si elle était mesurable, devrait se manifester dans l'espace comme quelque chose d'étendu et en mouvement. Jung admettait également la possibilité que la réalité psychique s'étende à la matière, particulièrement dans les moments de synchronicité et demandait à la science de fonder une nouvelle branche de recherche pour ce type de phénomènes."


     

    Passages du livre de Michael Werner "Se nourrir de lumière".   

     

     

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