• Si nous étions tous des plantes

    Si je continue ma réflexion du billet précédent, à savoir Si j'étais une plante, je m'aperçois qu'il est possible de transposer le comportement des plantes à celui des humains. Ainsi, il semble naturel qu'une espèce n'ayant pas en elle un système racinaire aussi puissant qu'un pied de menthe, ou ne formant pas de stolons, de rhizomes, de gourmands ou, dans un autre genre, ne drageonnant pas, aille éventuellement se semer plus loin, ailleurs - au gré du vent et autres pollinisateurs - pour survivre, sinon, sans cela elle meurt tout simplement, elle est vouée à disparaître. Or dans ce monde, la survit des espèces est l'élément moteur.

    Donc, si je m'en tiens à cela, je trouve alors tout aussi naturel de voir des humains étaler leur influence dans une zone donnée, quitte à faire disparaître toute autre influence possible et ne laisser survivre que ceux qui le supportent, à l'ombre du "leader", ou d'un petit groupe de "grands Manitou", les pieds de menthe et autres plantes résistantes du lieu ; de voir d'autres humains ne pouvoir supporter de telles conditions et s'envoler vers d'autres contrées plus clémentes à leur goût - en avion avec tout le confort pour certains, dans des soutes pour d'autres, sur bateaux ou dans des barques, quitte à risquer de couler en chemin lorsqu'il s'agit d'embarcations plus que surchargées... - que ce soit pour le climat, les questions politiques, l'agrément d'une prise en charge au niveau d'une société donnée (aides en tout genre), etc...

    Je trouve alors d'un seul coup qu'il n'y a rien là-dedans d'anormal, qu'au contraire tout cela est assez naturel, logique, question de survit pour les uns et les autres. Ici, pas de questionnement sur "retourne donc dans ton pays" ou, "va créer chez toi ce qui n'y est pas pour que tu puisses t'y sentir bien", et j'en passe...

    A chacun son essence au départ, et donc à chacun sa façon de vivre et de s'envoler vers un ailleurs, ou au contraire de rester fermement ancré au sol.

    A moins de se retrouver déraciné par un élément extérieur, il n'y a aucune raison de ne pas continuer ainsi, en fonction de chacun.

    De même, il ne viendrait à l'idée de personne d'avancer qu'il y a des plantes supérieures à d'autres - d'où mes guillemets pour "leader" et "grands Manitou", plus haut -, non elles sont différentes, certaines ont besoin de plus de place que d'autres, elles peuvent vivre ensemble ou pas, peuvent s’accommoder ou pas. C'est cela un écosystème.

    Non l'homme n'est pas le pire des prédateurs, c'est juste nous qui sommes tombés dans la sensiblerie, dans la niaiserie la plus profonde.

    Après, il y a le "problème" des plantes venues de loin qui d'un seul coup envahissent et font disparaître les plantes originaires du lieu, faute de prédateurs pour équilibrer leur prolifération, par exemple, la renouée du Japon. C'est ainsi que certains préconisent de contrôler et limiter leur propagation, question d'équilibre de l'écosystème, de la biodiversité (soit lorsque l'humain décrète qu'il va tout mettre en œuvre pour sauver la terre, une région, des espèces, quand ce n'est pas la planète). Mais alors, qu'est-ce qui empêche de faire de même lorsqu'il s'agit d'humains ? Question de survit ! Les uns construisent des murs gigantesques, les autres mettent des frontières sans pour autant bâtir des murs, d'autres encore mettent en place toute une batterie de lois pour limiter l'immigration. Parce qu'au fond, si ces limites ne sont pas posées, ou si personnes ne fuit pour aller vivre ailleurs, c'est alors la disparition complète d'un type de population, mais comme la survit est ce qui mène tout, les uns s'adaptent à ces nouvelles données, ces nouvelles plantes, ces immigrés envahissants, les autres s'en vont se semer plus loin, et certains meurent, oui.

    Selon les situations, les risques, les plantes sont capables de produire une substance chimique qui repousse les créatures affamées qui viennent les dévorer. Et personne n'ira dire que c'est inhumain, ou contre les droits de l'homme. Non. C'est naturel, ne nous en déplaise.

    Mais alors, les plantes aussi ont leur arsenal guerrier ! Incroyable !!

    L'homme n'a rien inventé. C'est la leçon de la nature et nous la suivons tous, que nous en soyons conscient ou pas.

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