• Un monde sans humains

    « Nous serons comme des dieux. Les gens ne veulent pas l’entendre. Mais nous serons omniscients, capables de tout savoir, de connecter nos cerveaux directement à google, nous serons omnipotents, nous pourrons maîtriser un objet à l’autre bout de la planète, nous serons omniprésents, capable de connaître les pensées de quelqu’un au Japon, à Hong Kong, à Hawaii, n’importe où et à n’importe quel moment. »

    « L’accès à des technologies de plus en plus sophistiquées, de plus en plus coûteuses, ne travaille pas nécessairement à une amélioration du bien commun, elle peut être un projet pour une élite. Alors ça veut dire inscrire une fracture violente dans l’humanité qui pose un problème politique, je pense un des problèmes politiques majeurs pour l’humanité aujourd’hui. Ces gens-là sont prêts à laisser sur le bord du chemin en attendant leur disparition finale une bonne partie de l’humanité. Il n’y a pas besoin d’exterminer. Il y a des gens qui s’effaceront parce qu’ils seront moindre et donc condamnés à disparaître. Donc quelque part, il y a une espèce de césure à accepter, de fracture à accepter. »

    «Je pense que lorsqu’on se concentre sur l’immortalité, ou des dispositifs techniques afin de remplacer ce que nous possédons déjà, on perd l’essence même de ce qui nous définit comme humains : notre fragilité, nos imperfections. Je serais un peu nerveux dans un monde où l’on cherche la perfection. Un monde où on serait intolérants avec ceux qui ne sont pas au niveau, ceux qui sont imparfaits, qui ne sont pas conformes à des normes industrielles imposées. Si l’on jette un coup d’œil aux critères de l’industrie et de l’ingénierie, on voit quoi ? Des contrôles qualité, la prédictibilité des profits, de hauts niveaux d’efficacité, d’utilité. Désirons-nous vraiment vivre dans un monde où les êtres humains ne seraient plus mesurés que sur ses critères ? Alors nous deviendrions des machines. »

    « Je crois qu’il faudrait créer une sorte de ministère du cerveau pour traiter de toutes ces questions »

    « L’essentiel de la vie humaine, c’est précisément ce qui ne peut pas être calculé. C’est-à-dire l’amour, la spiritualité, la poésie, la sagesse, la musique, la tendresse, l’altruïsme, la générosité, la solidarité humaine. Toutes ces choses qui ne peuvent pas être comptées sont petit à petit évacués du paysage »

    « René Guénon Sur la glorification du travail De quoi je me mêle ? (1) »